CHAPITRE VIII. — RECHERCHE ET APPRÉCIATION DES EAUX
vrag"es antérieurs, en cherchant à rattacher entre elles ces indications éparses, de manière à constituer de toutes pièces et pour un périmètre hmité le système géologique dont l'étude s'impose. A défaut d'indications préexistantes de ce genre ou en cas d'insuffisance de ces indications, on peut recourir à des forages ; la sonde permet d'atteindre les couches successives, d'en reconnaître la nature^, d^en ramener à la surface des échantillons, et procure des renseignements positifs sur la constitution du soussol à toutes profondeurs ; en multipliant les sondages, on peut relever la carte souterraine de la région, la position exacte des nappes, leur étendue, leur épaisseur, en mesurer les pentes, en suivre les variations.
50. Détermination deii quantités disponibles. — La présence des eaux reconnue, il faut en déterminer la quantité utilisable et la qualité.
En ce qui concerne la quantité, c'est en général le débit minimum qui intéresse, ainsi qu^on l'a remarqué plus haut : il arrive fréquemment en effet que le maximum des besoins se trouve coïncider avec le plus faible volume disponible. C'est donc à la constatation du débit minimum qu'on doit s'attacher, en notant également l'époque où il se produit. La difficulté est réelle, car les variations de débit peuvent s'étendre sur de longues périodes, et dès lors on n'a pas toujours le moyen d'établir avec précision la quantité d'eau sur laquelle il convient de compter. A défaut de la détermination directe, qui est souvent impossible, il faut se contenter de raisonner par analogie, chercher à déduire le chiffre dont on a besoin des faits et des résultats recueillis ; mais une prudence extrême est de rigueur dans de pareilles déductions, car elles sont fréquemment trompeuses.
Pour les eaux superficielles, la mesure des quantités se fait par des jaugeages, poursuivis d'une manière continue si Ton veut connaître le régime, et particulièrement pendant les périodes de basses eaux, si Ton n'a besoin de connaître que le volume minimum. Les vannages des moulins se prêtent aisément- à ces opérations sur les petits cours d'eau ; à défaut, on établit, en quelque point convenablement choisi, un barrage provisoire, avec déver-
soir en mince paroi. Sur les grands cours d'eau, on a recours à l'emploi de flotteurs de superficie ou de flotteurs de foud, au tube de Pitot modifié par Darcy ou au moulinet de Woltmann. Il convient d'observer au reste qu'on ne peut emprunter aux cours d'eau que la fraction du débit non encore consacrée à d'autres usages, à moins qu'on n'établisse — comme on est amené parfois à le faire — des réservoirs de compensation^ destinés à emmagasiner les crues et à fournir le supplément nécessaire en temps d'étiage. Les lacs, lorsqu'ils sont traversés par des cours d'eau, jouent précisément le rôle de réservoirs naturels de compensation et tendent à régulariser les débits, ce qu'on peut vérifier en mesurant les volumes d'eau qui y entrent et ceux qui en sortent ; souvent la régularisation n'est pas complète et on peut Taméliorer en augmentant le volume emmagasiné par un relèvement du plan d'eau : on se rend compte des quantités d'eau qu'on peut emprunter à un lac de cette catégorie en mesurant le débit de son émissaire ; pour ceux auxquels ce moyen n'est pas applicable, on étudie le régime des pluies, on recherche le coefficient de ruissellement, l'étendue du bassin versant, etc..
Des observations précises sont plus utiles encore pour les sources, dont le volume est habituellement restreint. Quand il s'agit de très petites sources, on procède par jaugeage direct, au moyen d'un vase de capacité connue; dans d'autres cas, on établit un barrage -déversoir sur l'évacuateur, en prenant soin de ne pas modifier le niveau normal pour ne pas changer les conditions d'écoulement. Pour avoir le minimum absolu du débit, il faudrait prolonger les observations pendant un certain nombre d'années, car la plupart des sources varient sensiblement d'une année à Tautre et accusent un minimum beaucoup plus prononcé dans les périodes de grande sécheresse qui se reproduisent à des intervalles éloignés, parfois au bout de dix ou vingt ans. Même en prenant cette précaution, on n'arrive pas à une certitude complète, car on a vu des sources disparaître après avoir donné pendant longtemps, des travaux exécutés au voisinage et même quelquefois à une grande distance peuvent modifier tout à coup le régime d'une source, etc.
Quant aux nappes souterraines, elles ne se prêtent pas à des