‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 133 sur 415 · CHAPITRE IX. — TRAVAUX DE CAPTAGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — TRAVAUX DE CAPTAGE

le service des eaux de Paris, et c'est par ce même procédé qu'ont été construits les siphons de l'Aima, des îles Saint-Louis et de la Cité, d'Herblay, etc., qui conduisent les eaux d'égout d'une rive à l'autre de la Seine. Les raccords se font soit à sec dans de petites enceintes, soit sous Teau à l'aide du scaphandre. Et l'on protège au besoin les conduites contre toute atteinte, en les enveloppant d'une couche de béton, arasée au niveau du fond et coulée sous Feau entre les talus de la tranchée ou entre deux lignes de pieux et palplanches.

La prise d'eau proprement dite doit être mise, dans la mesure du possible, à l'abri de Finvasion des sables et des corps flottants. A cet effet, on la dispose à une hauteur suffisante au-dessus du fond, on en dirige l'ouverture vers l'aval et on la munit en outre d'une sorte de crépine. Celle qui a été employée pour les prises en Seine des usines élévatoires de Paris n'est autre chose qu'une caisse en bois, pourvue d'une paroi grillagée dû côté aval. Une patte d'oie en charpente surmonte l'ouvrage et porte un voyant durant le jour, un feu rouge durant la nuit, pour le signaler aux bateliers; elle le protège d'ailleurs contre le choc des bateaux et sert aussi de brise-glaces. A Saint- Louis, à Buenos-Ayres, on a fait mieux : les prises d'eau de ces deux villes,, établies en plein courant dans le Mississipi et le Rio de la Plata, s'ouvrent dans des ouvrages en maçonnerie, qui s'élèvent au milieu du lit et renferment des chambres de manœuvre, d'où Ton commande les vannes des divers orifices, placés d'ailleurs à des hauteurs variables, afin qu'on puisse s'alimenter dans les tranches d'eau les moins chargées de matières en suspension. Quelquefois on s'est proposé de prendre l'eau en tout temps à la même distance de la surface de l'eau, et l'on a eu recours à cet effet à un artifice qui consiste

PRKMIKRE PARTIE. — HYDROLOGIE

à placer la prise à Texlrémité d^un luyau mobile dont la position est réglée par un flotteur.

Quand la distance est un peu grande entre la prise d'eau et la berge, il n'est pas bon d'exposer la conduite à l'aspiration directe des pompes d'une usine élévatoire : elle serait en effet rarement étanche et pourrait laisser entrer par les joints ou les rivures soit de l'air, soit des eaux de nature plus ou moins suspecte. Il est préférable de la faire aboutir à une chambre d'eau,

qui se trouve ainsi mise en communication directe avec le lit du cours d'eau et oii se fera le puisage. Cette disposition facilite en outre les nettoyages et se prête très bien à l'installation de grilles plus ou moins serrées, qui permettent de compléter le

dégrossissage fort imparfait obtenu au moyen de la crépine. Ces grilles peuvent être formées de fers plats parallèles, maintenus à

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