Sas du TessîD
met.
LAE6EUKS
entre les bajoyers.
Minimum.
Bel.
Maximum.
mèu 6,26
5,iO
Les plus grandes de ces écluses, même avec la chute maximum de i^'ySO, se remplissent en quatre minutes^ et se vident eu six; avec remploi d'un seul homme, manœuvrant les portes au moyen d'une sim* pie gaffe ou perche à crochet, sans le secours d'aucune machine.
(1) Eu égard aux deux écluses qui sont à double sas, il y a eu tout 14 chutes. — La longueur intérieure du sas est uniformément de 53 métrés.
1 70 LOMBARDfB.
Les chutes, dans le pertuis de transmission, sont utilisées pour des moulins à blé, pilons à riz et au* très usines. Les chutes de Técluser du Lambro sont évaluées à une force de 300 chevaux-vapeur.
Toutes ces écluses, dont Tune est représentée en coupe horizontale, pi. XXYI, fig. 6, sont en maçonnerie de briques et mortier hydraulique; les parements intérieurs du sas , exposée au batillage, sont revêtus de dalles, de marbre ou de granit.
Chaque écluse est terminée, à Taval, par un pont en maçonnerie. Les écluses à double sas ont égale* ment deux ponts de service.
Les biefs, compris entre ces écluses, sont de longueurs inégales ; ce qui tient aux diverses sujétions qu'on a rencontrées dans le tracé du canal; d*abord, par suite des inclinaisons, assez prononcées du terrain naturel dont on devait tenir compte pour ne pas trop accroître les déblais et remblais; mais surtout parce qu'à Tépoque de la création de ce canal*, la campagne qu'il U*averse était déjà sillonnée par une quantité considérable de canaux particuliers, au-dessus desquels il fallait passer, sans leur porter dommage.
Le remplissage du sas se fait, dans toutes ces écluses, au moyen de deux petites buses ou bouches latérales; et, en outre, par les vantelles des portes d'amont, placées, suivant une disposition particulière à la partie inférieure de chaque vantail.
La vidange s'opère par deux ou trois orifices latéraux, débouchant dans le pertuis de transmission.
CAHAl B« PAT». t71
d'art. — Outre les quinze ponts placés sar les écluses, on distingue encore, sur le navi< glio ^quatre ponts en pierre et sept maisons d'habita* tien. Deux de ces maisons servent seulement au loge* ment des gardes éclusiers; quatre servent au logement des gardes et à celui des fermiers des moulins établis sur. les décbargeoirs contigus aux écluses; la dernière est occupée par le garde et par les employés de la perception.
Les autres principaux ouvrages d'art sont : le pontcanal sur le Lambro, composé de deux arches ayant chacune G'fOO d'ouverture (1 ) ; les trois décbargeoirs latéraux, ayant ensemble sept vannesde fond. Enfin 75 aqueducs ou siphons^ pour le passage des eaux privées, qui traversent la ligne du canal, soixante-deux de ces ouvrages ayant dt être construits lors de Téta* blissement du naviglio, qui avait à traverser un pareil nombre de rigoles, ou de dérivations particulières, existant avant sa construction , sont à la charge de rÉtat. Les treize autres étant au contraire d'une date postérieure, restent à la charge des usagers.
Ces ouvrages d'art sont construits en maçonnerie de briques et de pierre de taille ; leurs longueurs varient de 25 à 30 et 33 mètres, eu égard à la traversée de deux routes, de chacune 6 mètres, qui, actuellement, se trouvent placées de chaque côté du canal, sur presque toute sa longueur. Le nombre des siphons proprement dits est de soixante-cinq; les différences
(1) La rite droite forme déversoir.
173 LOMBAADIS.
de niveaa les plus ordinaires qu'ils présentent au-dessus du naviglio, sont entre 1 et 2 mètres, les trois plus fortes sont de 3",80, 3*,65, 3"J8; leurs largeurs varient de 1 à 4 mètres.
