CHAPITRE XXVIII
ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUT
toutes les fois que Papplication en est possible dans des conditions abordables.
Sans doute il n'en est pas toujours ainsi ; et, d'autre part, on peut se contenter souvent d*une épuration moins parfaite, pourvu qu'après traitement l'eau d'égout soit devenue inoffensive, moins impure que ne l'est celle des nappes superficielles oii on la déversera, tout au moins à l'abri de fermentations ultérieures.
L^'épuration biologique, qui, parmi les traitements arliticiels, donne les résultats hygiéniques les plus satisfaisants, et qui a le très grand mérite de pouvoir s'appliquer partout, aussi bien que les procédés mécaniques ou chimiques, est assurément appelée à un développement considérable : elle ne saurait manquer de rendre de nombreux et incontestables services et constitue — ainsi que le constatait à Bruxelles, en 1903, le dernier Congrès international d'hygiène — - un « moyen de plus », assurément précieux, mis à la disposition des ingénieurs sanitaires et dont ils tireront grand profit. Elle n'a pas, il est vrai, réalisé, comme on l'avait cru et annoncé d'abord, la suppression complète des boues, des dépôts : à défaut de précautions spéciales, les fosses septiques doivent être vidangées de temps à autre^ les lits de contact ou de percolalion s'encrassent et se colmatent, ainsi que le reconnaissaient, dès i90J, à Glasgow, les spécialistes anglais ; mais il suffit d'y ajouter un mode de dégrossissage préalable, bien conçu et bien dirigé, pour avoir raison de cet inconvénient. Dans bien des cas, comme à Leicester, elle pourra devenir même un utile adjuvant de l'épuration par le sol, etc., lui fournissant le régulateur qui souvent y fait défaut, soit pour parer aux afflux exceptionnels en temps de grandes pluies, soit pour recevoir en certaines saisons ce que ne peuvent absorber les terres en culture.
Quant aux procédés chimiques, s'ils doivent encore rendre des services, surtout à titre accessoire, par exemple pour le dégrossisage préalable qu'on mentionnait plus haut, il n'est point douteux qu'ils se trouvent désormais rejetés au second plan : le coût élevé des réactifs et la fâcheuse accumulation des boues les condamnent. En Angleterre on n'hésite plus à y substituer l'épuration biologique, ainsi qu'en témoignent et la transforma-
tion entreprise à grands frais par la ville de Manchester, et le projet dont le Conseil de comté de Londres semble disposé à commencer bientôt à son tour la réalisation. En Allemag-ne, on tend même à y substituer de simples traitements mécaniques : les établissements d'épuration chimique, établis à Francfort et à VViesbaden en 1888, et qui étaient cités comme des modèles, n'existent plus ; dans les mêmes bassins, plus ou moins agrandis, on ne fait plus qu^une simple décantation, dont les autorités gouvernementales se contentent désormais, les considérant comme équivalents au point de vue sanitaire et d'une exploitation sensiblement plus économique.
Dans ce pays, au surplus, Temploi des procédés purement mécaniques, de la simple décantation, qui ne peut avoir d'autre prétention que de clarifier et non d'épurer réellement Feau d'égout, est actuellement en faveur : Gassel vient d'en faire avec succès une application remarquable ; des essais intéressants ont été entrepris et se poursuivent dans le même sens à Cologne,
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