INTERNATIONALE
Une autre Américaine, Mrs Frost-Ormsby, créa tout de suite une nouvelle Union qui se joignit à la première.
Quant à l'Anglaise EUen Robinson, c'est elle, parmi les initiatrices anglaisés, la secrétaire du Comité de Londres.
Dans la Société Française pour l'Arbitrage entre Nations, dont le président est Frédéric Passy, et le secrétaire général M. Charles Richet, — parmi les membres du Conseil, Mesdames Maria Pognon et Griesse-Traut. « Celle-ci, dit une brochure de M. Élie Ducommun, s'est préoccupée tout spécialement d'un des principaux côtés économiques du problème du désarmement, celui de Vencombrement possible des occupations lucratives par le licenciement de tout ou partie des armées. Elle
s'est demandé si, pour prévenir une trop grande offre subite de bras dansTagriculture et l'industrie, ainsi qu'une surproduction dans un grand nombre de métiers, il ne serait pas utile , indispensable même, de transformer les armées guerrières et destructives en armées pacifiques et productives, occupées à de grands travaux de canalisation et autres, et que les États eux-mêmes seraient impuissants à exécuter avec les éléments dont ils disposent actuellement. L'organisation des troupes, avec leur hiérarchie et leur discipliné, lui paraîtrait faciliter beaucoup Texécution de ces travaux. »
Enfin, voilà quelques mois à peine (1), il se fondait à Paris une Ligue pour le désarmement général qui se fit connaître par une conférence le la secrétaire générale, mademoiselle Louise d*Ervieux. Je détache du Manifeste de cette Ligue cet appel aux Femmes :
« A l'œuvre, mères, épouses, sœurs I Qu'un péti- » tionnement universel porte nos vœux pour le » désarmement aux oreilles et aux cœurs de ceux » de qui dépend la vie de millions d'hommes!... » Que cette manifestation soit assez imposante » pour qu'il ne leur reste plus aucun doute sur le » courant irrésistible qui pousse les peuples à mau- » dire la guerre.
(1) Mai 1896.
» Femmes de tous les rangs, de tous les âges, » de toutes les nations, debout! Mesurez la force » invincible de vos Droits de mères aux prises » avec le Droit de la force brutale. Cette compa- » raison faite, la guerre sera morte. »
Vaut-il de répondre à une trop facile plaisanterie, qui voudrait nous expliquer cette attitude des femmes par leur lâcheté physique ?
Mais s'il est évident qu'en l'ordinaire de la vie la femme moins forte musculairement peut n'avoir pas notre jactance de courage, car le courage viril n'est souvent qu'une ostentation quandil n'est pas le résultat d'un auto-dressage utile; ne sait-on point qu'elle est capable du plus sublime héroïsme comme mère, c'est-à-dire quand un sentiment non artificiel, mais profond, éternel, la soulève ? On n'a pas fait pour elle du courage physique un point d'honneur. Au moins cette honte lui fut épargnée d'avoir à se glorifier de tuer ou de blesser en duel, dans une rixe, — malgré quelques exeruples, chers aux anecdotiers, de femmes duellistes. . (Et à nous arrêter un instant aux historiettes de ce genre, y eut-il jamais homme d'épée Ou de pistolet faisant meilleure figure sur le terrain que né fit dix et quinze fois la véritable Mademoiselle de Maupin?)
Puis, remarquons-le, l'homme réduisant et main-
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tenant là femme en esclavage ne prenait pas le bon chemin d'éveiller en elle son orgueil, à lui, de batailleur. C'était son intérêt de la rendre le plus timide possible ; et n'est-il pas frappant qu'en ^général la bravoure physique du féminin est en raison inverse de l'affadissement d'élégance dont le Monde est le point extrême?
La paysanne, l'ouvrière sont-elles si lâches ?
Comment la « poupée » ne le serait-elle pas?
Faut-il, allant à l'histoire, rappeler les Amazones dont parlent Hérodote et Diodore? Avons-nous oublié d'autres Amazones, noires celles-là, que nos Lebel il y a quatre ans n'épouvantèrent pas? Et par toutes les fières légendes d'invasions combattues, le rôle de la femme n'est-il point magnifique d'audace aventureuse ou de stoïcisme invincible? Ignore -t-on au surplus le nombre des soldats et officiers-femmes qui firent le coup de feu aux armées de la République et de l'Empire, avec l'entrain des plus enthousiastes jeunes hommes, ou la tranquillité goguenarde des plus vieux grognards?
Mais où la femme apparaît surtout admirable, sous ce point de vue du courage physique, c'est aux guerres civiles, où l'on se bat pour une Idée, — la misère eût-elle joint le cri du ventre aux sollicitations pures d'une cause de Justice.
Rappelons-nous juin 1848 et mai 1871 avec la Cemme des barricades.
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Râppelons-nous la femme devant la guillotine» pendant la Terreur.
Songeons aux nihilistes russes.
A Cuba, pour« Cuba libre! », de 1869 à 1873, quelle intrépidité chez certaines, chez beaucoup ! On fusille la prisonnière; qulmporte!
La Paix dans la Cité future sera surtout le don particulier des facultés d*amour de Pâme féminine; plus spécialement du maternel amour.