TROISIÈME PARTIE
ral^ ; mais bien souvent on tend à le dépasser... 100 litres ne suffisent plus à Paris, et il en faut deux ou trois fois autant dans les grandes cités américaines.
Les divergences sont plus marquées encore pour le service public^ car il a des exigences singulièrement différentes d'une ville et d'un pays à l'autre ; indépendamment de Tinfluence qu'exercent et Télendue des surfaces des voies publiques et leur mode de revêtement, de celle aussi du climat, plus ou moins sec ou pluvieux, etc., il y a partout une tendance très nette à un accroissement progressif. Mary, dans son cours, admettait, en 1868, le chiffre de 20 à 25 litres par tête, pour le service public à Paris, où l'on se plaint volontiers aujourd'hui de son insuffisance, alors qu'il absorbe moyennement plus de 100 litres et parfois jusqu'à 150. Aucune ville, il est vrai, n'a poussé aussi loin le soin de la voirie et des promenades : à Londres la proportion correspondante est de 15 à 20 litres^ à Berlin 8 litres ; Fiuhling^ indique, pour les villes allemandes, une moyenne de 11 à 12 lilres; D'après Turneaure et Russell, celle moyenne serait de 20 litres environ, pour les villes américaines, sans que les maxima s'élèvent au-dessus de 40 à 50 litres au plus. Avec ces quantités d'eau si variables, on assure, plus ou moins bien, l'arrosage des chaussées, l'entretien des plantations et des pelouses, le nettoyage des caniveaux, le lavage des urinoirs, le curage des égouts, puis le service des incendies, enfin l'alimentation des fontaines d'ornement, dont le débit atteint parfois des chiffres fort élevés : jet d'eau des Tuileries 25 litres par seconde, gerbes de la place de la Concorde 50, cascade du Trocadéro 240, etc.
Le service industriel ne répond pas, comme les services public et privé, à des besoins généraux, qu'on retrouve forcément partout ; il comporte par suite des écarts bien plus grands encore et l'on n'en peut apprécier les exigences probables que par une étude spéciale dans chaque localité. Il est des villes sans activité industrielle, comme Versailles, où la consommation d'eau est de ce chef presque insignihante et se limite aux boulange-
1. 20 à 30 gallons^ d'après Turneaure et Russell, Public w citer supplies, New- York, 1901, page 18.