PREMIERE PARTIE. - HYDROLOGIE
pare très utilement à cet inconvénient. De même, l'eau chargée de sels terreux provoque dans les blanchisseries une consommation excessive de savon : et il y a souvent avantage matériel à leur faire subir un traitement préalable, qui précipite les sels surabondants. Telle industrie exige des eaux limpides^ et l'on ne dispose que d'eaux troubles ; telle autre redoute certaines substances, qui se rencontrent précisément en dissolution dans les eaux du voisinage, et l'on ne peut en conséquence les y employer sans les améliorer à cet égard.
L'agriculture s'accommode plus aisément que l'industrie des eaux de diverse nature qu'on peut mettre à sa disposition : néanmoins, il arrive aussi parfois qu'on trouve avantage à réchauffer par l'exposition au soleil des eaux trop froides qui risqueraient de déterminer l'arrêt de la végélation ; à clarifier des eaux Irop chargées de matières en suspension qui, employées à rirrigation des prairies, rendraient l'herbe impropre à la nourriture des animaux, etc.
De tous les usages de l'eau, celui qui a les exigences les plus impérieuses, c'est l'alimentation des agglomérations urbaines. Pour cet usage, une préférence instinctive, assurément des plus justifiées, conduit à rechercher avant tout des eaux naturellement pures, dont la limpidité séduit le regard, dont la fraîcheur flatte le goût, dont l'origine écarte toute suspicion. Mais, dans les pays à population dense^ à culture intensive, à industrie développée, de pareilles eaux sont de plus en plus rares ; et — sans compter les habitations isolées, les établissements publics ou industriels créés dans les régions mal alimentées, les armées en campagne dans les pays malsains, qui doivent fréquemment recourir au traitement préalable des eaux disponibles — bien des villes, faute d'avoir à leur portée des eaux souterraines de qualité supérieure, doivent emprunter leur alimentation aux rivières, se contenter par suite d'eaux plus ou moins troubles, à température variable, où pullulent les bactéries dont quelquesunes peuvent même devenir l'agent de transmission des maladies zymotiques, et sont par suite obligées de recourir aux moyens que les progrès de l'art mettent aujourd'hui à leur service, pour rendre potables et salubres les eaux naturelles de qua-