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CHAPITRE V. — ËFFETS PRODUITS PAR LES EAUX

celles qui se précipitent à la suite de réactions particulières, on observe parfois des modifications dans la constitution intime du terrain et plus habituellement dans celle de l'eau elle-même. D'autre part, les variations de niveau des nappes, qui sont la conséquence directe de chutes plus ou moins abondantes d'eaux météoriques, ont pour effet de laisser à sec ou d'humecter alternativement certaines couches souterraines : par là elles en modifient l'état et assez souvent exercent une intluence marquée tant sur le développement de la végétation à la surface que sur la salubrité de la région.

Dans les terrains fissurés, les eaux rencontrent ou se fraient de véritables canaux d'écoulement, où elles prennent des vitesses assez considérables : de nombreuses expériences faites à ce sujet au moyen de la fluorescéine, sous l'impulsion de la Commission scientifique de perfectionnement del'observatoire de Montsouris\ ont permis de reconnaître des vitesses atteignant 100, 150, 200 mètres à l'heure et plus ; et, enjoignant sur la carte les points où la coloration apparaît au bout du même temps, on y a tracé des courbes dites isochronoc/iromatiques qui donnent une représentation graphique des vitesses d'écoulement dans les diverses directions. Ces vitesses caractérisent des courants souterrains capables de produire des effets sensibles d'érosion^ d'où résultent et l'élargissement progressif des canaux et la formation de cavernes, qui prennent parfois des dimensions colossales, et qui, avec leur décoration naturelle de stalactites et de stalagmites, font à juste titre l'objet de la curiosité des touristes : telles les grottes qu'on rencontre en Auvergne ou dans la région voisine de Trieste. Le plus souvent d'ailleurs, les parois des canaux souterrains sont constituées par des matériaux solubles dans l'eau — c'est le cas de tous les calcaires notamment — et dès lors des effets de dissolution viennent s'ajouter aux effets d'érosion pour accélérer l'agrandissement des vides intérieurs ; en même temps la composition de l'eau éprouve des modifications rapides; elle se charge de matières minérales d'une part, tandis que de l'autre elle abandonne, sur les parois des fissures où elle coule, les matières qu'elle

(!) Travaux des années 1899 et 1900.

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