Hyacinthe l'apprenti;
Son maître ne l'avait pas choisi ; il le prit au hasard parmi cette foule de pauvres petits abandonnés que la misère et la débauche suspendent par milliers, tous les ans, aux mamelles intarissables de la charité publique.
Il était donc de cette grande famille d'orphelins, où le dernier venu ne peut manquer d'être toujours le bien accueilli par ses frè-
res; car nul ne vient là pour diminuer la part d'héritage de ses aînés.
C'était un assez chétif petit garçon, l'enfant dont nous voulons parler. Sa taille était exiguë, ses membres délicats; une longue chevelure blonde encadrait son visage pâle. A la timidité de son maintien il était facile de reconnaître qu'il avait été façonné de bonne heure à l'habitude de l'obéissance; mais, en même temps, son regard malicieusement intelligent témoignait que, soumis comme ses frères, les orphelins, à la règle sévère sous laquelle devaient ployer tous les pensionnaires de l'hospice, l'éducation ne lui avait rien fait perdre, cependant, de la vivacité native de son esprit.
Élevé dans cette pépinière où l'industrie parisienne vient sans cesse recruter de nouveaux bras pour ses ateliers, l'enfant avait vu, jour à jour, émigrer tous ses anciens ca-
raarades, plus forts ou plus âgés que lui; d'autres étaient venus les remplacer dans les dortoirs de l'hospice ; plusieurs de ces derniers, ayant aussi trouvé maîtres au dehors, n'avaient fait que passer dans la maison de charité, et lui, il attendait toujours que quelqu'un vint lui dire : — Tu m'appartiens; suismoi!
Enfin ce jour arriva pour lui.
Un matin l'agent de surveillance de l'hospice fit appeler dans le parloir une vingtaine de jeunes marmots, au milieu desquels se trouvait le chétif qui nous occupe. Un étranger aux formes brusques, à la parole rude et brève, passa rapidement l'examen de la troupe enfantine, qui, n'osant sourciller, attendait avec une espérance craintive que l'étranger eut fait son choix.
Après quelques paroles grommeiées à voix
basse à l'oreille de l'administrateur de l'hospice, et auxquelles celui-ci répondit en souriant, comme on répond à une ancienne connaissance, l'étranger, qui venait pour la seconde fois de mesurer la longueur des bras de l'orphelin, dit : — Je m'arrangerai de celui-là pour huit ans ; il n'est pas trèsrobuste; mais si ses bras sont un peu courts pour tourner la manivelle du lapidaire, ça ne m'embarrasse pas, je sais le moyen de les lui allonger. Qu'il fasse son paquet, et en route !
Ainsi que nous l'avons fait pressentir plus haut, le visiteur de l'hospice, inconnu à l'orphelin et à ses jeunes compagnons d'infortune, n'était point un étranger pour l'administrateur en chef de ïa maison de charité. Ce dernier le connaissait de longue date; car il n'y avait pas moins d'un quart de siècle que maître Jérôme Ninus, le lapidaire, revenait annuellement, et à époque fixe, chercher parmi
les pensionnaires de l'hospice un nouveau sujet, de taille et de force à peu près convenables, pour recompléter le personnel de son atelier. L'engagement du petit bonhomme ne pouvait soulever aucune difficulté entre les parties contractantes, le plus intéressé dans l'affaire n'étant jamais consulté. Quant à maître Ninus, il était bien instruit d'avance des exigences de l'administration et de la formule paternelle du traité ; d'autre part, l'agent de surveillance n'avait nul besoin de s'enquérir de la moralité d'un preneur habituel; aussi ne restait-il plus, une fois le choix bien arrêté, qu'à signer l'engagement qui allait lier pour huit ans le pauvret à son maître, puis à faire le paquet de l'enfant, et à lui répéter, en forme Rexeat, ce que le lapidaire lui avait dit tout à l'heure : — En route !
