LIBRAIRIE DES AMATEURS
A. FERROUD — F. FERROUD, Successeur
12". BOCLEVAHD SAINT-GERMAIN, 127 19 l8
rç
['était un petit faune, né dans les bois de Mycalèse battue par les vents, du commerce d'un aegipan et d'une mortelle. Des particularités, légères encore, dénonçaient la double essence qu'il portait en lui. Il n'avait point la force tumultueuse et violente des dieux des forêts, mais ses membres délicats étaient plus dégagés de la gaine animale; un poil moins rude
et moins touffu couvrait ses cuisses; ses oreilles aiguës, ses narines fines frémissaient continuellement aux choses; il avait des gestes jolis; quand il souriait, ses joues se creusaient légèrement, et l'ingénuité de son visage était alors ravissante; mais ce qui excitait délicieusement la surprise, c'étaient des grands veux de couleur céruléenne, bleus comme le ciel et la mer, et qui promenaient lentement autour d'eux des regards étonnés, doux et lointains comme les rayons de la première étoile qui brille à l'orient, quand le soleil n'est pas encore couché.
levé par les nymphes des bois sacrés qui lui donnèrent le doux T ! t"5?! nom d'Hyalis, il ne se mêla point Sji U ^"^Ttlj 'È l aux jeunes chèvre-pieds de son '^^^^^fe^'l âge. Leurs ébats turbulents lui déplaisaient, et il préférait être seul; alors il inventait <lcs plaisirs plus conformes à sa nature, <M laissait errer parmi les plantes et les bêtes ses curiosités vagabondes. Déjà d'obscurs pressenti-
ments s'éveillaient en lui, et devant ces visages solennels du monde, — la Nuit, la Solitude ou le Silence, — un émoi vague le saisissait, et une petite âme indécise montait dans l'eau pâle de ses yeux.
vas cesse, il variait ses jeux; tantôt, couché à plat ventre dans l'herbe des clairières, il s'amusait à voir les petits insectes sortir de terre, courir très vite, monter et descendre au long des brins frêles, s'aventurer dans le calice d'une fleur, se suspendre au bout d'un fil invisible; tantôt, penché sur une rivière aux ondes claires, il contemplait le manège indolent ou brusque des poissons vite effarés; tantôt, ayant capturé quelque beau papillon, il le posait sur le dos de sa main et regardait avec ravissement les grandes ailes précieuses palpiter lentement au soleil, ou bien, choisissant quelque coquillage profond et contourné, il l'appuyait contre son oreille, et, des heures entières, un vague
sourire aux lèvres, il écoutait au fond de la nacre enchantée bruire la mer éternelle.
D'autres fois, avide de mouvement, il s'élançait et tout le jour se fatiguait en courses folles à travers les bois et les vallées. Sa plus grande joie était de rencontrer le centaure Capanède; car celui-ci, séduit par sa gentillesse, lui proposait toujours de l'emmener avec lui. Brusquement il l'enlevait de terre, et d'un seul coup l'installait sur sa large croupe ; alors, nouant ses petits bras au torse puissant du dieu, Hyalis se laissait emporter; c'étaient de longs galops torrentueux à travers les plaines et la montagne; un vent rude frappait son visage; les arbres du paysage semblaient courir avec lui; le quadruple bruit des sabots retentissait sur la terre sonore ; un léger effroi suspendait son cœur, et quand tout à coup la course s'arrêtait, il battait des mains et riait aux éclats, les yeux brillants, les joues éclatantes, tout le sang ivre d'espace et de rapidité... Mais le plus souvent un attrait mystérieux le ramenait
vers les rivages de la mer. En sortant des forêts ténébreuses ou des vallées profondes, l'immense horizon tout à coup découvert l'envahissait d'une inexprimable allégresse; tant d'espace entrait dans ses yeux que son àme lui en semblait comme élargie; il buvait avidement l'air chargé de sel; et, piaffant des sabots comme un jeune étalon, il entrait, en frémissant, dans les vagues! [~T7 SWWS^bJ n so'r °ill''l s'était ainsi attardé sur HcL^t-^TS^ la grève, il \il des sirènes. C'était
■if t1 • '•
I ! M Par une nint ^e plem été tiède et ^w~ fJ§* crépusculaire. Du large, un chant :■:■}■■■■ -•-•''••■- ■/;•' .! s'éleva, étrange, irrésistible et triste. L'air devint étouffant et lourd comme si, dans l'ombre, il pleuvait des roses; les vagues s'allongèrent silencieuses sur le sable; un grand frisson passa, et toute la mer sembla mourir!... Les sirènes s'approchaient; elles s'avancèrent jusqu'à la côte, et Hyalis vit de tout près leurs visages. Surnaturellement belles et pales, elles souriaient, la face renversée dans leurs cheveux.
