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CHAPITRE XXVr. - RÉSEAUX D'ÉGOUTS

mètre, sauf à compenser par des gradins, s'il y a lieu, l'écart entre cette inclinaison et celle du sol. Pour réaliser des pentes suffisantes sur le parcours des collecteurs et des émissaires, on s'efforce de les diriger suivant ic trajet le plus court, sauf à triompher des obstacles qu'on y rencontre par l'établissement d'ouvrages spéciaux : tantôt, s'il s'agit de reliefs prononcés du sol, de collines ou de contreforts, on n'hésitera pas à y percer des souterrains, comme on l'a fait à Paris sur les hauteurs de BatignoUes et de la place de l'Etoile, à Marseille sous le Prado, etc., ou l'on interposera, comme sur le parcours des collecteurs de Londres ou en tête des émissaires de Berlin et de Paris, des usines élévatoires ; tantôt, s'il faut au contraire franchir une dépression profonde ou un cours d^eau, on aura recours à des ponts-aqueducs^ à des arcades, ou à des siphons, dont les exemples abondent et dont on trouve notamment dans le service parisien des types divers et caractéristiques.

Les dispositions des débouchés varient considérablement suivant leur nature même. Si les collecteurs ou les émissaires aboutissent au bord d'une nappe superficielle, ils s'y terminent d'ordinaire par une simple tête en maçonnerie, raccordée avec le revêtement de la berge et pourvue, au besoin, soit de grilles ^ destinées à retenir les corps flottants, soit d'obturateurs mobiles {vannes, clapets, portes tournantes), doni le but est d'empêcher Finvasion des hautes eaux ; parfois on les prolonge sous l'eau, comme à Hambourg dans l'Elbe, à Zurich dans le lac, jusqu'à une certaine distance de la rive, afin d'en éviter la contamination et de rejeter les corps flottants à distance. Si le réseau d'égouts se déverse dans une mer à marée, oi^i l'écoulement ne peut se faire que par intermittences^ il faut emmagasiner la masse des eaux qu'ils débitent entre deux basses mers consécutives, d'oii la nécessité de bassins de réserve, qui s'emplissent et se vident deux fois par jour. A l'entrée des établissements d'épuration, on aura recours à des appareils spéciaux pour retenir les matières entraînées : ce seront encore des grilles plus ou moins serrées, si l'on a en vue les corps flottants, des chambres de dépôt, s'il s'agit des corps plus penses, sables, détritus minéraux, etc.

On interpose aussi parfois sur le parcours des égouts et surtout des collecteurs, ou en tête des siphons, des chambres de ce genre, destinées à retenir au passage les matières en suspension.

D'autres chambres souterraines sont établies également en divers points des réseaux, soit pour accumuler les eaux destinées à y produire des chasses, soit pour recevoir les ouvrages de garde, les déversoirs, les appareils de curage, ou pour servir de refuge aux ouvriers en cas d'afflux d'eau subits. Elles sont formées souvent par un simple élargissement de la section des galeries, avec ou sans surélévation de la voûte et abaissement du radier ; d'autres fois elles sont superposées ou juxtaposées à Tégout.

Les cheminées de regard, placées sur l'axe des tuyaulages, et servant tantôt à la pénétration des ouvriers, qui s'y accroupissent pour visiter les conduits de part et d'autre et y introduire les outils de nettoyage, tantôt comme chambres de dépôt ou comme réservoirs de chasse, tantôt aux mouvements d'entrée ou de sortie de l'air ou à la descente des lampes destinées à faciliter le travail du curage, reçoivent des dispositions en rapport avec ces usages différents : dans le premiei' cas, elles s'élargissent vers le bas, pour former une sorte de chambre de travail ; dans le second, elles s'évasent en forme de bassins ou s'approfondissent en manière de puisards; dans le dernier, elles se rétrécissent et présentent des sections extrêmement réduites. Elles sont d'ailleurs toujours fermées au niveau du sol par des opercules, capables de résister à la circulation des voitures sur les chaussées, des piétons sur les trottoirs, et qui ne peuvent être manœuvres qu'à l'aide de clés ou d'outils spéciaux, afm d'empêcher toute ouverture intempestive, qui créerait un danger pour la circulation.

Il est à recommander de raccorder les branchements sur les égouts, et les égouts entre eux, par des courbes, tracées de manière à diriger d'avance les filets liquides tangentiellement au courant principal. On doit aussi prendre soin de ménager entre les deux radiers une légère différence de niveau, afin d'éviter que la rencontre des deux courants ne détermine un remous et

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