‹ Humus et poussièreChapitre 14 sur 20 · PATURAGE DE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PATURAGE DE PRINTEMPS

Les rennes déjà broutent l'herbe tendre, Leur poil bai luit dans la prairie, L'air est moite, l'hiver consent à se détendre Sur la vallée endolorie.

Le ciel est toujours gris, mais d'un gris presque bleu,

C'est la trêve de Dieu

Entre la terre et lui.

Si ce n'est du bonheur, c'est un plus doux ennui.

AU PAYS DES YKUX (IRAVES Ul

Une chanson perpétuelle De neige fondante s'égoutte Dans les fossés verts de la route Et les ruisseaux de la ruelle, Et chaque jeune fille écoute, Comme un cristal qui vibre en elle, La même chanson éternelle.

0 lumière, eux aussi, les gens du Nord t'adorent! Là-bas, très loin, tes rayons dorent Le marbre et font Thomme rieur.

Mais ici Ton te rend un culte intérieur.

Huit mois par an, tu vis dans l'âme De ceux qui sont privés de toi, Comme, au cœur d'un amant, un souvenir de femme. Gomme, au cœur du croyant, sa foi.

Et quand, d'une sourde secousse.

Rompant les glaçons endormis, Tu mets des perles dans la mousse.

Ta clarté triomphante est douce Comme un baiser depuis longtemps promis.

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