La pi. XXIII donne la disposition des principaux de ces ouvrages «Enfin, dix aqueducs simples traversent la ligne du canal, sans exiger aucune disposition particulière* Ces aqueducs ne conduisent que des colatures ; les siphons, au contraire, conduisent tOQS des eaux d'irrigation.
Hors de l'emplacement des ouvrages d*art, le fond du canal est étabK sur le terrain naturel. Quant aux berg;e8 ou talus intérieurs, ils sont munis de perrés, ou revêtements, en maçonnerie de briques, ou en pierres sèches, là où le besoin s'en fait le plus sentir. Dans les prairies les plus exposées au choc des bateaux, au batillage des eaux, ou à la poussée des terres, le pied de ces perrés est, en outre, consolidé par des files de pilotis, avec ou sans moises horizontales. La longueur totale de ces revêtements de talus est de 49.106 mètres; sur quoi 294 mètres sont à la charge des riverains ; ce qui réduit la longueur, à la charge de l'État, à 48.812 mètres. Les pieux de rive placés le long de ces revêtements, principalement aux abords de Milan et de Pavie, et dont l'emploi est reconnu très-avantageux, occupent aujourd'hui environ 2.000 mètres de longueur; leur espacement varie de 0",60 à 2",50 de milieu en milieu.
Les figures 5, 6, et 7 de la pi. XXV, font connaître le détail de la construction des revêtements.
CANiL DK, PATII. 173
Depuis une vingtaine d'années , ce canal est accompagné de deux routes de 6 mètres de largeur chacune; car à droite se trouve la r(Ate de poste » et à gauche le chemin de halage,^ qui a été porté à cette même dimension. Ces deux routes sont accompagnées de forts parapets , ou garde-corps , composés de pilastres, ou colonnettes de granit blanc, surmontées d*une architrave en bois de chêne peint. Dans ceux qu'on établit ou que l'on reconstruit actuellement, les supports et l'architrave sont entièrement en granit , ce qui est bien préférable.
Ce système de balustres en granit , qui dessinent les grands alignements du canal de Pavie, n'est point ici un luxe déplacé; car indépendamment de l'avantage qu'ils offrent comme construction impérissable, cette nature de roche est très-commune dans la localité, et la texture lamellaire de cette variété de granit la rend facile à débiter. Ensuite , comme il s'en travaille une très-grande quantité dans le pays , Thabileté des ouvriers a beaucoup réduit la main-d'œuvre. A raison de 8 francs par chaque colonnette, pilastre ou balustre, de 0^,80 de hauteur, outre la culasse, et de 5 à 6 francs pour l'architrave , dont chaque morceau n'a pas moins de S'^SO à 4 mètres, le mètre courant de ces beaux parapets ne revient qu'à 13 ou 1 4 francs.
11 n'y a qu'un seul hydromètre sur le canal ; il est placé à l'écluse de la Gonchetta , qui est la première, et se trouve à quelque 1 00 mètres des murs de Milan. Celui qui règle l'introduction de Teau dans le canal ,
174 LOMBâEOU.
est le dernier hydromètre da Naviglio-Grande , sitaé aa pont du Trophée.
A défaut d' baromètres gradués, les ouvrages d*art et notamment les seuils, ou bases des portes d^amonl des écluses, peuvent en tenir lieu ; et les gardes chargés de veiller à la distribution des eaux se sont fait , par rapport à ces seuils , des points de repère habituels, dont Tobservation leur suffit.
flwpY^IUuice, entretleii et eum^cs. — La surveillance journalière du canal de Pavie se fait par le moyen de douze gardes , établis dans les maisons éclusières, dont il a été parlé précédemment. Leurs stations sont d'autant moins longues qu'elles sont plus importantes. Elles varient de 3.500 à 5.000 mètres.