C'était un terrible homme, celui que la destinée venait de donner pour maître à notre jeune orphelin. Si, avant de suivre le brutal
artisan au delà des limites de l'hospice, l'enfant avait pu interroger le dernier apprenti, devenu compagnon, qu'il devait remplacer, lui douzième, dans l'atelier de Jérôme Ninus, sans doute qu'au lieu de se disposer presque gaiement à prendre congé de ses anciens camarades, il se serait obstinément cramponné à quelque barreau de fer de la grille, afin de ne pas livrer sans résistance huit années de sa vie à un patron qui n'ouvrait la bouche que pour maudire, qui ne levait le bras que pour frapper. Pourtant cet acte de révolte eut été parfaitement inutile. Comme le maître, depuis tantôt vingt-cinq ans qu'il se fournissait à l'hospice, n'avait, en résumé, jamais positivement estropié aucun de ceux que l'administration confiait à ses soins, et, qu'excepté deux ou trois petits mauvais sujets qui s'étaient, par méchanceté, laissé mourir à la peine, maître Ninus avait fait de tous ses apprentis passés d'assez habiles travailleurs, les répugnances de l'orphelin n'eussent point été
admises, et, de bonne volonté ou malgré lui, il lui aurait bien fallu se soumettre à son tour à la discipline rigoureuse que tant d'autres avaient du subir avant lui.
Nous devons dire, pour l'honneur de Jérôme Ninus, que s'il exerçait impitoyablement ses droits de maître, du moins il était si scrupuleux dans sa justice distributive, que jamais on ne put l'accuser de l'avoir fait fléchir par suite d'un simple caprice ou d'une préférence envers quelqu'un de ses subordonnés : elle tombait également sur tous. Une faute était - elle commise dans son atelier, si Fauteur ne venait pas de lui-même se livrer au châtiment qu'il avait mérité, maître Ninus ne s'amusait pas à interroger tour à tour chacun de ses apprentis : il les punissait en masse, bien certain, par ce moyen, que le coupable ne lui échapperait pas» 11 avait eu, dans le cours de sa carrière, bien des caractères différents, bien des intelligences souples ou ré-
tives à courber sous le même joug ; mais chez lui, comme à l'école du soldat, une méthode in variable, inflexible passait son niveau sur ces capacités diverses ; elle annihilait toutes ces volontés dans un seul sentiment : la crainte; et elle les réduisait à concourir à un seul but : l'obéissance au commandement. Il ne croyait ni au plus ni au moins d'aptitude, ni à la puissance impérieuse d'une vocation particulière. A ses yeux toute différence entre l'habileté d'un apprenti et l'incapacité irrémédiable d'un autre, n'avait d'autre cause que la bonne volonté ou le mauvais vouloir • or, s'il ne nous est pas possible de prouver comment il récompensait ceux à qui le travail était naturellement facile, on sait, sans que nous ayons besoin de le redire davantage, de quelle rude façon il s'y prenait pour forcer les incapables à devenir habiles.
Tel était le maître à qui l'enfant vint dire : — Je suis prêt! — Celui-ci, sans daigner je-
ter les yeux sur son nouvel apprenti, murmura entre ses dents : — Allons, suis-moi! — Et il arpenta la longue cour, dépassa la grille; puis il se mit à marcher de toute la vitesse de son pas hâtif, sans s'informer une seule fois, durant la route qu'il faisait parcourir à l'orphelin, si le pauvre petit pouvait ou non le suivre.
C'était pourtant chose curieuse à observer que le naïf étonnement de l'enfant qui parcourait pour la première fois les rues populeuses de Paris. En voyant l'émotion de surprise que lui causait un spectacle si nouveau, maître Ninus aurait pu facilement se rendre compte sur-le-champ du degré d'intelligence de son compagnon de route; mais il n'eut garde de se retourner pour se donner la satisfaction de savoir si le petit bonhomme saisissait, avec la vivacité inquiète d'un esprit jaloux de connaître, tout ce qui passait autour de lui, ou s'il n'adressait de droite à
gauche qu'un regard d'indifférence stupide.
