‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 380 sur 415 · d^ystèines divers de collecte et d'évacuatiou · texte numérisé non relu

d^ystèines divers de collecte et d'évacuatiou

Tant que l'autorité n'a pas pris de mesures pour la collecte et l'évacuation des eaux souillées, les particuliers sont obligés de se procurer par eux-mêmes les moyens de s'en débarrasser : de cette nécessité résulte l'adoption de procédés individuels^ qui tendent à disparaître, dans les villes oii un système général vient à être appliqué, mais qu'on retrouve dans les bourgs, villages, hameaux, où le besoin de travaux d'ensemble ne se fait pas aussi impérieusement sentir, ou dans les établissements isolés, fermes, châteaux, hospices, écoles, etc., qui sont forcément réduits à leurs propres moyens. Pour les eaux pluviales et ménagères, ces procédés consistent dans l'établissement de caniveaux^ rigoles^ fossés, tracés de manière à faciliter l'écoulement vers les nappes

superficielles, qui jouentle rôle d'évacualeurs naturelsde larégion, ou, à défaut, dans la création de puits absorbants on puisards^ qui tendent à infecter le sol, et que, par ce motif, les autorités sanitaires réprouvent, obligeant parfois les intéressés, lorsqu'on ne peul les supprimer, à les convertir en fosses étanches, sortes de citernes en maçonnerie, d'où il faut ensuite extraire à grands frais le contenu, par le moyen de pompes, pour le transporter au loin et le déverser là oia il ne peut plus nuire. C'est plutôt pour les eaux-vannes et les matières excrémentitielles, beaucoup moins abondantes, qu'on a recours à ce moyen coûteux, en installant pour les recevoir, à l'exclusion des fosses perdues ou sans fond, proscrites avec raison par toutes les autorités sanitaires, soit des tinettes ou fosses mobiles^ en bois ou en métal, d'une contenance de 100 à 300 litres, qu'on enlève fréquemment et dont on porte le contenu dans les champs les plus voisins ou dans les fabriques d'engrais, soit des fosses fixes, ào, plus grande capacité, qui s'emplissent lentement, en attendant la vidange, et dont on a cherché à pallier les graves inconvénients, dans les villes importantes, soit en les dotant de tuyaux d'évent montés jusqu'au faîte des maisons, dont l'effet est d'ailleurs médiocre, soit en perfectionnant les procédés d'extraction et de transport, par Temploi de tonnes roulantes métalliques, hermétiquement closes, oii l'on fait le vide au moyen de pompes à vapeur, soit en substituant aux modes primitifs d'évacuation finale, déversement dans les champs ou dessiccation à l'air dans les voiries^ des opérations industrielles, destinées à la production d'engrais riches, sulfate d'ammoniaque, tourteaux, etc.

Les conséquences fâcheuses de l'emploi des procédés individuels deviennent d'autant plus sensibles que les agglomérations sont plus considérables, la population plus dense, la proportion des surfaces imperméables plus forte, en sorte que peu à peu les collectivités sont amenées à rechercher aux inconvénients constatés un remède dans l'adoption de procédés généraux, dont les municipalités ont à prendre l'initiative. Dans un grand nombre de cas, ces procédés ne s'appliquent qu'à certaines catégories des eaux souillées et demeurent conséquemment incomplets . Jusqu'à une époque récente, on n'osait même pas aborder le pro-

Page 1