CHAPITRE XXVIII
ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUT
et les chambres à sable pour le dégrossissage ; l'eau d'égout pénètre ensuite dans l'usine proprement dite, oii sont réunis les engins mécaniques, moteurs,, pompes et monte-jus, broyeurs, mélangeurs, filtres-presses, etc., et d'où elle passe, après avoir
reçu les réactifs chimiques^ dans les bassins à fond incliné, pourvus de chicanes, où se produit la précipitation ; les boues fluides, ramenées au point bas, y sont aspirées ; l'eau épurée s'échappe par déversement superficiel et va gagner soit la nappe superficielle ou elle est déversée, soit les lils filtrants qu^elle doit traverser avant d'y parvenir. H y a quelques années^ on a substitué avec succès, en Allemagne, notamment à Dortmund, aux bassins rectangulaires et peu profonds usités en Angleterre, des puits circulaires de grande profondeur, oii l'on fait arriver Teau en traitement par le bas, pour l'obliger à une ascension, au cours de laquelle l'efîet de la pesanteur la débarrasse très complètement des corps solides en suspension.
Partout on a rencontré de grandes difficultés pour l'emploi des boues, que, malgré leur teneur en substances fertilisantes, les cultivateurs n'utilisent pas volontiers et dont ils n'oiïrent que des prix dérisoires, à cause des difficultés de transport et d'em-
ploi : on s'est ingénié à en tirer un meilleur parti, en leur faisant subir un traitement préalable, tel que la dessiccation à l'air, qui, s'opérant lentement, encombre de vastes surfaces, le passage au filtre-presse pour la confection de tourteaux, l'essorage et l'enricbissement par addition d'autres substances, etc. A défaut d'utilisaiion agricole, on a tenté de leur trouver quelque emploi industriel, extraction des graisses, revivificalion des réactifs chimiques, fabrication de ciment ou de gaz combustibles, etc. Finalement il a fallu, dans plus d'une localité, revenir^ pours^'en débarrasser, soit à la calcination dans des fours, soit à l'enfouissement dans des champs^ acquis et aménagés à cet effet, soit enfin — c'est le cas de Londres — les porter à la mer et les y déverser loin du rivage !
C'est, semble-t-il, surtout à Tespoir entrevu d'en finir avec ces boues, devenues le u cauchemar» des spécialistes, qu'on doit attribuerla popularité immédiate obtenue dès leur apparition (1896) par les procédés à' épuration biologique^ qui ont suscité tant d'enthousiasme en Angleterre et qui sont appelés à prendre sans aucun doute une extension considérable. M. Cameron, à Exeter, avec la fosse septique, M. Dibdin, à Barking (Londres), avec les lits de contact^ annonçaient en effet qu'ils avaient trouvé le moyen de détruire les matières organiques solides, de supprimer par conséquent les boues ; et ce moyen était a l'imitation de la nature » dans la transformation qui s'opère à la surface du sol perméable, en mettant en œuvre les microbes soit anaérobies soit aérobies^ qui produisent, les uns la dissociation ou biolyse, les autres l'oxydation ou la nitrification des substances organiques.
Le premier de ces effets se produit seul dans la fosse septique voûtée, oh l'eau séjourne à l'abri de l'air, pendant vingt-quatre heures au moins, et subit un commencement de putréfaction : au sortir de cette fosse, on constate qu'une très notable proportion de corps solides ont disparu, que l'eau a pris une teinte plus foncée, qu'elle dégage une odeur ammoniacale ; le travail biologique n'est pas lerminé, et il faut, pour l'achever, employer une couche filtrante en présence de l'air, de manière à provoquer l'oxydation énergique d'où résulte la minéralisation finale. La