Si maître Ninus se fut retourné, disonsnous, surtout s'il eût voulu répondre aux raille questions qui se pressaient sur les lèvres de l'orphelin, il aurait bien été forcé de s'avouer qu'il n'avait point affaire à un cerveau étroit, à un esprit sans portée; mais Jérôme Ninus avait bien autre chose à penser, ma foi ! Peu soucieux de savoir ce que l'enfant éprouvait, il ne se retourna pas. II se fut bien gardé de perdre une seconde à s'enquérir du besoin d'interroger dont l'autre était tourmenté; aussi n'en fit-il rien. En cela le lapidaire eut tort, car il se priva du plaisir de reconnaître qu'il avait eu la main heureuse en prenant pour apprenti, au hasard et non par choix, celui-ci plutôt qu'un autre.
ïi s'était rencontré, à deux ans en deçà, un homme qui n'avait pas dédaigné, lui, de prendre à tache d'exciter chez l'enfant cette
tendance naturelle à l'épanchement, qui fait que les âmes timides deviennent des âmes fortes, quand, attirées par une pente douce et facile, elles vont se retremper dans lès eaux fécondantes de l'expérience et du savoir. Or, celui qui s'était senti pris d'une si vive amitié en faveur d'un pauvre pensionnaire de l'hospice, qu'il lui consacrait des heures, et parfois des journées entières, avait assez vécu pour être un homme d'expérience, et beaucoup trop étudié pour qu'il osât se donner le titre de savant. Ce n'était pourtant qu'un simple employé de la maison de charité, un commis aux écritures; certes, il méritait mieux que son emploi; mais celui-ci suffisait à l'existence modeste du vieux commis; c'était assez pour lui de vivre chaque jour du travail de la veille ; simple et sans ambition , le brave homme ne désirait rien ; non, rien que l'immortalité.
L'œuvre sur laquelle il comptait pour l'as-
seoir, cette immortalité, sur une base inébranlable, n'était, se disait-on tout bas, que le rêve d'un fou; quelques-uns allaient même jusqu'à saluer impoliment l'honnête employé de l'hospice du titre de charlatan ; mais depuis bientôt quarante années qu'il poursuivait sa soi-disant chimère, devenue pour lui une incontestable réalité, il avait acquis la certitude que le don de prophétie n'était point du seulement, comme on pouvait le croire, au jet lumineux et passager de l'inspiration divine, mais bien à une formule de calcul , perdue dans la nuit des temps, trésor inépuisable de tous les biens et de toutes les sciences, dont la clef devait infailliblement se retrouver au fond de quelqu'une des mystérieuses combinaisons des lois des nombres. C'était à chercher cette clef qu'il avait laborieusement usé sa vie.
Au rebours des hommes de méditation , qui couvent dans le sanctuaire indescriptible,
inexplicable de la pensée , comme dans un nid caché, l'œuf. qui renferme une idée de génie, au rebours de ceux-là, le vieux mathématicien était naturellement expansif. Poursuivant la recherche de la vérité, non pas dans l'intérêt égoïste de sa gloire personnelle, mais par un sentiment de charité chrétienne et par amour pour le genre humain, pauvre aveugle si enclin à s'égarer, et qu'il voulait doter de la lumière, il aimait, dès qu'il avait fait un pas de plus vers le but sublime qu'il s'était proposé, à confier ingénument à ses amis, à ses voisins, aux indifférents même qu'il rencontrait par hasard, la nouvelle victoire qu'il avait remportée à coup de chiffres contre le créateur des choses, qui ne lui livrait que par lambeaux le secret de l'avenir. Dans sa joie d'enfant, il se plaisait à montrer ses morts, à compter ses blessés, à faire admirer ses vainqueurs ; c'est-à-dire : ses calculs inutiles qui remplissaient de longues pages qu'il lui avait fallu biffer ; ses erreurs de chiffres
qui embarrassaient son armée, et, enfin, le symbole algébrique simple et puissant auquel il avait dû son succès.
