CHAPITRE XI
- ADDUCTION DES EAUX PAR LA GRAVITÉ
tuate et de la rivière Sudbury. Il avait été employé antérieurement déjà en Angleterre et s'est beaucoup répandu dans tous les pays pour la construction des égouts ; mais la section y présente toujours alors un plus petit bout vers le bas, afin de conserver à l'eau une vitesse suffisante, même pour les plus faibles débits.
De tout temps, les aqueducs couverts ont été construits en maçonnerie et au moyen des matériaux trouvés dans le voisinage du tracé ou les plus usités de la région. Au fur et à mesure des progrès réalisés dans les constructions hydrauliques, on y a employé par raison d'économie des matériaux de plus en plus petits : la pierre de taille, le moellon, la brique, le béton, ont été successivement mis en œuvre par les Romains aux divers époques de leur histoires ; et, dans les temps modernes, on a encore commencé par la pierre de taille (Arcueil, Montpellier, etc..) pour passer ensuite aux moellons appareillés, aux briques^ aux moellons bruts, au béton. La fabrication des ciments a favorisé cette transformation ; leur grande résistance a en effet permis de réduire les épaisseurs^ leur prise rapide facilite le décintrement des voûtes, et ils se prêtent merveilleusement à la confection des enduits, au moyen desquels on réalise l'étanchéité que la maçonnerie seule ne saurait guère procurer, surtout celle au ciment, où les dosages, généralement réduits, laissent dans le sable des vides plus ou moins importants : connu des Romains, cet emploi des enduits n'a reparu qu'au xix*^ siècle ; entre temps, on a dû recourir, pour étancher certains aqueducs, à des revêtements en plomb (Montpellier, etc.), moyen coûteux mais efficace, qui trouve encore parfois des applications de nos jours \ Les mortiers de ciments adhèrent mieux aux matériaux siliceux qu'aux moellons calcaires; aussi est-ce aux premiers qu'on donne volontiers la préférence. Le béton gras, exécuté avec soin, peut être rendu étanche sans enduit, moyennant une compression suffisante : grâce à cette propriété ; il rend des services pour la construction des petits aqueducs, soit qu'on le coule dans la fouille
(i) Il a été emploj'é à la réparation des arcades de la Vanne, où les enduits s'étaient fissurés, par suite de mouvements de la maçonnerie, dus soit à des tasseïpents accidentels, soit hux vana^tions de température.
230 PREMIÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE
autour de mandrins en bois ou en tôle, qu'on fait avancer au fur et à mesure de la prise de manière à obtenir des conduits monolithes^ soit qu'on prépare des bouts moulés par avance et qu'on les assemble au moyen de bourrelets de mortier, en introduisant à l'intérieur pour empêcher les bavures un outil en bois, au moment de la confection des joints. Depuis quelques années le ciment armé, désigné aussi sous les dénominations de sidéro-ciment, fer-béton^ etc. est entré dans la pratique et s'est montré très apte à la construction des aqueducs : il consiste dans l'emploi d'ossatures métalliques en barres de fer ou d'acier, rondes ou profilées, qu'on noie dans un mortier de ciment; dès 1894 un tronçon de l'émissaire général des eaux d'égout de Paris, du diamètre de 3 mètres, a été construit par ce procédé. Enfin, pour les trèspetits conduits, on emploie souvent les tuyaux en poterie ou mieux en grès vernissé, fabriqués par bouts de 0 m. 60 le plus souvent,, assemblés soit à emboîtement soit au moyen de petits manchons, et reliés entre
eux par des joints en ciment pur, en mortier, en corde goudronnée et glaise, en asphalte coulé, etc., qui donnent des ouvrages un peu fragiles, mais oii l'écoulement se fait bien.
Certaines eaux, très chargées de calcaires, sont incrustantes et laissent au passage un dépôt adhérent sur la paroi des aqueducs: des incrustations assez épaisses, qui sont manifestement dues à cette cause, ont été rencontrées dans certains aqueducs romains, notamment au pont du Gard. C'est un motif pour éviter autant que possible l'adduction de pareilles eaux, qui ont au reste bien d'autres inconvénients : car, si à la l igueur on peut enlever ces dépôts dans un aqueduc visitable, le jour où ils y deviennent gênants, on ne saurait songer à le faire dans de petits conduits.
'3f8. Conduites forcée^ii. — Les conduites forcées s'exécutent ordinairement en métal.