CHAPITRE XI - Adduction des eaux paë la gravité 22s
ture soit établi à une profondeur suffisante : 0 m. 80 à 1 m. 00 de terre sur l'extrados suffisent amplement dans nos pays, et il faut 2 m. 00 au plus dans les contrées plus froides du Nord de l'Europe ou de l'Amérique ; si Ton y fait couler des eaux, qui sont elles-mêmes à une température voisine de celle du sol, on constate qu'elles peuvent conserver, presque sans variation, cette température initiale après d'énormes parcours : ainsi Teau des sources de la Vanne parvient au réservoir, aussi bien pendant les grandes chaleurs de l'été que durant les froids les plus vifs de l'hiver, sans que sa température propre ait éprouvé une modification d'un degré centigrade, après avoir circulé sur une longueur de J70 kilomètres. Les aqueducs couverts se prêtent donc tout particulièrement bien à l'adduction des eaux d'alimentation.
Les anciens Romains en connaissaient et en appréciaient les avantages, mais ils n'ont point su trouver les formes rationnelles et économiques que la double considération de la meilleure résistance et du plus rapide écoulement a fait adopter dans les ouvrages récents. Le radier, presque toujours plat, n'élait pas favorable à la production de la vitesse ; les piédroits verticaux résistaient mal à la poussée des terres et devaient par suite recevoir des épaisseurs de maçonnerie considérables; la couverture enfin^ formée de dalles ou de voûtes, ne concourait pas à la résistance.
A l'imitation des ouvrages antiques, les aqueducs construits au xvne et au xvni"^ siècle ont reçu d énormes sections et des épaisseurs ruineuses pour l'amenée de petites quantités d'eau : tel est le cas de l'aqueduc d'Arcueil, qui remonte à l'époque de Louis XIII, de celui de Montpellier, qui a fait, vers la fin de Tavant-dernier siècle, la réputation de Pitot ; Pun et l'autre présentent, à côté