Les deux gardes établis aux extrémités supérieur et inférieure du canal , ont à surveiller les dimensions des bateaux qui s'y introduisent, soit en montant, soit en descendant* Us doivent avoir 32 mètres de Iongueur, 4 mètres de largeur, 0*°,75 de tirant d*eau, et 1",20 de hauteur de chargement; cela résulte des dimensions des écluses et des ponts, ainsi que de la hauteur d*eau du canal. Ce contrôle doit être exercé sévèrement, attendu que les bateaux qui naviguent habituellement , soit sur le Tessin , en amont et en aval , soit sur le Naviglio-Grande , ont des dimensions plus considérables que celles qui conviennent au canal de Pavie.
Les chômages du canal ont lieu, deux fois par au \
CAHÀL OB PAYIE. 175
comme ceux du canal da Tessin, dont il dérive ; la première, du 3 mars au i" avril; la seconde, du 17 au 24 septembre. Le chômage du printemps, qui est le principal, a pour but un curage complet, pendant lequel on enlève les graviers et la vase qui s'amassent en assez grande quantité , non par le fait des eaux limpides du Tessin, mais par le fait des crues de * rOlone, et même par suite de celles du Lambro et du Seveso ; car depuis la jonction du canal de TAdda avec le Naviglio-Interno , ces vases et graviers se transmettent, peu à peu, dans les biefs supérieurs de ce dernier, jusqu'à Técluse de Yiarenna; et de là dans la nouvelle darse, qui forme le récipient de toutes les eaux artificielles, coulant dans la ville de Milan, ou aux abords.
Il en est de mémo des immondices provenant des égouts , dont les eaux ne passent pas , en totalité , dans les déchargeoirs de la Yettabia et du Ticinello.
Par ces diverses causes , les curages du canal de Pavie sont fort importants; mais il est une opération analogue plus essentielle encore : c'est le faucardement des herbages, qui y croissent avec une rapidité telle, que malgré les deux chômages dont je viens de parler, on n'a pas encore pu parvenir à empêcher ces herbes de modifier d'une manière trèsregrettable la section ou la portée d'eau du canal. Au surplus, cet inconvénient résulte de la bonté mélne de ses eaux.
En effet, le limoti de la rivière d'Olone^ et surtout une certaine quantité des immondices de la ville ^
176 LOUARDU.
qai se rassemblent dans le bassin alimentaire en canal de Pavie , contribuent puissamment , avec la température du climat , au renouvellement si rapide de ces herbages, qui modifient graduellement sa section, dans le cours de chaque été; de manière qu*il faut la plus grande attention, delà part des préposés, pour y régler, à peu près uniformément , la hauteur d'eau nécessaire au maintien de la navigation et au service des arrosages ; encore bien que ceux-ci aient éprouvé, par ce môme motif, une réduction de près de moitié de ce qu'ils auraient dû être , sans cette cause.
Cette circonstance est tellement fâcheuse, pour la régularité du régime des eaux , que Ton avait pensé sérieusement, dans ces dernières années, à paver d'un bout à Tautre , en dalles de granit, les 33 kilomètres du navigiio , entre Milan et Pavie , ce qui eût entraîné une dépense énorme.
L'observation faite, sur l'importance des modules, dans une circonstance analogue, à l'occasion du canal de Bereguardo, décrit au chapitre précédent, se reproduit exactement ici.
Les frais d'entretien ordinaire et de curage , à la charge de l'État , se mettent en adjudication , par baux de neuf années. Le montant habituel de ce bail est de 41.430 livres d'Autriche, ou de 35.945'', 10.
PMtée d'eav, li#«elics, Irrly atfons, eie. — Le
volume d'eau transmis au canal de Pavie par le Naviglio-Grande n'est, en été, que de 142 onces mila-
CANAL DK PAYIE. il!
naises, de 5"'%96i par seconde. Dans rorigine, la dotation qui lui avait été assignée était de 4 50 à 4 60 onces, quantité encore bien au-dessous de la demande d'eau qui a lieu sur cette ligne. Mais Texpérience eut bientôt démontré que ce volume ne pourrait pas être contenu dans le canal , en été , d'après Tabondance des herbes aquatiques qui y croissent rapidement en cette saison ^ et y occupent une place considérable, aux dépens de sa section libre; car les fancardements, même répétés deux fois par an, sont impuissants pour combattre efficacement ce préjudice.
