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CHAPITRE XVII. — DESSECHEMENTS

de leur insalubrité, ont été l'objet de nombreuses tentatives d'amélioration depuis plusieurs siècles. Le premier travail de dessèchement, digne de ce nom, a été exécuté, en vertu d'une concession du 22 avril 1619, par Gobergher, qui ouvrit un réseau de rigoles, établit vingt-quatre moulins à vent et creusa un canal d'évacuation aboutissant à Dunkerque ; mais, dès 1646, un corps espagnol, commandé par le marquis de Leyde, détruisait les ouvrages, et le pays, de nouveau inondé, ne fut définitivement asséché qu'en 1809, au moyen de huit moulins à vent, du type hollandais, à grandes ailes, de 13 mètres de longueur sur 2 de large, actionnant des vis d'Archimède, auxquels s'ajoutèrent ultérieurement trois usines à vapeur, dont une seule en France, à l'extrémité du canal de ceinture : un syndicat administre les Moëres, par application de règlements du 2 mars 1807 et du 22 mars 1822, et moyennant une dépense minime, 9 francs environ par hectare et par an^ supportée par les intéressés.

Le dessèchement des marais de Fos, qui couvraient 4.500 hectares entre la Grau et le canal d'Arles à Bouc, est le plus important des travaux de ce genre qu'on ait exécutés de nos jours en France : concédé par la loi du 9 août 1881 à la compagnie de la Grau, il a été entrepris en 1883. La surface qu'il fallait assécher était couverte presque en tout temps par les eaux qui proviennent des marais d'Arles par les canaux de la Vidange et du Vigueirat, en raison des variations du plan d'eau du canal d'Arles à Bouc que la mer maintient à un niveau supérieur : cette surface a été partagée en quatre bassins, Fos, Galéjon, Gapau et l'Etourneau ; les deux premiers (570 et 370 hectares) ont été aménagés en 1884 et 1885, et pourvus respectivement, l'un de deux pompes centrifuges Gwinne à axe horizontal, pouvant débiter chacune 1.200 litres par seconde, l'autre d'une pompe semblable de 1.700 litres, toutes trois mues par des moteurs à vapeur compound et capables d'élever à la fois les eaux affluentes et celles des nombreuses .sources artésiennes (latiro?is) ; on a ensuite établi au bassin de Gapau (1.500 hectares), où les eaux artésiennes sont moins abondantes, deux pompes centrifuges Farcot à axe vertical, commandées par des moteurs genre Gorliss, qui se sont trouvées assez puissantes pour élever en outre les eaux du bassin de l'Etour-

neau (1.350 hectares). La surface asséchée se couvre de cultures (vignes et prairies), qui jusqu'à présent malheureusement ne paraissent pas appelées à fournir une rémunération suffisante de la dépense ; du moins les marais ont disparu et avec eux l'état d'insalubrité dont souffrait le pays.

A l'étranger, notamment en Angleterre et en Italie, de vastes étendues ont été aussi desséchées par Temploi de moyens mécaniques pour l'élévation des eaux. Nous citerons à titre d'exemple les travaux exécutés, en vertu de la loi du 11 décembre 1878, dans le delta du Tibre^ o\x 12.500 hectares de marais, qui répandaient la malaria aux alentours, ont été asséchés par le moyen de canaux répartis en deux étages, et d\me grande usine de plus de 500 chevaux de force, actionnant des turbines hydropneumatiques à axe vertical, pour le relèvement des eaux de Tétage inférieur.

Mais la terre classique des dessèchements de ce genre est la Hollande, où Ton donne le nom de poldei^s à toutes les surfaces conquises sur les eaux pour la culture^ et oii depuis plusieurs siècles les populations, encouragées d'ailleurs par les pouvoirs publics (subventions, exemptions d'impôt, etc.), sont parvenues à tirer parti peu à peu de près de 300.000 hectares de terrains sis

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