‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 392 sur 415 · CHAPITRE XXVI. — RESEAUX D'ÉGOUTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI. — RESEAUX D'ÉGOUTS

contre des sous-pressions dangereuses et les voies publiques contre les débordements d'eaux souillées, lors des arrivées d'eau exceptionnelles produites par les grandes averses, et à rejeter le trop-plein, qui se compose en pareil cas d'eaux généralement peu chargées, dans quelque nappe superficielle voisine.

Après que l'efflux total est recueilli, le collecteur général, s'il doit être prolongé encore pour aller aboutir au débouché final, se transforme en un émissaire^ dont le rôle est sensiblement différent, en ce sens qu^il ne reçoit plus aucun apport, qu'on peut en conséquence éviter d'y étendre les opérations du curage, d'où, on le conçoit, des dispositifs tout à fait spéciaux.

189. Dispositiomi deii ouvrages. — On a vu plus haut que les égouts reçoivent g"énéralement la forme circulaire, s'ils sont de petite dimension et non accessibles, la forme ovoïde, s'ils doivent se prêter à la circulation des ouvriers. Les motifs qui ont fait prévaloir ce dernier type, pour les égouts ordinaires, ne s'appliquent pas aux collecteurs ni aux émissaires^ où le volume d'eau à écouler est toujours assez considérable pour qu'il n'y ait pas intérêt à en rétrécir la section vers le bas : c'est donc en général le type circulaire qui l'emportera pour ces ouvrages, et on le trouve en effet appliqué aux collecteurs de Londres, au grand émissaire parisien, etc.. les collecteurs àcunctte médiane et doubles banquettes, déjà signalés, ne sont appliqués que dans les villes où l'on y admet les eaux pluviales avec les matières solides entraînées et où des opérations de curage sont régulièrement et constamment pratiquées.

La section mouillée des divers conduits doit être calculée d'après le débit à y écouler, sauf dans le cas exceptionnel où, comme pour les égouts élémentaires à Paris, on adopte, en vertu d'autres considérations, des galeries souterraines de dimension très supérieure aux besoins de l'écoulement. Des observations directes, complétées par des hypothèses sur Taccroissement probable de la population et du taux de la consommation d'eau, permettent de déterminer les volumes qui doivent servir de base au calcul, en ayant soin de tenir compte des variations auxquelles ces volumes sont exposés, d'où la règle, fréquemment adoptée,

de compter sur 8 à 10 heures au plus de fonctionnement pour l'évacuation du volume journalier total. En ce qui concerne les eaux pluviales, c'est le produit des plus grandes averses connues qu'il faut envisager, en y appliquant seulement un coefficient de réduction, qui dépend de l'importance relative des surfaces perméables dans le bassin versant, des pentes superficielles, etc., et que Belgrand a fixé pour Paris à un tiers, de sorte que, pour une pluie maxima de 45 millimètres à l'heure, représentant par hectare un débit de 125 litres, il a compté que l'écoulement instantané ne serait que de 125/3 ou 42 litres environ : cette proportion a été consacrée par la pratique parisienne, et, dans la plupart des villes importantes de l'Europe, on a cru pouvoir se tenir au-dessous ; Hobrecht à Berlin n'a compté que sur la moitié, 21 litres ; à Budapest la proportion a été portée à 24 litres ; à Francfort, c'est 30, à Hambourg-, 39 seulement... Ces chiffres, qui servent à la détermination des sections des égouts élémentaires et des collecteurs secondaires, conduiraient, pour les collecteurs principaux, à des dimensions pratiquement inadmissibles ; d'où la nécessité des déversoirs, sur le parcours de ces derniers, qui ne peuvent écouler que les pluies ordinaires ou moyennes, jusqu'à 0 m. 007 de hauteur d'eau par heure à Paris, 0 m. 001 seulement à Londres et à Berlin. Pour un débit donné d'ailleurs, la section dépend de Isl pente que recevra l'ouvrage, qui elle-même est commandée par la déclivité naturelle du sol, à moins qu'on doive s'en écarter pour rester dans les limites convenables de vitesse.

Cette dernière considération conduit à réserver les pentes les plus prononcées pour les conduits les plus petits, à fixer des pentes décroissantes à mesure que les débits augmentent et à donner aux grands collecteurs, à débit normal important^ des pentes habituellement faibles, 0 m. 0005 et même 0 m. 0003 à Paris, 0 m. 00037 à Londres, 0 m. 00036 à Berlin, 0 m. 00034 à Francfort, 0 m. 0003 à Bruxelles. Pour la sécurité de la circulation, on est parfois amené à limiter, dans les voies très déclives, les pentes des petites galeries, dont le radier arrondi demeure toujours un peu vaseux et deviendrait aisément trop glissant : c'est ainsi qu'à Paris on s'est imposé de ne pas dépasser 0 m. 03 par

Page 1