Il n'eût donc été ni utile ni prudent de persister à envoyer dans le canal dé Pavie une quantité d'eau surabondante, et en conséquence sa portée effective fut réduite, en été, à 1 42 onces, comme il est dit plus haut.
Ce volume n'est pas rigoureusement limité par des modules; on le règle seulement, par approximation, en raison de la hauteur d'eau qui coule sous l'arche du pont du Trophée, origine de la dérivation. Le garde du dernier bief du Grand-Canal, situé en amont de ce pont, a pour mission d'entretenir au-dessus de son radier, paria manœuvre convenable des dernières vannes, 1'',50 de hauteur d'eau, qui se réduisent ensuite à 1",20 au-dessus des radiers des écluses et sur le fond du canal.
En hiver, cette hauteur est plus considérable d'environ 6 centimètres, car la quantité d'eau dont il se trouve privé en été, lui est rendue, avec usure, pendant l'autre saison ; et alors, sa consommation est
178 LOHBUmU.
déplus de 8°,400 (âOOoncee) ; alteDdoqùe^ comme je Fai déjà fait remarqaeri les 60 onces que Ton prélève sur le NavigUo-^raude viennent se joindre aux 44S que reçoit d^à celui de Pavie. Cette circonstance tient à ce qu'une demande considérable des eaux d'hiver a eu lieu sur ce dernier canal, avant de se manifester au même degré sur celui qui Talimente.
Les bouches de prise d*eau sont an nombre de vingtcinq. Il yen a six à droite et dix«»nenf à gauche ; leur portée ordinaire est deS à 6 onces ; elles servent principalement aux irrigations, mais aussi an roulement de plusieurs usines ; les deux plus grandes, qui sont^les bouches Bannelti, Tune à droite, Tautre à gauche, sont chacune de 4 3 onces, mais partagées en deux modules de 6 onces chacun, comme cela se pratique toujours actuellement en pareil cas (1). La plus petite, qui est la bocca Calderara, est de 4 once \/%
En été, ces bouches débitent environ 92 onces d'eau qui ne rentre plus dans le canal. ATexception de deux, toutes sont pourvues du module milanais ; quatorze, représentant ensemble une dépense de 76 onces 4/2, ont droit à Tenu continue, d'après des contrats définitifs. Les autres ne la reçoivent qu'en vertu de locations annuelles ou temporaires.
Outre l'inconvénient des herbes dont il a été parlé plus haut, le canal de Pavie éprouve encore d'assez fortes filtrations; ce oui tient à l'époque peu ancienne
(i) Voir plus loin le chapitre traitant des Modules , dan» lequel il est doonè des explicatione sur cette restriction insuffisante.
CÀHÂL DB PÀVIE. 179
de 80D achèvement, sar certains points. Le sable fin que charrient les eaux du Tessin doit être de nature à diminuer ce préjudice, avec Taide du temps^ en s'introduisant peu à peu dans les parties les plus perméables du sol, sujet aux pertes d'eau.
Eu égard à ces difiérentes causes de déchet, les irrigations d*été ne s'effectuent que sur une superficie de 3.600 hectares. Mais le supplément qui a lieu en hiver porte à plus de 6*,720 (160 onces ) la quantité distribuée en cette saison.
Le prix de Teau , ou de Tarrosage, est ordinairement moindre que sur le Grand-Canal.
Les droits de péage sur ce naviglio continueut d'être réglés par l'édit de Marie-Thérèse, du 1 0 juin 1778, ainsi que par les décrets des 5 janvier 1 808 et 18 décembre 1820. Les produits, qui étaient, en 1 823, d'environ 30.000 francs, dépassent aujourd'hui iS.OOO francs.
Sur près des trois quarts de sa longueur, le canal de Pavie est déjà pourvu de perrés et revêtements de berges, dont j'indique le système à la pi. XXY. Il le sera bientôt en totalité, car la nature du sol dans lequel il est ouvert, rend cette précaution nécessaire, contre les éboulements et les filtrations.