D'abord ceux qu'il mit dans la confidence de ses immenses travaux voulurent bien, par égard pour son bon caractère et par pitié pour le bonheur si candide qu'il manifestait en parlant de son idée fixe, paraître s'intéresser à ce qui l'occupait exclusivement; mais peu à peu l'indulgence des auditeurs complaisants du vieil algébriste céda à la lassitude qu'ils éprouvaient à le suivre de la hauteur effrayante de ses vues surhumaines, jusque dans les profondeurs infinies de ses prodigieux calculs. Les plus patients firent encore quelque temps bonne contenance devant l'infatigable aligneur de chiffres, mais l'ennui vainquit à la fin leur bonne volonté ; le calculateur ne trouva bientôt plus, pour prix de ses veilles, que moqueries, dégoûts, et, faut7il le dire? mépris !
Fort de sa confiance en lui-même, il fut bien longtemps avant de s'apercevoir du triste résultat de ses confidences. Ne trouvant plus, comme autrefois, des incrédules à combattre, des esprits rétifs à soumettre, il crut avoir persuadé tout le monde; mais chaque jour quelques-uns de ses amis s'éloignaient de lui; les voisins évitaient sa rencontre; l'isolement et le vide devinrent tels • autour de l'employé de l'hospice , qu'une heure arriva où il se vit bien forcé de s'avouer qu'il n'avait convaincu personne, mais ennuyé mortellement tout le monde.
C'est vers le temps de cette désespérante découverte qu'il rencontra pour la première fois celui qui devait être plus tard l'apprenti de maître Ninus.
Un jour, à l'heure où les jeunes pensionnaires de la maison de charité se livrent, en toute liberté, aux joies de la récréation dans
la cour plantée d'arbres qu'ils nomment le jardin, le vieux commis aux écritures promenait ses savantes rêveries dans la partie la plus reculée du promenoir des orphelins. Il s'y croyait seul, et se parlait sans crainte.
— Quel est, se demandait-il continuant à voix haute un calcul commencé mentalement, le nombre dont le triple élevé au carré donne pour produit 1S,689?
Il demeura quelque temps à réfléchir, après qu'il se fut adressé cette question, et tout bas il désespérait déjà de la résoudre sans le secours de la plume, quand une voix d'enfant fît retentir à son oreille c%s deux mots accentués timidement :
— Trente-neuf!
Étonné, le calculateur se retourna vers
l'endroit d'où était parti cette voix, et, à sa grande surprise, il ne vit, à quelques pas de lui, qu'un jeune marmot d'une dixaine d'années, assis sur un banc du jardin, et qui se tenait tête baissée sur un livre dont la lecture semblait, en ce moment, absorber toute son attention.
A la vue de l'orphelin, si complètement occupé de son livre, surtout après réflexion faite sur l'âge apparent et sur le degré présumabîe d'instruction de l'enfant qu'il avait sous les yeux, le commis aux écritures supposa qu'une simple erreur des sens l'avait abusé en lui faisant croire qu'il venait d'obtenir d'un autre la solution de son problème. Ce bruit de voix timide, pensa-t-il, n'était que la réponse hésitée de mon imagination en travail, ou, enfin, si réellement quelqu'un m'a répondu, comme ce ne pouvait pas être un si jeune enfant, il faut que ce soit mon bon ange qui, déjà plus d'une fois, est venu
m'assister invisiblement durant mes veilles laborieuses.
Le vieux commis allait continuer sa promenade, et s'éloigner du lecteur attentif, quand il se ravisa; alors il fit mille tours sur lui-même, et revint, non sans dessein, sur ses pas. Au moment où il repassait près du banc sur lequel l'enfant était assis, celui-ci, fermant tout à coup son livre, leva les yeux vers le promeneur, et dit en rougissant :
— Je vous assure, monsieur, que cela fait juste trente-neuf.
