‹ Hydraulique agricoleChapitre 25 sur 92 · Moulin de San-Germano · texte numérisé non relu

Moulin de San-Germano

Le Cerva, ainsi que le cours supérieur de la Sesia et de TÂgogna , fournissent aussr plusieurs dérivations, d'intérêt communal, qui sont régulièrement alimentées.

Ces diverses irrigations s'étendent sur des superficies assez considérables , formant ensemble plus de ^0. 000 hectares;

, Pour avoir le total des irrigations actuelles du Piémont, il faut y comprendre encore celles de la partie montagneuse , qui forme le nord-ouest de ce territoire , irrigations qui sont réparties à peu près ainsi qu^il suit :

1* Vallée du Ghîsson et vallons affluents, depuis la frontière de France jusqu'au P6, bMt dans le canton de Pignerol i.240

^ Vallée de la Doire de Suze et vallons affluents; depuis la frontière de France jusqu'aux environs de Turin 1 .530

3« Vallée de la Sture et vallons affluents, depuis les sources de ce torrent jusqu'aux environs de Turin 1.600

4° Vald*Âoste, depuis le pied du Saint-Bernard jusqu'à Ivrée.... 1.020

5" Vallées supérieures de la province de Bielle. 2.050

6* Vallées supérieures de la province de Varallo : 1.160

Ensemble 8.600

AÉSOMft DBS SOPBRFICn» ÀRROStBS IN PIÉMONT.

En récapitulant les superficies irriguées par les divers canaux du Piémont , on arrive, approximativement, au résultat suivant :

beet.

Canaux royaux.. 41 .800

Canaux dérivés de la Sesia 16.000

Canaux dériv^ de la rive droite du Tessin. 21 .600

Canal Charles-Albert 2.200

Canaux secondaires, principalement d'intérêt communal 20.000

Petits canaux des vallées supérieures 8.600

Nombre total d'hectares 1 1 0 . 200

CANAUX PAITICULUIS. 97

A part les canaux dérivés de la Sesia , toutes les autres irrigations laissent peu à désirer, sous le rapport de la régularité ; avantage dont nous ne jouis* soDs ni en Provence, ni le long des Pyrénées.

Dans les provinces du Piémont, on cultive beau* coup de rizières, et cela diminue le total des superficies arrosées, attendu que cette culture exige bien plus d*eau que les autres ; mais les profits qu*elle donne sont trè&-considérables.

Une irrigation fort étendue s'opère encore au sud et à Touest du Piémont avec les eaux de la Sture^ du Gesêo, de la Macra^ de la Mellea du Pellice; et autres rivières ou torrents qui alimentent même des canaux domaniaux, ouverts dans la plaine fertile comprise entre les limites de Garignano , Brà , Pollenzo, Alba et Savigliano. Cette partie haute du Pié* mont, qui comprend principalement les provinces de Coni, Saluées et Pignerolo, possède un très-grand nombre de dérivations.

Les principaux .cours d'eau , afQuents du Pô , qui sont mis à contribution, sur la rive droite de ce fleuve, en deçà et au delà de la Doire de Suze, qui est le plus important de ces affluents, sont : 1* le Giandone, le Pellice, la Chiamosa, le Chison, la Lemma, le Lan^* gone ; et plusieurs ruisseaux provenant de sources importantes ; 2* la Doire elle-même, d'où il part une multitude de dérivations très-intéressantes; puis la Seconda , le Gesso , la Bendole, le Malone et la partie supérieure de TOrco.

Sur Tautre rive on doit ci(er TEIlero, le Pessio et

98 PI<aOIIT.

le.BrobiOy rivières torrentielles qui versent le résidu de leurs eaux dans le Tanaro , la Sture , et ses affluents supérieurs, qui fournissent beaucoup de dérivations; enfin, la Mellea, la Grana, la Maira et la Varaita » qui se jettent directement dans le Pô.

Dans oes deux régions on ne compte pas moins d'une centaine de dérivations, de lougueurs différentes , et dont les largeurs vont de 1 mètre à 5 mètres, avec des portées d'eau variables de 500 litres à 2.500 litres par seconde.

Parmi les dérivations de la Sture» on remarque le canal de Soprana, propriété particulière, servant pour Tarrosage et les usines, ayant de 4"',50 à 5 mètres de largeur moyenne , et portant six roues d'eau de chacune 342 litres, ce qui fait plus de 2 mètres par seconde. Le canal de Cbérasco, à la famille Salmatori, les canaux de Rovere, deCuneo, de Leona, de Sture et de Pertusata , dont plusieurs sont possédés par des sociétés d'arrosants , sont d'une importance à peu près égale. Mais la plus importante des dérivations de la Sture est celle qui est désignée sous le nom denavigUo deBrà, et qui fait partie du domaine privé de S. M. le roi Victor-Emmanuel. Ce canal a , moyennement , plus de 6 mètres et porte 8 roues d'eau ou 2",736 par seconde. Les canaux de Santa- Vittoria etde Pertusata, également dérivés de la Sture, appartiennent encore au domaine privé de ce souverain.

Sur le Tanaro , il n'y a qu'une dérivation importante, qui est le canal de Mussot, appartenant au

CARÀUI PARTICULIERS. 99

marquis Alfiéri. li est des mêmes dimensions et portées d*eaa qne le canal royal de Brà, dont je viens de parler.

Les canaux dérivés de TEIlero et de la Mellea sont moins considérables. On remarque cependant le canal de Carra, appartenant à diverses communes, le canal des Moulins , propriété de Tarchevéché, ainsi qae ceux de Montesino et de Gentallo ; avec trois ou quatre autres petits canaux, appartenant au gouvernement ; la majeure paiiie des antres appartiennent aux usagers.

Les dérivations de la Yarajta , affluent du cours supérieur du Pô, en amont de Turin , sont de médiocre importance; car le canal de Revello, appartenant à la famille de ce nom, et qui porte 1",710 par seconde , principalement pour Tusage des moulins , n'est alimenté que par des eaux de source.

Ce grand nombre de canaux secondaires des provinces du haut Piémont, que je n'avais pas comprises dans mon premier résumé , ne portent pas moins de 85 mètres cubes par seconde. Leurs irrigations, régulières et copieuses, s'étendent sur plus de 90.000 hectares. Mais, comme j'en ai déjà compté partiellement environ 8.000 dans le résumé qui précède, c'est 82.000 hectares, qu'il faut ajouter au chiffre pri~ mitifde 1 1 0.000 pour avoir celui de 1 92.000 hectares qu'on peut regarder comme étant, aussi approximativement que possible, le total des superficies arrosées, en Piémont.

lies provinces de ce pays offrent donc d'excellents

types d*irrigation. Mais ce résultat u'est pas seulement l'œuvre de la nature, il a fallu bien des efforts» des soins et de la persévérance, pour créer un aussi vaste système de distribution de ces eaux qui , dans Torigine, étaient nuisibles à l'agriculture au lieu de lui être profitables ; il faut encore aujourd'hui beaucoup de travaux intelligents et de surveillance, pour conserver ce système, tel qu'il a été successivement établi; et pour obvier aux difficultés, aux contestations , qui naissent fréquemment , dans les rapports soit des usagers, soit des concessionnaires on propriétaires de canaux, avec l'administration publique.

Page 1