La douceur de les voir passait tout ce qu'il avait ressenti au monde!... Lentement avec la nuit elles se retirèrent; leur chant s'affaiblit, flotta longtemps encore dans la brise, s'éteignit... Et Hyalis ne devait plus jamais les oublier.
mm
-- WMi^ - ' %.: ■■■- IKlyisfei fei*
l grandit et les forces secrètes de l'âge le rapprochèrent des nymphes qui peuplaient les hois d'alentour. Sous l'aiguillon de l'antique \ désir, il s'émut des toisons rousses qui luisaient derrière les arbres, poursuivit les dryades qui riaient dans les feuilles, guetta les grasses naïades vautrées dans la terre molle autour des étangs et qui disparaissaient soudain
io HYALIS.
dans un long cliquetis de roseaux entre-choqués...
Fidèle à son origine, il apporta d'abord à ces jeux une fougue passionnée; il connut les faciles étreintes, le mélange ardent des corps, les chairs foulées comme le raisin d'automne dans les cuves; mais en de tels transports, le sang qu'il tenait de son père était seul satisfait, et il traînait à travers ces rapides plaisirs une àme inquiète et mal rassasiée.
-*<?vi%^9Bs^ odrtant les nymphes lui étaient ^jPr'^*n£jB accueillantes, et plus d'une, le 'fiE'= \-^ fM soir> rôdait vers lui. Mvlitta était ^Wtt " l' T li&y re"° (|u il recherchait <le préfé- ^U^iJ^^kJM renée. 11 aimait son rire clair comme le bruit des fontaines, et sa grâce légère de jeune faon. Souvent il lui apportait des coquillages, des plumes d'oiseaux rares, des fleurs cueillies tout en haut des montagnes, des rayons de miel doré, et, dans l'herbe odorante et chaude des après-midi, il goûtait avidement le plaisir de son corps. Mais Mylitta différait trop peu de ses
sœurs. Rieuse et brûlante, elle s'abandonnait à tous. Hyalis voulut le lui reprocher, mais il sentit aussitôt qu'elle ne le comprenait point, et il cessa de se plaire avec elle.
yœ^fc^sSg**^ même temps un secret dégoût Jfe^^-^^^^ lui venait de ses jouissances; leur F^5 \ v i ' ^f monotonie pesait à son cœur, et, il i"^^yj I vaguement anxieux, il implorait LH-Bbw^SÈ^sï^!^» une caresse inconnue. Alors, parfois, il lui arrivait en chemin d'attirer brusquement à lui quelque rose lourde, quelque lis violent, et d'y écraser éperdument sa bouche ; ou bien il s'en allait vers la mer, et, de loin, dans le vent nocturne, il respirait les sirènes...
Et il souffrait ainsi mystérieusement; car ses lèvres étaient solitaires.
