‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 40 sur 415 · PREMIERE PARTIE. — HYDROLOGIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — HYDROLOGIE

OÙ les terres imperméables dominent : d'où la soudaineté et l'importance des crues, qui provoquent fréquemment des débordements et des inondations. La Durance en est le type sur jiotre territoire : d'un bout à Tautre de son cours elle présente des vitesses d'écoulement considérables, corrode ses rives, charrie de grandes quantités de matériaux, qui forment d'importants dépôts dans la partie basse. Le Rhône, bien que régularisé par son passage à travers le lac Léman et tranquille entre Genève et Lyon, reprend au delà un caractère torrentiel, que lui communiquent des affluents comme l'Isère, l'Ardèche, la Drôme, la Durance, etc.

Les cou7's d^eau tranquilles se rencontrent dans les pays perméables. Ils ont des pentes faibles, des vitesses d'écoulement réduites, un lit fixe, un débit moins variable, des crues plus lentes et plus allongées. D'une utilisation plus facile, on les qualifie pour cette raison de bons cours d'eau. La Seine en fournit un exemple : son lit, constamment encaissé entre des berges élevées, va s'élargissant progressivement, passant de 70 mètres au-dessus de Montereau à 120 mètres au-dessous, 150 mètres au delà de Paris, puis 200 et jusqu'à 350 auprès de Rouen ; il livre habituellement passage aux crues, et c'est seulement dans les cas exceptionnels, comme en 1876, alors que la Seine a débité 1.660 mètres cubes d'eau par seconde à Paris, où Fétiage est de 48 mètres seulement, que les eaux les surmontent et s'épandent sur les rives.

La Loire peut être citée comme un type intermédiaire, celui des cours deau mixtes : ses déclivités, très prononcées dans lapartiehaute de son cours, où elle présente le régime torrentiel, tombent au-dessous de 0 m. 45 par kilom. à partir du confluent de l'Allier et descendent même jusqu'à 0 m. 11, si bien qu'elle prend finalement l'aspect d'un cours d'eau tranquille dans sa partie basse ; mais ses crues sont considérables, elles atteignent 8.000 mètres cubes à Orléans où le débit d'étiage est de 35 mètres cubes seulemenl ; aussi offre-t-elle un lit très large (340 à 600 mètres), partiellement à sec en temps ordinaire, et où serpente, au milieu de bancs de gravier, un étroit chenal, sorte de lit mineur, de 50 à 150 mètres de largeur au plus, tandis qu'à certains moments

CHAPÏTRE m.

^ LES EAUX DE SUPERFICIE

elle en sort, surmonte les digues qui ont été construites de part et d'autre par les riverains et inonde de vastes étendues dans la vallée.

183. Régime des cours d'eau. — Cette grande diversité des cours d'eau, qui résulte de la variété même des circonstances au milieu desquelles ils se forment, dispositions orographiques et topographiques, conditions géologiques, climatériques, etc., a nécessairement pour conséquence un régime très différent suivant les cas.

C'est ainsi que les débits sont loin de suivre une même loi pour tous les cours d'eau. Indépendamment des crues exceptionnelles, on observe chaque année des maximaet des minima dans les vohimes écoulés., et ces maxima et minima se présentent le plus souvent à des époques presque régulières pour telle ou telle partie d'un cours d'eau déterminé, leur rapport est à peu près constant : mais, si l'on passe à un autre cours d'eau, même dans une région très voisine, on trouve que le maximum ou le minimum du débit ne s'y produit pas en même temps, que le rapport de l'un à l'autre n'est plus le même. Cela se conçoit aisément, si Ton remarque que tel cours d'eau est alimenté plus particulièrement par des glaciers, qui fournissent plus d'eau en été qu'en hiver, tel autre par des torrents qui donnent surtout en automne, un autre encore par des eaux souterraines à écoulement lent et uniforme ; que, dans les régions imperméables, les pluies profitent inimédiatement aux cours d'eau, taridis que, dans les régions perméables, elles vont d'abord grossir les nappes, qui font l'office de régulateurs, etc. Partout les pluies d'hiver déterminent une augmentation du débit des cours d'eau, parce qu'elles trouvent les terres saturées d'humidité et ruissellent à la surface, tandis que les pluies déte\ même très abondantes, sont assez souvent sans influence notable, parce qu'une grande partie de l'eau tombée s'évapore et que le reste est absorbé par les terres desséchées. Les chaleurs précoces amènent souvent une augmentation brusque et importante du débit, parce qu'elles déterminent la fonte rapide et anticipée des neiges, à un moment où les terres sont encore détrempées et peu absoibantes et l'air saturé de vapeur

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