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CHAPITRE XVII. — DESSÈCHEMENTS

au-dessous du niveau de la mer et jadis couverts d'eau. L'importance des polders hollandais est très variable : il en est de peu étendus, qui n'ont donné lieu qu'à des ouvrages fort modestes, et d'autres très considérables, qui comportent de larges canaux et de puissantes usines; pour quelques-uns la hauteur d'élévation des eaux est assez grande, et l'on a procédé alors, comme au polder de Zuidplas (4.600 hectares — entre Rotterdam et Gouda), par relèvements successifs étagés. Le creusement du canal maritime, exécuté de 1865 à 1876 pour relier Amsterdam à la mer du Nord^ ayant eu pour conséquence l'établissement du barrage de Schellingwoode, qui a séparé le golfe de l'Y du Zuiderzée, on en

a profité pour dessécher la majeure partie du golfe et conquérir 5.300 hectares de terres fertiles, qui se sont vendues à raison de 4.000 à 5.000 francs l'hectare : il a fallu construire à cet effet 2 1.600 mètres de canaux et installer 8 pompes centrifuges, actionnées par des moteurs à vapeur de 12 chevaux de force, mais deux de ces pompes suffisent habituellement à Tentretien normal. Cette belle opération, quelle qu'en soit l'importance, n'approche pas de celle qu'a réalisée de 1840 à 1852 l'Etat néerlandais, en asséchant le lac de Ilaarlem^ de plus de 18.000 hectares de superficie, oii une bataille navale fut livrée en 1573 et qui occupait une étendue de 20 kilomètres de longueur sur 10 de large : le canal de ceinture, qui délimite le périmètre desséché, n'a pas moins de 59 kilomètres de développement, avec 29 mètres de largeur au plafond et 2 m. 20 de profondeur; trois grandes usines à vapeur de 250 à 300 chevaux de force, et qu'on a dû transformer récemment, y élèvent les eaux recueillies par le réseau intérieur de rigoles ; la dépense a été de près de 29 mil*

lions de francs, dont 9 millions seulement sont restés après la vente des terres à la charge du trésor^ qui a d'ailleurs trouvé dans les bénéfices indirects une large compensation de ses sacrifices. Le remarquable succès obtenu au lac de Haarlem devait nécessairement faire naître la question du dessèchement du Zuiderzée lui-même, qui a donné lieu à plusieurs projets successifs, dont le dernier comporte une digue de 40 kilomètres de longueur, qui deviendrait une magnifique voie de communication entre deux provinces actuellement séparées par le golfe et le transformerait en un lac d'eau douce^ où la navigation maritime continuerait d'avoir accès, et où Ton prévoit la conquête de quatre groupes de polders d'une étendue de plus de 200.000 hectares.

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