Souvent il allait converser avec le sage Glaucos, le vieux porcher du fermier Lycophron; il préférait ces graves entretiens aux bruyantes gaietés des satyres. Glaucos, qui possédait autrefois de grands biens dans la superbe Sidon, avait été pris par des
pirates au cours d'un de ses Longs voyages, et rien De lui restait de ses anciennes richesses.
travers ces fortunes diverses, il s'était mieux connu; chargé de jours, il amassait la sagesse, et les paroles inspirées coulaient comme une huile onctueuse sur sa barbe vénérable. Souvent il disait à ïlvalis :
— () mon fils, j'ai beaucoup vécu, j'ai appris que la première loi du monde est la conformité des êtres à leur destinée. Souvent je pense à toi; L'âme qui regarde par tes veux n'est point celle d'un Faune, et je crains qu'il ne t'en arrive malheur.
— Et vous, Glaucos, êtes-vous heureux? demandait Hvalis.
— .le le suis.
Pourtant étiez-vous né pour être le porcher du grossier Lvcophron?
() llvalis, tu ne peux comprendre encore. Certes, je fus autrefois riche et puissant, mais,
HYALIS. i5
avant tout, j'étais né pour être libre dans ma pensée et dans mon cœur, et jamais je ne le fus davantage que dans cette humble condition, où, de l'aube au couchant, je m'appartiens tout entier.
Glaucos excellait aussi à raconter l'histoire des dieux et des héros, et le petit faune ne se lassait point de l'entendre. Sans cesse il lui redemandait les mêmes récits.
^"^(s~~^^M E vieillard disait la naissance
j^T^5^] jFyf d'Apollon dans Délos la pierreuse;
| |i?jl| les larcins plaisants du fils de
^^J!» Maïa; la descente d'Aristée chez
— » ~~l 1 les Océanides dans les grottes
merveilleuses de corail et d'émeraude; les courses d'Io à travers l'Asie; Gypris couronnée de violettes et portée sur une écume d'or, et les grands Dioscures, à qui l'on sacrifie des agneaux blancs du haut de la poupe, Castor, dompteur de coursiers, et l'irréprochable Pollux, et leur sœur, la divine Hélène.
Il disait aussi la terre généreuse, dispensa-
i6 HYALIS.
trice des douces ricliesses, l'Océan, père des choses, le retour des saisons, les arbres féconds en fruits, les champs, les moissons, les troupeaux, les travaux du fer et du bois, et les belles cités qu'emplit le murmure des hommes.
Ilvalis ne comprenait qu'imparfaitement les paroles du vieillard. Assis à terre à ses pieds, il l'interrogeait, lui faisait de timides questions; Glaucos répondait complaisamment ; les récits s'enchaînaient aux récits; et souvent la lune découpait leurs ombres immobiles sur l'herbe des prairies silencieuses.
^êi*?>**K»s*aILLE pensées confuses s'éveillaient î ainsi dans l'esprit du faune, et I une pâle conscience se levait i? dans son aine, comme le premier v*>r*i^$ rayon de l'aube qui court sur la cime argentée des vagues.
A mesure qu'il grandissait, un instinct plus impérieux le poussait vers les habitations humaines. Des l'aurore, il sortait de l'épaisseur des bois et
s'en allait vers les campagnes, où, de métairie en métairie, se répondaient les coqs sonores. A pas lents il errait à travers les cultures qui paraient la terre de régulières couleurs ; longeant les champs de mais, de seigle, d'avoine, il assistait de loin aux travaux des hommes.
Parfois, glissant jusqu'aux limites des villages, il s'approchait de la demeure du forgeron, toujours retentissante du bruit des marteaux sur l'enclume; il aimait surtout à voir ferrer les chevaux; sur le sahot haut levé, qu'il taillait d'abord à coups de ciseau, l'ouvrier aux bras nus appliquait avec des tenailles le fer rougi au feu ; une acre vapeur de corne brûlée se répandait dans l'air, et le cheval inquiet tournait la tète.
