PREMIÈRE PARTIE. - HYDROLOGIE
diminue, régoutlement se ralentit, ce ne sont bientôt plus que des pleurs qui finissent par disparaître et tarir complètement jusqu'à une pluie nouvelle. Un levv'dïn perméable donne lieu à des phénomènes tout différents : l'écoulement superficiel, qui diminuait progressivement tout à l'heure, est ici à peu près nul, la presque totalité de l'eau tombée pénètre dans le sol, ou imbibe les couches superficielles ou profondes ; les plis de terrain, les vallonnements restent secs la plupart du temps, les ruisseaux sont rares, et il faut aller jusqu'à la vallée principale pour trouver un cours d'eau. Une carte bien faite permet de reconnaître au premier abord les terrains imperméables, qui apparaissent sillonnés par une infinité de petits cours d'eau, la plupart éphémères et rarement alimentés par des sources, alors que les terrains perméables se font remarquer par la rareté des cours d'eau : les premiers présentent des sources très petites et très multipliées, disséminées au hasard ; les seconds, au contraire, n'ont que des sources rares, mais abondantes, pérenneset toujours groupées au fond des vallées, qui deviennent de véritables lieux de sources. La distinction peut même être faite aisément par un voyageur qui traverse un pays à toute vitesse, en chemin de fer, pour peu qu'il s'attache à relever ces caractères mis en relief par Belgrand : ponts nombreux et à grand débouché dans les régions à sol imperméable, prairies à flanc de coteau et même jusqu'au sommet des collines ou des montagnes, aussi bien que dans les vallées ; ponts rares et à faible débouché partout oia le sol est perméable, contraste marqué entre le fond des vallées, rendu verdoyant par rherbe des prairies ou les plantes aquatiques des marécages, et les coteaux desséchés et arides. La composition chimique des terres est ici sans influence; c'est leur état physique qui les différencie : qu'elles soient formées de masses rocheuses ou de bancs d'argile, il suffit qu'elles soient compactes pour être aussi imperméables ; par contre, il faut classer également comme perméables les terrains arénacés, formés de couches grenues à pores très fins, et les terrains rocheux mais crevassés qui présentent des vides plus ou moins étendus. Néanmoins, et Belgrand Ta fait observer très judicieusement, il y a une relation complète et évidente entre la carte géologique et la carte de perméabilité : le sol