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TROISIÈME PARTIE

C'est là d'ailleurs une sanction d'ordre général, presque partout appliquée à toutes les prescriptions régie ment aires, sans préjudice des amendes et dans certains cas de l'exécution d'office.

Enfin, comme les distributions d'eau sont exposées à des interruptions de service volontaires ou accidentelles, résultant soit de la nécessité d'effectuer des travaux de raccordement ou de réparation, soit d'accidents fortuits, ruptures, fuites, etc., l'exploitant se réserve le droit de suspendre, pendant un délai déterminé, ordinairement de quelques jours, la fourniture de l'eau, sans que les abonnés puissent réclamer aucune indemnité. C'est seulement lorsque ce délai vient à être dépassé, et sauf les cas de force majeure, qu'une réduction du prix de l'abonnement est parfois consentie, mais toujours sans indemnité pour dommages indirects. A plus forte raison les incidents de moindre importance, tels que baisse momentanée de pression, introduction d'air, etc., doivent-ils être supportés par les abonnés comme inévitables et sans ouvrir de droit à réclamation.

Distribution intérieure. — On

ne peut songer à distribuer l'eau par une canalisation intérieure aux étages et dans les divers locaux d'une maison que si elle y parvient en pression : une ou plusieurs colonnes montantes la conduisent alors jusqu'aux combles et affectent deux dispositions principales, suivant que l'eau est livrée à débit limité par une jauge ou à débit illimité.

Dans le premier de ces deux cas, un réservoir est nécessaire : on l'établit le plus souvent sur terrasson, au point le plus élevé possible, et l'on y fait aboutir la colonne montante correspondante, qui se termine par un robinet à flotteur, s'ouvrant automatiquement, dès que le niveau baisse dans le réservoii', et se refermant de même, lorsqu'il atteint l'altitude du trop-plein, appareil assez délicat qui demande à être surveillé et

entretend avec soin. Du fond de ce réservoir part une autre colonne, dite de distribution et descendante, qui porte l'eau, soit directement, soit par l'intermédiaire de branchements et de ramifications spéciales^ aux divers points oij il en sera fait emploi. Avec ce dispositif, la colonne montante se trouve seule ainsi à supporter la pression initiale^ puisqu'elle est seule en rapport direct avec la conduite publique ; et tout le reste de la canalisation, commandé par le réservoir, fonctionne sous une pression relativement faible.

Dans le second cas, le réservoir n'a plus d'utilité que pour les circonstances relativement rares où viendrait à se produire une interruption momenlanée du service ; et, comme il a par ailleurs de g-raves inconvénients, on préfère d'ordinaire le supprimer, à moins qu^on ne le remplace exceptionnellement par un réservoir clos, sous pression, où l'eau demeure à l'abri des contaminations, auxquelles Texposent g-énéralement les réservoirs libres, placés à découvert dans les combles. La colonne montante dessert alors directement les branchements d'étage, de sorte que la canalisation est très simplifiée et que la pression parvient intégralement en tous les points, jusque sur les orifices même de puisage. Ce type est le plus répandu aujourd'hui; il se prête seul à l'établissement de compteurs divisionnaires, commandant les canalisations d'appartements et qui permettraient d'établir des abonnements à débit mesuré pour les locataires des maisons de rapport à étages, comme les propriétaires parisiens le demandent depuis quelque temps, en dépit de la dépense supplémentaire importante de premier établissement et d'entretien qui en résultera.

Des mesures spéciales doivent être prises pour parer aux inconvénients divers auxquels les canalisations extérieures sont exposées ; ainsi, pour restreindre aux heures de grande consonamatiori

les pertes de charge, dont souffrirait ralimentation des étages supérieurs, on calculera soigneusement les diamètres nécessaires; pour éviter la congélation, on attachera de préférence les conduites aux mars de refend, moins exposés que les murs de face aux refroidissements par Tair extérieur, et au besoin on les garnira d'enveloppes protectrices ; pour faciliter la surveillance et les réparations, on les laissera autant que possible apparentes, sans les noyer dans l'épaisseur des maçonneries ou les masquer sous les enduits, et chacune des ramifications sera pourvue d'un robinet d'arrêt, au moyen duquel on pourra toujours l'isoler quand ce sera utile.

Le branchement pénètre, dans la maison qu'il dessert, à une profondeur suffisante pour ne point être exposé à de trop fortes variations de température, à 1 mètre par exemple sous notre climat; immédiatement après avoir traversé le mur de face^ il reçoit le robinet d'arrêt intérieur; le compteur, s'il y a lieu, vient ensuite et se place dans un petit regard ou sur une planchette portée par des consoles; puis le branchement continue et se prolonge à peu près horizontalement, soit en tranchée, soit le long des murs de cave, pour gagner le pied de la colonne montante. Celle-ci s'établit en élévation, maintenue contre les murs 011 elle s'appuie par des crochets en fer, de même que les ramifications qui s'en détachent et qui vont gagner l'emplacement des robinets de puisage et autres appareils. Ces diverses parties de la canalisation s'exécutent le plus souvent en tuyaux de plomb, d'épaisseur convenable pour résister aux fortes pressions, et qui

doivent être soigneusement raccordés entre eux et avec lesrobinets à deux eaux ou. à brides, dont ils doivent être pourvus, ainsi qu'aux appareils divers de la distribution, roôznets de puisage^ postes d'eau^ lavabos, rései^voirs de chasse, etc., dont la variété est grande et dont la description ne rentre pas dans notre cadre,

GHAP. XXIV. —

mais qui méritent d'appeler tout particulièrement Tatteniion des constructeurs, en raison du rôle de plus en plus considérable qu'ils sont appelés à jouer dans les habitations modernes.

Il convient tout au moins de sig-nalerici l'importance que prennent les travaux de canalisation intérieure dans les grands établissements publics, à population nombreuse, tels que les hôpitaux, les casernes, les lycées et collèges, les prisons, etc., dans les installalions d'usines, les lavoirs, les bains publics... dans les distributions de force motrice par Teau sous pression, pour actionner des appareils hydrauliques, ascenseurs, monte-charges, plans inclinés, chemins de fer funiculaires, etc., non sans observer, en passant, que cette dernière utilisation, économique sous des pressions de plusieurs dizaines d'atmosphères^ ne Test guère avec les pressions beaucoup plus faibles qui sont usitées dans les distributions d'eau urbaines et y demeure en conséquence forcément limitée.

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