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CHAPITRE IT. - ÉVAPORATION, RUISSELLEMIÎNT, INFILTRATION

granitique du Morvan, l'arg-ile à meulière de la Brie sont imperméables ; les sables de Fontainebleau, le calcaire lacustre de la Beauce, les plateaux crayeux du pays de Caux sont perméables ; perméables aussi les Causses du Tarn, ces masses de calcaire jurassique, que couronnent des plaines arides atteignant jusqu'à mille mètres d'altitude, où l'on ne rencontre ni eau ni arbres, et qui se terminent brusquement au droit des vallées par des falaises abruptes de 500 à 600 mètres de hauteur, au pied desquelles jaillissent des sources abondantes. En France, les terrains perméables dominent : sur une superficie totale de 53.000.000 d'hectares, il n'y en a que 21.000.000 d'imperméables contre environ 32.000.000 de perméables. Dans le bassin de la Seine, la prédominance des terrains perméables est plus marquée éncore : 5.921.000 hectares d'une part et 1.944.000 de l'autre.

Les cultures les /or^^^ exercent aussi une action sensible sur la répartition des eaux. En ameublissant les terres, les cultures en augmentent la porosité et par suite la capacité d'absorption. Dans les forêts, le feuillage retient une partie dss eaux pluviales et en retarde l'écoulement, le terreau abondant qui se forme au pied des arbres s'en imbibe et agit par suite dans le même sens. Par contre, la végétation augmente considérablement le pouvoir d'évaporation du sol qu'elle recouvre.

14. Importance et mcisMre de l'évaporation. — La fraction des eaux météoriques, qui, après avoir touché la surface du sol, retourne à Tatmosphère par évaporalion, est généralement très importante, presque toujours au moins égale et souvent supérieure à l'ensemble des deux autres parties réunies.

En France, sur une quantité totale annuelle de pluie de 400 millions de mètres cubes, on ne retrouve que 180 millions, soit 45 pour 100, dans les cours d'eau, où vont finalement aboutir, non seulement les eaux qui ont ruisselé sur le sol, mais aussi celles qui ont pénétré les couches poreuses et s'y sont écoulées par voie souterraine. Le reste^ soit 55 pour 100, est la part de Févaporation.

De nombreuses expériences ont été faites pour mesurer l'évaporation qui se produit dans des conditions ou en des points

40 PREMI?:RE partie. — HYDROLOGIE

déterminés : assez délicates en général, elles ont conduit à distinguer ret'a/9om/zo;2 par les surfaces d'eau^ dont l'appréciation relativement facile est réalisée directement au moyen d'appareils spéciaux, et V évaporation par le sol nu ou couvert de végétation, que Ton obtient ensuite par comparaison dans la plupart des cas.

Les appareils auxquels il vient d'être fait allusion sont désignés sous le nom diévaporomètres. Le plus simple peut-être de tous, l'évaporomètre Piche, se compose d'un petit tube gradué fermé à la partie supérieure et ouvert à la partie inférieure ; une rondelle de papier épais et non collé y retient l'air, maintenue elle-même par un ressort métallique ; mais elle ne s'oppose pas à l'évaporation, et, comme chaque division de l'échelle correspond aune tranche d'eau de 0 mm. l,il suffit d'observer de temps à autre le niveau de l'eau dans le tube pour se rendre compte des quantités évaporées. A l'observatoire municipal de Montsouris, on fait usage également d'un autre instrument, dit évaporomètre Delahaye^ qui se compose d'une caisse rectangulaire de 0 m. q. 25 de superficie qu'un petit

toit met à l'abri de la pluie ; les variations du niveau de la tranche d'eau de 0 m. 10 d'épaisseur contenue dans la caisse sont transmises par un flotteur à une aiguille qui se meut devant un cadran et y indique jusqu'au centième de millimètre.

Pour avoir des indications continues^ on peut avoir recours à des appareils enregistreurs ; celui qui est employé à Montsouris se compose d'une bascule dont le plateau est porté au-dessus du toit du bâtiment par une tringle métallique et reçoit un vase cylindrique rempli d'eau : à mesure que l'évaporation se produit, le poids diminue, et les changements de position du fléau s'inscrivent sur un cylindre, recouvert d'un papier quadrillé, qui est animé d'un mouvement régulier de rotation. En remplaçant le vase plein d'eau par un petit wagonnet de 0 m. q. 2o de superficie, conte-

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