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CHAPITRE XIII

NOTIONS DE GENIE RURAL

Sommaire: 98. Sol arable ; 99. Conditions nécessaires au développement de la végétation ; 100. Cultures diverses. Assolements ; 101. Engrais ; 102. Préparation des terres ; 108. Ensemencement : 104. Récolte ; 105. Préparation des récoltes ; 106. Bâtiments ruraux ; 107. Exploitation agricole.

»8. Sol arable. — La désignation de sol arable s'applique à la couche superficielle des terres, où les vég-étaux puisent la majeure partie des éléments nécessaires à leur développement.

Cette couche superficielle n'existe point partout : elle manque dans les parties rocheuses des montagnes ou sur les plag-es de graviers, au bord des fleuves. Là où on la rencontre, elle présente une épaisseur très variable ; la culture n'en utilise d'ailleurs que la tranche supérieure, oii pénètrent et se développent les radicelles des plantes, et qui est souvent réduite à 0 m. i5 ou 0 m. 20 seulement : c'est à cette tranche qu'on réserve la dénomination de sol actif , par opposition à la tranche sous-jacente, qui joue plutôt le rôle de support et forme le sol inactit.

Sur une grande partie du globe, la couche arable est constituée par le diluviiim^ sorte de limon analogue à celui de nos fleuves, qui a dû se déposer lentement, durant une période oii les cours d'eau et les glaciers présentaient à la surface de la terre une immense étendue. Ailleurs elle provient des alluvions modernes^ qui se sont formées^ par voie de dépôt, sur les bords des cours d'eau, dans la première partie de la période actuelle. Parfois

aussi, au lieu de provenir de dépôts plus ou moins anciens, elle s'est formée lentement sur place par la décomposition superficielle des roches, sous l'influence des agents atmosphériques. Il y a par suite un rapport indéniable eritre sa nature propre et la constitution géologique du sol ; et cependant la concordance est loin d^être complète entre les cartes géologiques et les cartes agronoîniqiies^ parce que d'autres conditions interviennent, soit pour modifier la composition de la tranche superficielle (déclivité plus ou moins grande du sol, abondance variable des pluies, proportions diverses et nature différente des matières organiques qui s'y mélangent aux substances minérales), soit pour diversifier les cultures qui conviennent à une même espèce de terres suivant les circonstances climatériques : ainsi la décomposition du grès vosgien ne donne à flanc de coteau que des terres de bruyère, tandis qu'au fond des vallées voisines, où les éléments fertilisants sont entraînés par les eaux de ruissellement, on trouve d'excellentes terres et de gras pâturages ; par contre, la vigne, qui se plaît en terrain humide sous un climat chaud, en Espagne ou en Algérie par exemple, préfère en France les terrains très secs et réussit admirablement dans les graviers du Médoc ou les calcaires très perméables de la Bourgogne et de la Champagne.

Divers agronomes, notamment Schûbler et de Gasparin, ont étudié les propriétés physiques des terres de culture. Ils ont montré, en particulier, que le poids du mètre cube des diverses terres varie dans de notables proportions, depuis 600 kilog. pour la terre de bruyère, jusqu'à 2.290 kilog. pour la terre argileuse mélangée de cailloux siliceux, et que, pour une même terre, il difPère suivant le degré de tassement et la proportion de vides, moindre après le labour, par exemple, par suite du foisonnement

de — à — - qui en résulte. Suivant leur ténacité^ les terres

offrent plus ou moins de résistance au travail des outils agricoles : il y a donc intérêt à la mesurer, ce qui se fait soit au moyen de la bêche dynamométrique de Gasparin, soit par des essais sur des prismes ou des briquettes de terre corroyée ou moulée. On se préoccupe aussi de leur adhérence au bois ou au

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