CHAPITRE IX
— TRAVAUX DE CAPTAGE
le Naviglio Grande, dérivé du Tessin pour porter 50 mètres cubes d'eau par seconde dans les provinces de Milan et de Pavie : l'épi oblique, en solide maçonnerie, repose sur un massif de béton et un lil de libages ; des eni*ochements le défendent de part et d'autre. Pour régler le débit, on donne souvent au conduit d'écoulement une section bien déterminée sur une longueur assez considérable, et l'on y introduit un volume supérieur aux besoins ; des trop-pleins ou déchargeoirs renvoient le surplus au cours d'eau. On obtient aussi ce résultat en disposant à l'origine de la dérivation et sur la rive même du cours d'eau une
série de vannes mobiles formant martelière^ comme celle que représente la figure et qui alimente le canal de Carpentras, dérivé de la Durance non loin du rocher de Mérindol: les canaux de Cadenet, de Manosque, de Marseille ont des prises d'eau analogues.
Si Tépi ne suffit pas, on y substitue un barrage complet, établi en travers du cours d'eau et au-dessous de la prise : il fait gonfler l'eau et permet de relever au besoin le niveau de la dérivation ; mais il faut alors pourvoir à Técoulement des crues, soit en disposant la crête du barrage de manière à former déversoir, soit en y accolant un pertuis à fermeture mobile : les exemples abondent ; ainsi le canal du Verdon s'ouvre en amont d'un bar-
164 PREMIÈRË PARTIE. — HYDROLOGIE
rage fixe en maçonnerie, construit dans une des gorges de cet affluent de la Durance, et qui présente la forme d'un arc de
cercle de 36 mètres de corde et 5 m. 80 de flèche, avec 18 mèlres de hauteur; le canal du Forez prend son origine, dans la haute Loire, au-dessus d'un barrage fixe en maçonnerie de 76 mètres de développement ; et Ton retrouve cette disposition ou des dis-
positions analogues au canal de la Vésubie, près de Nice, à celui de MoncadC;, qui sert à l'irrigation de la huerta d'Alicante, à celui du Riégo, également en Espagne, etc.; le massif du barrage affecte tantôt la forme d'un trapèze, à paroi presque verticale du côté amont et très inclinée vers l'aval (Yerdon, Yésubie, Forez), tantôt des formes courbes en doucine plus ou moins allongée (Moncade, Riégo), pour faciliter l'écoulement des eaux des crues^ lorsqu'elles en doivent surmonter la crête, et défendre ainsi le pied du massif contre les afFouillements ; ailleurs, ce sont des ouvrages mobiles, tel le fameux barrage du Nil, entre-