CHAPITRE VI
ment une moitié au moins, soit 130.000 kilomètres : si la période est de trois ou quatre ans, il s'agirait de curer chaque année 32.500 kilomètres, et la dépense atteindrait 32.500x212, soit en nombre rond 7.000.000 fr., moyennant quoi — à raison de 25 mètres au moins de largeur sur chaque rive — on se trouverait assainir 650.000 hectares de terres ; ce serait par hectare une dépense de 10 à 11 francs, très inférieure à la plus-value foncière qui en résulterait et qu'on peut estimer à 30 francs au bas mot, alors qu'elle atteint parfois — comme il est arrivé en Sologne — 200 francs et même jusqu'à 1.000 francs par hectare. Cette dépense apparaîtrait moindre encore et l'opération plus avantageuse si Ton tenait compte de la valeur des vases extraites. L'intérêt général commande donc impérieusement la généralisation du curage des cours d'eau : mais il se heurte à l'indifférence fréquente des propriétaires, à leur inertie, qu'explique, il est vrai, au moins pour partie, la nécessité d'une entente préalable sans laquelle les efforts individuels demeureraient stériles.
11 convient d'observer au reste — et cela ne diminue pas la portée des remarques qui précèdent — que le curage n'est pas toujours et absolument recommandabie en toutes circonstances : si l'on en abusait, on pourrait, en favorisant par trop l'ccoulement sur quelque point, déterminer des inondations à Taval et affamer l'amont, ou, par une fixation intempestive, contrarier la multiplication du poisson. Là comme en toutes choses il faut se tenir dans des limites raisonnables et ne rien faire sans étude préalable et suffisamment approfondie.