PREMIÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE
Quant aux lacs, lorsque les eaux y font un séjour prolongé, ils en produisent la clarification parfaite : toutes les matières en suspension, même les plus ténues, y compris les microbes, malgré leurs dimensions infinitésimales et leur poids insignifiant, s'en séparent progressivement et tombent sur le fond, qui tend par suite à s'exhausser d'une manière continue et régulière, mais nullement uniforme, ainsi que l'a montré M. l'ingénieur Delebecque dans ses relevés très intéressants des fonds des lacs d'Annecy et de Genève \ puis dans son grand ouvrage sur les lacs français, où il signale la formation de deltas, de ravins, de monticules sous-lacustres.
Aux changements de saison, il se produit, dans l'épaisseur de la tranche d'eau des lacs, des courants verticaux, dus aux variations de densité qui résultent des différences de température : lorsqu'à l'approche de l'hiver, par exemple, Teau se refroidit à la surface, la densité des couches superficielles augmente d'abord, et par suite elles tendent à descendre vers les profondeurs, et il en est de même au commencement du printemps, quand du voisinage de OM'eau, en se réchauffant, passe par son maximum de densité.
Quand un cours d'eau traverse un lac, dont la capacité est suffisamment grande par rapport à son propre débit, son régime en éprouve une modification profonde : les crues viennent s'y étaler et se traduisent le plus souvent par une simple surélévation du plan d'eau du lac. C'est ainsi que le lac Léman met fin au régime torrentiel du Rhône, qui en sort à Genève avec les allures d'un cours d'eau tranquille.