CHAPITRE IV. — LES EAUX SOUTERRAINES
Le contact prolongé des eaux crinfiltration avec le sol a pour conséquence de les mettre en harmonie complète de température avec les couches solides qu'elles imprègnent : de là cette constance de la température des eaux souterraines, qui en est une des propriétés caractéristiques ; cette température diffère peu de la température moyenne de Tair dans la localité, quand les eaux souterraines s'accumulent dans les couches superficielles du sol (Dhuis9'7à Wl, Vanne à 11% aqueducs de Rome ii' à 16'); elle s'abaisse lorsque l'altitude augmente et tombe à 6' et 5*^ dans les pays de montagne ; elle s'élève au contraire, et d'environ 1^ par 30 mètres de hauteur, quand on puise dans les nappes sises à grande profondeur au-dessous du sol. D'autre part, les eaux souterraines se chargent dans la terre d'une quantité notable de matières minérales, qu'elles empruntent par voie de dissolution aux parois des canaux ou des vides qu'elles parcourent ou emplissent^ et leur composition s'en trouve profondément modifiée. En même temps, et par suite de leur passage à travers les couches perméables du sol et des actions multiples qu'elles y subissent, effets mécaniques ou physiques, réactions chimiques, travail biologique, elles ne tardent pas à éprouver une épuration plus ou moins complète, qui les débarrasse presque totalement des matières solides entraînées et tenues en suspension, d'une partie notable des matières organiques dissoutes, et de la plupart des microorganismes, dont elles se sont chargées précédemment dans l'atmosphère ou à la surface du sol; elles deviennent dès lors parfaitement limpides, plus minéralisées, mais moins riches en substances organiques, et relativement pauvres en germes organisés.
Lorsque, pour aller à la recherche de l'eau souterraine^ on perce la couche superficielle du sol^ pour peu qu'elle soit perméable, on y rencontre bientôt, dans la plupart des cas, une première nappe, qui est appelée nappe phréatique ou nappe des puits. Si l'on descend plus avant et qu on traverse cette nappe, on parvient d'ordinaire au terrain imperméable sous-jacent ; puis, si l'on perce ce terrain même, on rencontre fréquemment une seconde couche perméable aquifère, contenant une deuxième nappe, suivie elle-même d'une troisième, d'une quatrième, etc..