lucou^'cikienls et clau^^ers de raiçglomératioo
La réunion dans les villes d'un grand nombre d'êtres vivants sur un espace restreint a pour conséquence de les placer dans des conditions absolument difTérentes de celles auxquelles la nature s'est chargée de pourvoir. En effet, si les hommes, tant qu^ils sont i\épartis par petits groupes sur de vastes étendues de territoire, trouvent partout l'air pur, l'eau non contaminée, le sol prêt à transformer les faibles quantités de détritus organiques qu'on lui confie, il n^en est plus de même dès qu'il forment une agglomération importante; et, à mesure que les proportions de cette agglomération augmentent, ils voient surgir des causes d'insalubrité de plus en plus graves^ dont ils ne parviennent à triompher qu'à l'aide de moyens spéciaux et complexes, constituant une sorte de artificielle^ impérieusement nécessaire, sans laquelle l'existence même des villes ne saurait se concevoir.
L'air ne tarde pas à y être vicié^ non seulement par la respiration des hommes et des animaux domestiques^ mais encore et surtout par la combustion de matières solides ou gazeuses
dans un grand nombre de foyers de chaleur ou de lumière, par la fermentation des détritus animaux ou végétaux dans ]es cours, les jardins, les marchés, les ruisseaux des voies publiques, par les émanations désagréables et malsaines des fosses d'aisances et des usines ou autres établissements insalubres.
Le sol, appelé à recevoir des accumulaiions de matières fermentescibles par suite de Técoulement des eaux ménagères, du dépôt des ordures et des déjections de toute espèce, de Tentassement des cadavres dans d'élroits cimetières, est exposé à une contamination plus grave encore. Même dans les villes oii l'on s'applique avec le phis de soin à le protéger, on n'évite guère l'imprégnation par le gaz d'éclairage, qui s'échappe des nombreuses fuites d'une canalisation très développée, par les infiltrations provenant de fosses imparfaitement étanches, etc.
Les eaux souterraines^ quand elles se rencontrent à faible profondeur, subissent le même sort ; et l'on devine quels dangers en résultent pour la santé publique, toutes les fois qu'on les utilise pour l'alimentation. Sans qu'il en soit fait aucun usage, il arrive encore que de simples variations de leur niveau^ laissant à sec des couches ordinairement humides, ou humectant celles qui sont habituellement à sec, déterminent des émanations insalubres, voire même des épidémies.
Les eaux courantes, qui traversent les villes ou coulent dans leur voisinage, sont presque toujours grossies au passage par les eaux pluviales qui en ont délavé les rues ; que de fois elles reçoivent en outre et Técoulement des égouts, qui viennent aboutir au thalweg de la vallée, considéré comme le drain naturel d'évacuation, et le déversement des eaux résiduaires des usines, sinon des projections plus répugnantes et plus dangereuses encore !
Le péril est multiple, on le voit; et il n'y a pas lieu de se montrer surpris quand on constate^ dans nombre de villes, que la mortalité y atteint des proportions inconnues dans les campagnes et se tient à un taux notablement supérieur à la moyenne du pays tout entier.
Mais le remède est à côté du mal ; et puisque, fort heureusement, la science sanitaire moderne a su dégager les procédés au