‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 338 sur 415 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

dislribulioQS d'eau, la contructioii des égouts progresse également. L'œuvre du MelropoliUin Board of works à Londres, continuée par le County Gouncil, celle de Belgrand et de ses successeurs à Paris, celle d'Hobreclit à Berlin, de Lindley à Francfort, trouvent peu à peu d'heureuses imitations dans les villes qui se proposent de réaliser un assainissement complet et rationnel. Là déjà cependant le progrès se fait plus lent, parce que le besoin n'est pas ressenti peut-être de manière aussi pressante, parce que sur ce point aussi la conviction n'est pas encore faite aussi complètement dans l'opinion.

Plus lent encore est le mouvement de transformation, si recommandable, si nécessaire pourtant, des systèmes barbares qui demeurent trop répandus pour X évacuation des matières de vidange et perpétuent dans nombre de villes des pratiques répugnantes et des causes permanentes d'insalubrité, ou celui qui tend à la protection des cours d'eau par \ épuration systématique des eaux d'égout des villes, des eaux résiduaires des usines.

A cet égard, manifestement, notre éducation est à faire ; et c'est avant tout l'enseignement de l'hygiène à tous les degrés qu'il faudrait organiser^ depuis l'école primaire jusque dans les cours des Universités ou des grandes écoles du gouvernement. Le personnel spécial — ingénieurs sanitaires, inspecteurs de la salubrité^ médecins hygiénistes — nombreux et bien exercé chez nos voisins d'outre-Manche, n'existe pour ainsi dire pas en France ; il faudrait le former, lui faire une place convenable, lui assigner un rôle utile dans l'administration de l'hygiène publique.

En attendant, il est à recommander aux municipalités de ne point prendre parti sans s'y être préparées par une étude comparative approfondie des solutions admises et des progrès accomplis dans les diverses villes et les divers pays : dans cet ordre d'idées, on doit considérer comme une très heureuse coutume celle qui s'est établie presque partout de se renseigner, avant de résoudre les questions importantes en matière de salubrité urbaine, par l'envoi de missions spéciales^ chargées de recueillir les informations les plus complètes sur les travaux analogues d'exécution récente. Les échanges féconds de renseignements.

CHAPITRK XX. ~ NOTIONS DE SALUBRITÉ URBAINE

que les expositions et les congrès ont grandement encouragés, sei-aient singulièrement facilités si Ton établissait et si l'on tenait à jour des statistiques sanitaires complètes : les tentatives faites à ce sujets en Allemagne dès 1878 par Gralm, au nom d'une association d'ingénieurs spécialistes, aux Etats-Unis par Groës en 1889, pour le compte d'un journal technique, en France par la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle en 1892, et tout récemment (1904), pour la France, la Belgique et la Suisse, par MM. van Lint et Imbeaux, sont assurément fort utiles et mériteraient d'être incessamment renouvelées; les monographies détaillées, dont les ouvrages classiques de Darcy sur les fontaines publiques de Dijon, de Belgrand sur les eaux et les égouts de Paris, de Hobrecht sur l'assainissement de Berlin, fournissent de précieux modèles, constituent également une mine d'informations, dans laquelle on ne saurait puiser avec trop de persévérance et d'attention.

158. Législation sanitaire. — Jusqu'à la promulgation de la loi récente, relative à la protection de la santé publique, qui porte la date du 15 février 1902, la législation sanitaire en France était éparse dans un certain nombre de textes, d'ailleurs interprétés dans un esprit si étroit qu'elle était loin de répondre aux besoins-de l'hygiène moderne.

Les articles 35 à 37 de la loi du 16 septembre 1807 donnaient bien au gouvernement le droit d'exiger des communes des travaux d^assainissement jugés nécessaires, mais il n'en était fait usage que dans des cas tout à fait exceptionnels. L^'autorité investie des pouvoirs les plus étendus en matière de salubrité, celle du maire, basée cependant sur les termes si généraux de l'article 3 du litre XI de la loi des 16-24 août 1790 puis de l'article 97 de la loi du 5 avi'il 1884, était paralysée à ce point par la jurisprudence qu'elle devait se borner à signaler les causes d'insalubrité et à en ordonner la suppression, sans pouvoir indiquer les mesuies à prendre ni les moyens à mettre en œuvre. Les préfets, chargés de la tutelle des municipalités et nantis du droit d^armuler au besoin les arrêtés des maires ou d'y suppléer en cas d'abstention de leur part, hésitaient généralement à intervenir.

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