CHAPITRE XXVIII
ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUT
de l'azote albuminoïdej mais sans parvenir ni à la minéralisation
absolue que réalise l'épuration par le sol, appliquée avec les soins voulus dans les circonstances favorables, ni surtout à la disparition presque complète des microorganismes qu'elle permet d'obtenir.
Tandis que les analyses régulièrement poursuivies depuis nombre d'années par l'observatoire de Montsouris, sur les eaux de drainage de Gennevilliers, et continuées sur celles des autres cbamps d'épuration de la ville de Paris, n'ont jamais décelé dans l'eau épurée la moindre trace d'azote organique ou ammoniacal, ni manqué de constater la réduction de la matière organique et des microbes aux proportions infimes que l'on rencontre dans les eaux réputées potables, ces mêmes résultats ont été obtenus également à la station d'expérience de Lawrence (Massachusetts) ; on les retrouve, au surplus, presque aussi marqués et non moins caractéristiques, à Berlin et dans les autres exploitations analogues.
Et cependant on n'est pas encore parvenu à triompher complètement des préventions irréfléchies, des répugnances instinctives, que provoque trop souvent l'épuration par le sol, et qui ont trouvé des encouragements dans l'absence constatée des bénéfices culturaux d'abord entrevus ou dans certaines conséquences d'exploitations mal dirigées. On se heurte encore trop souvent, malgré les leçons les plus pro-
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bailles de la pratique, à des objections banales, maintes fois réfutées, telles que la prétendue saturation des terres, qu'on n'a cependant observée ni dans les huertas espagnoles qui remontent au temps de Toccupation des Maures, ni dans les exploitations plusieurs fois centenaires des prés marcite de Milan ou des dunes d'Edimbourg, ni enfin dans les champs d'épuration de Berlin ou de Gennevillicrs, irrigués depuis plus de trente ans; l'impossibilité imaginaire d'irriguer pendant les gelées, contredite par les faits à Berlin, à Paris, à Reims, partout enfin, la température relativement élevée des eaux d'dgout leur ayant toujours permis de se glisser sous la couche superficielle de glace et de maintenir la perméabilité du sol ; l'influence supposée sur la salubrité du voisinage, malgré les constatations contraires de toutes les slatisliques, malgré l'installation par la ville de Berlin d'asiles de convalescents et plus récemment d'un sanatorium au milieu même de ses champs d'épuration ; la défectuosité des récoltes, dont on ne peut nier il est vrai la pousse rapide, le développement remarquable, l'aspect magnifique, mais dont on s'efforce contre l'évidence de déprécier la qualité ou sur lesquelles on tente de jeter la suspicion.
On affirme volontiers, sans preuves d'ailleurs, que l'épuration par le sol est un moyen extrêmement coûteux, et Ton s'empresse d'en conclure à la supériorité des traitements artificiels. Il ne faut pas oublier pourtant que si l'utilisation agricole ne donne pas en général de bénéfices notables, que, si la régie berlinoise couvre tout juste ses frais, et l'exploitation parisienne par affermage lire du loyer de ses champs irrigués un assez maigre produit, la dépense de l'épuration proprement dite, très variable au surplus, n'en est pas moins avantageusement comparable, dans bien des cas, à celle des procédés artificiels, qui comportent des arrosages moins étendus mais plus coûteux, des sujétions particulières d'exploitation, et parfois d'énormes dépenses en réactifs chimiques, ou en manipulation et transport des boues.
Elle demeure assurément la solution la plus complète, la seule parfaite pour mieux dire, au point de vue hygiénique, celle qui doit être incontestablement mise au premier rang et préférée,