PREMIÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE
le roc, on peut les tenir verticaux, de sorte que la section devient rectangulaire, comme dans l'exemple ci-après emprunté
au canal qui amène à Marseille l'eau de la Durance; si la rigole est à flanc de coteau, la partie en remblai est parfois soutenue par un mur en maçonnerie, tandis que la paroi opposée est tenue aussi raide que possible afin de diminuer le déblai, revêtue à cet effet au moyen de mottes de gazon, de pierres sèches, et, si le sol est résistant, taillée verticalement ou même laissée en surplomb au-dessus du plan d'eau. Les talus en terre ne se maintiennent que si la vitesse de l'eau est très modérée, 0 m. 30 à 0 m. 60 au plus ; au delà, il faut les défendre par un revêtement, soit sur toute la hauteur, soit sur partie seulement et spécialement au voisinage du plan d^eau, 011 se font sentir les effets de l'agitation superficielle : la vitesse peut alors être portée au delà de 0 m. 60 et jusqu'à 1 m. 20; elle peut dépasser cette dernière limite, quand les parois sont rocheuses, comme il arrive fréquemment dans les pays de montagne.
Lorsque les rigoles en terre doivent fournir un débit important, avec une vitesse assez faible et des déclivités peu prononcées, les sections se trouvent bientôt prendre des dimensions telles qu'il vient tout naturellement à l'idée d'utiliser pour la navigation des ouvrages entrepris pour un tout autre objet. Il n'est pas besoin pour cela que les canaux atteignent les propor-
tions colossales du canal d'irrigation dérivé du Gange, qui a en certains points 51 m. 85 de largeur au plafond ; ainsi le canal de VOurcq, qui amène chaque jour à Paris 200.000 mètres cubes