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CHAPITRE III. - LES EAUX DE SEPERFICfE

jours à Roanne persiste trois semaines à Saumur. L'intervention des affluents vient d'ailleurs apporter sur le parcours des influences perturbatrices qui se traduisent le plus souvent par des dentelures irrégulières dans les graphiques, même quand il s'agit de cours d'eau tranquilles.

Les divergences de régime se manifestent encore parla durée plus ou moins considérable des troubles : ainsi la Seine à Paris est claire pendant 225 jours par an en moyenne, louche pendant 61 jours et trouble pendant 79 jours, tandis que, pour l'Yonne, les chiffres correspondants sont 316, 25 et 24; pour l'Oise, iO^, 15i et 108, celle-ci beaucoup moins claire que la Seine, celle-là notablement plus. La température de l'eau suit également des lois diverses, s'écartant assez peu de celle de l'air dans les petits cours d'eau alimentés presque exclusivement par des eaux de ruissellement, présentant au contraire de très faibles variations au-dessus ou au-dessous de la moyenne dans ceux qui proviennent de la fonte des glaciers ou qui sont grossis par les nappes souterraines, si bien que des observations thermométriques on peut tirer quelquefois des déductions assez précises sur l'origine de leurs eaux.

!84. Lacs et étaugs. — Les grands lacs naturels sont dus le plus souvent à l'épanouissement des eaux d'un cours d'eau dans une dépression naturelle qu'il traverse : c'est le cas du lac de Genève pour le Rhône, du lac de Constance pour le Rhin, du lac Ladoga pour la Néva, des immenses lacs de l'Amérique du Nord pour le Saint-Laurent. D'autres, alimentés par des ruisseaux ou par des sources, donnent naissance à un cours d'eau comme les lacs d'Annecy et du Bourget. Quelques-uns, dépourvus d'émissaires, ne perdent leurs eaux que par évaporation, comme le lac Fucino en Italie; souvent^ comme le lac Pavin en Auvergne, le lac d'Albano en Italie, ils occupent des cratères de volcans éteints.

Par le barrage des vallées au moyen de digues de grande hauteur, on détermine la formation de lacs artificiels pour leur régime et les propriétés de leurs eaux, peuvent être absolument assimilés aux lacs naturels.

Les uns comme les autres jouent le rôle de bassins de décantation, où les eaux laissent déposer les matières qu'elles tenaient en suspension, se clarifient et acquièrent par là une transparence et une limpidité qui les distinguent nettement de la plupart des eaux courantes : les eaux <lu Rhône, chargées de limon au moment 011 elles se jeltent dans le lac Léman, et dont la coloration jaunâtre forme un contraste avec la belle couleur bleiie des eaux du lac, ne tardent pas à s'y dépouiller de toutes les matières entraînées et en sortent elles-mêmes claires et bleues à Genève; on connaît la belle apparence des lacs qu'on rencontre dans les montagnes, et Ton cite souvent le Wettersee en Suède 011 Fœil perçoit, dit-on, une pièce de monnaie à 35 mètres de profondeur.

Par contre, l'immobilité de ces eaux restreint l'action des agents chimiques ou biologiques, qui tendent à modifier incessamment la composition de celles des rivières : les matières organiques dont elles se chargent n'y sont pas aussi facilement oxydées et détruites que dans les eaux courantes, où l'agitation même facilite la propagation dans toute la masse des effets d'où résulte le phénomène delà purification spontanée.

Une autre conséquence de l'immobilité des eaux dormantes se révèle par l'observation des températures à diverses profondeurs. A la surface, les variations du thermomètre suivent la

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même loi que pour les eaux courantes^ c'est-à-dire qu'elles sont de même sens et seulement de moindre amplitude que celles

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