‹ Humus et poussièreChapitre 15 sur 20 · LES PAS INDISCRETS · texte numérisé non relu

LES PAS INDISCRETS

Une branche, soudain, qui ploie et se balance,

Un frou-frou vif d'aile qui fuit, Et le bois anxieux retombe au grand silence Qui précède la nuit.

C'est un accord muet de feuilles circonspectes, Comme un arrêt subit d'innombrables frissons, Une pause dans les chansons D'une infinité d'oiseaux et d'insectes.

Seul, très loin, formidable el sourd, on ne sait où,

Un torrent gronde, Creusant par son bruit comme un sombre trou Dans la paix fragile et profonde.

Mieux que la mer les bois conservent Les souvenirs des premiers temps.

J'ai troublé leur rêve. Ils m'observent. Seraient-ils mécontents ?

La mer s'emporte, eux, c'est étrange, Tous leurs sentiments sont cachés ; Quand un pas d'homme les dérange, Ils se taisent : ils sont fâchés.

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