Il n'y avait plus moyen de douter pour le savant mathématicien; aussi s'arrêta-t-il avec intérêt devant ce petit bonhomme, dont l'intelligence rapide et la rare aptitude pour les calculs numériques lui semblaient tenir du prodige.
— C'est fort bien, mon petit ami, lui dit-
il, mais comment, à ton âge, en peux-tu savoir autant que cela ?
— Il n'y a rien de bien étonnant là dedans, répliqua l'enfant ; vous êtes tombé juste sur le seul chiffre qui m'ait occupé depuis que je sais un peu compter ; quant à ce qui est des autres nombres, je n'en sais pas plus que tous ces enfants si ignorants que vous voyez jouer là-bas à la cligne-musette; mais pour celui-là je l'ai retourné de tant de manières, qu'on pourrait m'interroger aussi longtemps qu'on le voudrait sur les sommes qu'il peut produire, je serais toujours en état de répondre.
— Et pourquoi donc as-tu choisi, pour exercer ton esprit, plutôt le nombre trenteneuf qu'un autre?
— C'était l'âge qu'avait ma mère quand je l'ai perdue, repartit l'enfant en baissant tristement la tête.
Cette simple et touchante réponse ne pouvait que disposer avantageusement le brave homme en faveur de celui qui la lui avait faite. Il prit plaisir à l'interroger ; mais, ainsi que l'orphelin le lui avait dit, son instruction n'était guère plus avancée que celle des autres enfants de son âge et de sa condition ; le sentiment filial seul lui ayant une fois servi de précepteur, celui-là, nous l'avons vu, lui avait presque fait faire un miracle d'intelligence.
Bien qu'il eût le cœur facile à s'éprendre d'amitié, le jeune orphelin ne comptait, à vrai dire, aucun ami parmi ses camarades. Toujours prêt à partager leurs travaux, il s'éloignait d'eux quand l'heure de la récréation sonnait, et c'est dans la partie la plus reculée du jardin qu'il se retirait, comme s'il avait senti le besoin de s'entourer de silence pour donner audience à ses pensées. Ce fut là que se rencontrèrent deux êtres qui croyaient
être seuls dans ce monde avant que Dieu eût pris soin de les réunir. L'enfant attendait que quelqu'un voulut bien avoir en pitié son ignorance, afin de devenir bientôt un savant: le vieillard, depuis que ses amis d'autrefois lui faisaient défaut, attendait aussi que la Providence lui envoyât un esprit désireux de s'instruire pour qu'il put parler à quelqu'un de ses grands travaux , l'inspirer de ses pensées et lui faire partager, avec la solidité de ses convictions, la gloire de sa découverte.
Le lendemain de cette première entrevue, l'orphelin et le vieux commis étaient déjà unis par le cœur, comme le sont deux vieilles connaissances. A partir du second jour, leur intimité commença, entre eux, une suite de rapports touchants semblables à ceux qui s'établissent entre un fils et son père, quand la docilité du premier répond à la patience de l'autre. C'était une joie égale des deux
parts quand l'heure de la récréation permettait aux deux amis de se rencontrer dans le promenoir de l'hospice ; c'était un grand chagrin aussi lorsqu'une circonstance imprévue les forçait à passer tout un jour sans se voir. Pour l'orphelin, le vieux savant tenait lieu d'une famille entière, et, de son côté, l'enfant saisissait avec tant de vivacité les leçons du brave homme, il le suivait si intelligemment dans le dédale de ses calculs, que l'employé avait retrouvé en lui mieux que son auditoire découragé. Quelquefois même celui que le sort devait courber sous le joug de Jérôme Ninus, s'élevant à la hauteur des vues de son maître, lui montrait une erreur que celui - ci allait commettre et l'aidait à la corriger.
Émerveillé des progrès de son élève, l'employé lui disait avec attendrissement :
« Courage ! petit... courage? tu seras mieux
qu'un homme ordinaire... il y a en toi l'étoffe d'une célébrité, le germe d'une immense fortune. »
A cela l'enfant répondait avec une orgueilleuse assurance :
« Je le crois ! »