CHAPITRE XII. — ÉLÉVATION MÉGANIQUE DE L'EAU
que courante, est le bélier, construit pour la première fois en 1796 par Montgolfier, et qui procède par choc en utilisant l'effet connu et désigné bien auparavant du nom de coup de bélier. Une conduite plus ou moins longneamèneTeau de la chute au point oii Ton se propose de l'utiliser ; elle se termine par une soupape S, qui est entraînée bientôt par la vitesse croissante que prend Teau et vient s'appliquer brusquement sur son siège :
le coup de bélier qui en résulte provoque, au même moment, l'ouverture d'une autre soupape S', qui livre passage à une partie de l'eau ; un réservoir d'air la reçoit, puis^ la soupape S' se refermant, le même phénomène se produit, tandis que l'air, se détendant dans le réservoir, refoule l'eau dans la conduite ascensionnelle. Le bélier a un très bon rendement : Eytelwein avait obtenu jusqu'à 80 pour 100 dans une série d'expériences ; Bailey Denlon a trouvé jusqu'à 90 pour 100, quand la hauteur d'élévation est faible comparativement à la hauteur de chute, 66 pour 100 quand l'élévation est au contraire huit fois plus grande que la chute. Il doit être solidement construit pour que toutes les pièces résistent sans peine aux chocs violents qui s'y produisent ; des garnitures en caoutchouc aux soupapes, des appareils de réglage et de prise d'air en améliorent le fonctionnement. Très rustique, marchant aisément sans surveillance, ne demandant pas de graissage, le bélier mérite d'être recommandé comme un excellent engin, susceptible de recevoir dans bien des circonstances des applications justifiées.
MM. Lemichel et C'*^ ont construit^ il y a quelques années, sous le nom de siphon élévateur automatique, une machine d'un type nouveau, qui fonctionne comme le bélier et semble en avoir le rendement : l'eau motrice passe dans un siphon qui, une fois amorcé, fonctionne indéfiniment, et, à la partie supérieure, un appareil en forme de soufflet laisse échapper périodiquement une certaine quantité d'eau.
Mais cet engin a le même défaut que le bélier, celui de ne débiter qu'une fraction de l'eau motrice.
Un constructeur parisien, M. Durozoi, a tenté d'y remédier en créant ce qu'il a qualifié de bélier-pompe : pour cela il lui a suffi de remplacer dans le bélier ordinaire le seconde soupape S' par un organe formant piston qui sépare l'eau motrice de Teau élevée. Son bélier-pompe n'est dès lors autre chose qu'une machine à colonne d'ecaiy comme on en a construit un grand nombre, de formes et de dispositions variées, qui la plupart résultent de la combinaison d'un moteur hydraulique et d'une pompe à mouvement rectiligne alternatif, et dont aucun modèle ne s'est imposé ni répandu. L'appareil Adams, basé sur le principe de la fontaine de Héron, décrite dans les cours de physique, et qu^on a naguère appliqué à l'élévation des eaux d'égout, présente le même avantage et rentre aussi dans la même classe d'engins élévatoires.