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CHAPITRE XX. — N0T[0x\8 DE SALUBRITÉ URBAINE

ceux qui sont dépourvus do joints, comme l'asphalle, le bilume, les dallages en béton ou les enduits de ciment. A.u reste, parmi les règles fondamentales de Thygiène urbaine qui ont été rappelées plus haut, ce sont assurément les deux dernières, celles qui ont trait à la distribution des eaux utiles et à l'évacuation des eaux nuisibles, qui jouent dans l'hygiène dos villes le rôle prépondérant et qui ont l'influence la plus directe et la plus marquée sur la santé publique. On ne conçoit pas une ville moderne, digne de ce nom, sans dislribution cVeau, c'est-à-dire sans un ensemble d'ouvrages combinés en vue d'amener en tous les points de l'agglomération l'eau utile, l'eau nécessaire à tous les usages; el le complément indiqué de toule distribution d'eau est, pour employer le terme aujourd'hui consacré, le système d'assainissement, qui a pour objet l'évacuation de celte mêmîe eau, devenue rapidement nuisible par Temploi même, véhicule de la masse la plus considérable et la plus dangereuse d'impuretés de toute sorte.

155. Rôle capital de Teau. — Il n'est sans doute pas besoin d'insister pour faire apprécier le rôle capital de la circulation de l'eau dans les villes.

Les usages auxquels la distribution d'eau est appelée à satisfaire sont ^ effet si multiples et si importants qu'ils frappent dès l'abord. En première ligne se placent les usages domestiques^ qui comprennent, avec la boisson^ le plus intéressant et le plus indispensable de tous, ceux qui concernent Vhygiène du corps^ soins de la toilette, bains, lavage du linge, la préparation des aliments^ lavage et cuisson des légumes, nettoyage des ustensiles de cuisine et de table, la bonne tenue de la maison^ nettoyage des locaux habités, des cours, des cabinets d'aisances, des écuries et remises, Ventretien des jardins^ puis une foule d'utilisations spéciales, dont le champ est pour ainsi dire indéfini, comme le fonctionnement des ascenseurs, l'alimentation des calorifères à eau chaude ou à vapeur, etc. Les usages publics ne sont pas moins nombreux ni moins dignes d'intérêt, puisqu'on doit y ranger le lavage et Varrosage des chaussées et trottoirs, l'entraînement des boues, le nettoyage des marchés, le

curage des égouts^ V entretien des plantations avenues et

dans les promenades, l'alimentalion des fontaines publiques, rextinclion des incendies^ elc. Viennent ensuite les usages industriels^ dont plusieurs se rattachent encore directement à Tliygiène personnelle, comme le service des lavoirs^ les établissements de bains^ douches^ piscines^ la fabrication des boissons artificielles, tandis que certains autres répoadent à des besoins essentiellement différents, tels que la production et la condensation de la vapeur pour la mise en mouvement des moteurs dans les usines, etc. Remarquons en passant que cette distinction peut être g-énéralisée, d'où la répartition fréquente des divers usages de l'eau en deux catégories nettement caractérisées : les uns, mettant le liquide en contact direct avec nos organes, ont une influence immédiate sur la sanlé et n'admettent en conséquence qu'une eau pratiquement pure, à l'abri des contaminations, du soupçon même ; les autres^ comportant soit de simples lavages, soit des opérations où interviennent la chaleur ou les agents chimiques, n'exigent pas une pureté aussi parfaite, mais réclament parfois des qualités particulières..., on est ainsi amené à considérer séparément Veau alimentaire ^vo- ^iMQmQwi [Trinkw as ser des Allemands) et l'eau d'usage courant. Veau industrielle {Nutzwasseï").

Quant aux eaux usées^ salies par l'usage, eaux ménagères chargées de tous les détritus de la maison, eaux industrielles ^ résidus de fabrications diverses, souvent fort riches aussi en matières organiques fermentescibles, eaux vannes^ additionnées ou non des matières de vidange, et renfermant les éléments les plus redoutables au point de vue de la santé publique, n'est-il pas évident qu'elles seraient une menace permanente pour la salubrité, en raison de la facilité avec laquelle elles subissent la putréfaction et engendrent des gaz malodorants et nuisibles, si l'on ne prenait soin de les écouler rapidement, par le chemin le plus court, et autant que possible souterrainement, de manière à ne choquer ni la vue ni l'odorat, de manière aussi à les soustraire aux causes immédiates de décomposition ? Les eaux pluviales, malgré leur origine et cette pureté naturelle qui permet de les utiliser souvent pour l'alimentation dans

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