'autres fois il s'arrêtait de loin 'r^^STL^Yj devant l'atelier du potier, et ses yeux ne pouvaient se détacher de la roue rapide où l'artisan formait a son gré de l'argile informe
et docile des vases harmonieux.
iS
Mais rien n'égalait son émotion quand il pénétrait dans les temples. Ceux qui étaient consacrés aux Olympiens, à Apollon, à Diane, à Neptune, L'impressionnaient surtout. La majesté des proportions, la noblesse des pierres, le silence sacré des lieux, tout l'envahissait d'admiration ; et quand, s'avançant jusqu'au fond du sanctuaire désert, où Bottait encore après les sacrifices l'odeur des parfums brûlés, il apercevait, dressée dans la pénombre, la haute image de l'Immortel, avec son visage de marbre et ses yeux de pierres précieuses, la stupeur frappait ses membres; sa poitrine haletait, et il sentait avec un trouble magnifique descendre dans son àme l'âme supérieure des Grands Dieux.
es jours-là, à l'heure où l'ombre des arbres s'allonge, et où le soleil couchant invite les laboureurs à délier les bœufs, il restait longtemps, assis sur une borne, a voir les lumières s'allumer dans la vallée, et
c'était avec une indicible mélancolie qu'il regagnait les forêts pleines de ténèbres. La nuit, il évitait les clairières où s'ébattaient les chœurs des chèvrepieds et des satyres, et il passait vite devant les grottes obscures, d'où s'échappaient des rires lascifs; parfois quelque dryade, qu'excitait l'étrangeté fameuse de ses veux d'azur, saisissait son bras au passage, l'attirait vers elle. Pendant un instant les souffles de la nuit, l'haleine acre de la lourde chevelure qui l'inondait, et aussi les conseils obscurs du sang, le faisaient s'arrêter; puis brusquement il repoussait la dryade, et, comme pris de honte, il courait laver à la fontaine voisine l'empreinte encore brûlante de ses doigts sur son bras. Alors, quittant les marécages impurs et les tièdes bas-fonds, il gagnait la montagne et s'avançait jusqu'à la pointe extrême du promontoire, qui dominait au loin les flots.
Là, s'étendant dans l'herbe froide de rosée, il renversait la tète...
La nuit était auguste sur les hauteurs. Tout
autour de lui la voûte sombre du firmament s'arrondissait; en bas, sur la plage sablonneuse, la mer amenait et ramenait ses vagues avee un murmure puissant et monotone; au-dessus de sa tête les étoiles innombrables scintillaient, suspendues et comme prêtes à tomber dans ses yeux. L'àiue de la terre maternelle et des cieux divins se confondait en lui; une extase magnanime gonflait son sein, et il vivait ainsi des heures inexprimables, silencieux, immobile et enivré!
ers cette époque, dans la saison heureuse où Ja terre est lourde de feuilles et de fleurs, errant un soir à travers un bois de sycor-i mores qui entourait le temple de Latone, il aperçut derrière la haie fleurie d'un riant jardin \\za la blanche, la fille chérie de \vlaos, le vénérable prêtre d'Apollon.
Debout près d'une vasque de marbre écaillée
et verdissante, elle jetait du pain à ses colombes; les oiseaux familiers volaient autour d'elle, cherchaient les miettes jusque sous ses pieds, se posaient sur sa main, sur son épaule, et Nvza s'avançait ainsi, un vague sourire aux lèvres, dans une douce palpitation d'ailes blanches.
ï mis s'était arrêté brusquement, saisi par la merveille d'une beauté qu'il n'avait point soupçonnée encore. Nyza était vêtue d'une WèSi longue tunique safran pâle qui, soulevée a peine au double renflement de ses jeunes seins, tombait à plis droits sur ses pieds chaussés de sandales bleues. Ses cheveux, blonds «ninme l'avoine mûrissante, pressés sur son front d'une bandelette d'argent, coulaient en ondes égales au long de ses joues minces cl se relevaient par derrière en un chignon liant dressé. Tout en elle était svelte et mélodieux. Sa tête petite se balançait sur un long col flexible. Une grâce légère et subtile comme un parfum était répandue dans tous ses
mouvements; dans sa façon d'abaisser lentement
les paupières, il v avait une pudeur sacrée, et son sourire était suave comme une rose.
près avoir erré quelque temps dans le jardin, et rafraîchi d'une eau pure ses fleurs languissantes, elle rentra lentement dans la maison.
