CHAPITRE XXI. — APPROVISIONNEMENT DES EAUX UTILES
Pour ce genre d'évaluations on prend habiluellement comme unité V alimentation par habitant et par jour. Celte unité, il ne faut pas se le dissimuler, n'est pas très satisfaisante ; car il y a de nombreux usages de l'eau qui sont sans rapport aucun avec le chiflVc de la population^ par exemple l'emploi de l'eau dans les ^ jardins et sur la voie publique ou la consommation industrielle; mais elle est si bien entrée dans le langage courant qu'il convient de Ja conserver. On exprimera donc, suivant la coutume, par un nombre de litres déterminé, correspondant pour chaque jour à une tête d'habitant, le volume d'eau applicable à Tun quelconque des divers services qu'il s'agit d^assurer dans la maison, dans la rue, dans les usines, etc., de fournir au service privée au service public, au service industriel.
Pour le service privé., les évaluations présentent d'un cas à l'autre des divergences assez sensibles : les besoins de l'homme n'ont en effet rien de fixe ; et, s'il est un minimum au-dessous duquel on ne saurait descendre — la ration accordée aux matelots sur les navires en mer, 4 à 6 litres par jour, dont 2 environ pour la boisson — il n'y a par contre d'autre limite supérieure, dans une ville pourvue de moyens convenables d'évacuation, que celle qui résulte soit de la dépense, soit des restrictions réglementaires ; car l'eau se prête dans la maison à mille services divers, qjii se développent plus ou moins, suivant les circonstances, les mœurs, les habitudes de propreté, le confort, le luxe, la fortune publique. La consommation est généralement plus grande dans les quartiers riches que dans les pauvres, dans les villes étendues et populeuses que dans les bourgades... Afin de fixer les idées dans une certaine mesure, on peut rappeler ici qu'à l'époque oii il y avait à Paris des abonnements par estimation, on comptait, pour la consommation domestique, 45 litres par jour et par personne domiciliée (arrêtés du 9 mars 1863 et du 7 juin 1864), plus 100 litres par cheval à l'écurie, 6 litres par mètre carré de cour, 1 à 3 par mètre carré de jardin, etc., et que, dès 1856, Darcy estimait à 90 litres la totalité des besoins du service privé : en Angleterre, oij la maison est généralement bien desservie, on ne s'écarle guère de ce chiffre encore aujourd'hui ; aux Etats-Unis, on considère qu'il devrait suffire en géné-