Quand elle eut disparu, Hyalis eut l'impression que le jour perdait subitement tout son éclat, et il demeura longtemps à la même place, le cœur étouffe jusqu'à la tristesse sous une sensation trop douce.
Le lendemain et les jours suivants, il revint vers le jardin de \vlaos, et, caché dans un buisson voisin, il épia la présence de Nvza.
Presque chaque jour il parvint à la voir ; tantôt assise près d'une corbeille pleine de laines de Milet aux éclatantes couleurs, elle brodait de riches tissus; tantôt elle pétrissait les gâteaux sacrés qu'elle parfumait du suc rouge des baies de mvrte; tantôt elle étendait sur l'herbe fine les
linges éblouissants lavés à la rivière par les servantes. D'autres jours, — et ce spectacle surtout ravissait Hvalis, — penchée vers la petite Gallidice, la fille d'Agathoclès, le riche fermier voisin, elle lui enseignait les hymnes et les danses sacrées. Tenant l'enfant par les mains, elle lui faisait lever et abaisser les bras en cadence, et décomposait l'entrelacement compliqué des pas. Gallidice, inhabile encore, limitait. Ensemble elles tournaient, d'abord lentement, puis plus vite; le vent soulevait leurs tuniques légères derrière elles, et découvrait leurs pieds emmêlés. Souvent Gallidice, trahissant la mesure, s'arrêtait trop tard ou faisait un faux pas; alors un double rire emplissait le jardin de son éclat sonore.
vvlis ne se rassasiait point de ces gracieux tableaux, et il maudissait souvent les passants dont l'approche soudaine le forçait à fuir.
D'abord il voulut garder en lui-même le secret de ses sentiments; mais il ne
tarda pas à se trahir par d'inconscients aveux ; ses brusques rougeurs, ses yeux légèrement égarés, son excessive sauvagerie, ses allures insolites ne révélaient que trop la confusion de son àme, et il répandait son cœur autour de lui, comme un enfant qui porte un vase trop plein.
ailleurs une force secrète le poussait à parler, et il ne put s'empêcher de confier son trouble au sage Glaucos.
— O mon lils, lui dit le vieillard, j'ai connu, moi aussi, la fiè\re qui t'agite, et les femmes de Sidon ont reçu de moi de riches présents. Rien n'échappe sur la terre au pouvoir d'Uros, et ses traits les plus cruels sont ceux qu'il plante dans les coeurs magnanimes. Certes, je te vois sur une route pleine de dangers. Ah! que ne te complais-tu parmi les nymphes! Jadis tu me parlais de Mylitta, maintenant jamais plus son nom ne revient dans tes discours.
26 HYAL'IS.
Et comme Hyalis ne répondait point, les veux fixés au sol :
— \h! je le vois, fit Glaucos en secouant la tète, tu les méprises à présent. Ingrat enfant, quelle mortelle te donnera plus de joie, et se montrera aussi complaisante à tes désirs? Mais il Faut que ta destinée s'accomplisse; tu as vu la fille de Avlaos, et c'est par l'amour que tu monteras à la douleur.
\ voix du vieillard avait un tremblement solennel en prononçant ces dernières paroles; et, prenant
la tète d' Hyalis entre ses mains,
J il fit descendre en lui un regard
long et pénétrant, et gravement posa ses lèvres sur son front.
A présent Hyalis sentait chaque jour des sentiments inexplicables s'éveiller en lui; une conscience de lui-même lui venait; au lieu d'appartenir tout entier aux impressions mobiles et changeantes des choses, il tissait entre le monde
■•ftw*