CHAPITRE DOUZIÈME
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CÀIUUl D1YEB8.
Irrigations des provinces de Bergame, Crema et Crémone.
Eo coDtinnant de suivre la marche qae j'ai adop* tée j dès le commeDcement des descriptioDS contenues dans ce volume^ je parlerai d'abord des irrigations effectuées à l'est du territoire milanais, par le moyen de divers canaux dérivés de la rive gauche de TAdda. Elles jouissent de la régularité que procurent la situation avantageuse et le grand volume de cette rivière. Ces dérivations sont au nombre de trois, savoir :
Uitm
{• Boggia Vajlata, de 3-,740 S»
Sr Naviglio R^torto, de 8-,a60 190
3* Roggia Rivoltana, de ; . . . . 6-,64i 151
Ensemble i S«,74i 426
La première et la troisième desservent les provinces de Bergame et Crema, la seconde le territoire de Crema seulement.
L'Oglio qui sort du lac d'Iseo, avec un volume réguiiert fournit aussi de bons arrosages auK terrains situés sur cesdeuK rives. Les provinces de Bergame et de Crémone, profitent principalement des eaux distri«>
S38 LOMBARBIB.
baées sur la rive droite. Les cinq canaax existant snr cette rive, sont les suivants :
Lllrtt. OncM me. mil.
1* Roggia Sale, de la portée de i ,0i2 23
îr Roggia Madama 1,760 34
3* Naviglio Civico, ou de Crémone.. .. 18,480 420
4* Naviglio Pallavicino (ancien) 3,960 90
5* Naviglio Pallavicino (nouveau) 3,168 72
Ensemble 28,380 639
La province de Bergame use également des eaux du SeriOy qui alimentent neuf dérivations principales, dont les six premières sont à droite, et les trois dernières à gauche. Voici leurs noms et leurs portées :
LilrM. Odcm.
1* Roggia Serio 1,912 45,50
2* Roggia Morlana. . .' 1 ,490 35,50
3* Roggia Guidana 0,4^ 11,00
4* Roggia Vescovana 0,336 8,00
• 5* Roggia Fonte Perduto 0,294 7,00
6* Roggia Secchia. 0,378 9,00
7* Roggia Borgognona 1 ,302 31 ,00
8* Roggio Bonsaporta 0,966 23,00
9* Roggia Cattanea 0,462 11,00
10* Six autres roggie de moindre importance 2,940 70,00
Ensemble 10,542 251,00
Six canaux d'arrosage sont dérivés du Brembo ; le premier, qui est sur la rive droite, dessert le territoire de Bergame, les quati*e autres, sur la rive gauche, s'étendent sur celui de Crema, Ils sont disposés ainsi :
CANAUX Dirns. 229
Uïtm.
V Seriola de Filago 0,96e 83
8* RoggiaBrambilla.... i,4S8 3i
3« Roggia Visconti • 1,890 45
4* Roggia Trevigliese 2,866 68
6* Roggia Melzi 0,966 83
6' Soriola Aliniaa 7,188 171
Ensemble 15,888 364
DanslestroisprovincesdeBergame, Crema et Crémone , les dérivations réunies de TAdda, de FOglio, du Serio et du Brembo, Litm. oseMi représentent donc ensemble. 70,770 1 . 685
irrigations alimentées par des sources. • . 8,400 800
Total des eaux d'été employées dans ces
provinces 79,170 1 .885
Arrosant, eu égard aux rizières, environ 68.000 hectares,
irrigatioDs de la proTince de Brescia.
Les principales BODt celles qui sonteffectuéesà l'aide des dix canaux de la rive gauche de TOglio ; plusieurs d'entre eux sont importanis, et Je lac d'Iseo leur pro* cure une alimentation bien réglée. Voici leurs noms et leurs portées :
LItrw. 0mm.
1* Roggia Fusa 6,363 151,50
8* Seriola di Ghiari 8,400 800,00
3* Seriola Castrina •*. . . 6,048 1 44,00
4* Seriola Trenzana 4,800 100,00
5* Seriola Bajona 4,884 108,00
6* Seriola Rudiana 8,541 60,50
7* Seriola Castellana 3,408 81,00
8* Seriola Vescovada 3,360 80,00
9^ Seriola Rovati 3,570 85,00
10* Seriola di Orci-Nuovi 8,100 50,00
Ensemble 44,868 1 . 054,00
La première de ces dérivations, la roggia Fusa ou Foria prend naissance, tout près du point où la rivière sort du lac, au lieu dit Monte-Fosio, d*où elle a tiré son nom. Elle fut ouverte en 1347, par les soins des comtes d^Iseo, seigneurs de cette contrée dans le moyen àge« Pendant les guerres qui ensanglantèrent ritalie dans le xvi* siècle, cette propriété changea plusieurs fois de mains ; mais depuis longtemps elle appartient à la commune de Novate, qui en retire un très-grand avantage.
Ce canal est un de ceux qui furent compris dans les traités conclus au xviii* siècle, entre rimpératrice Marie-Thérèse et la république de Venise, par suite de ce que l'Oglio, d'où il dérive, formait jadis frontière entre les États de ces deux puissances. Le traité qui concerne la roggia Fusa, est celui dit de Yaprio, en date du 17 août 4754.
Avec une largeur réduite d'environ 8 mètres, la roggia depuis son origine jusqu'à Rovate, est navi* gable sur 30 kilomètres de longueur, pour de petits bateaux qui chargent 1.000 à 1 .200 kilogranomes, ce qui est très-utile au pays situé dans le voisinage du lac, au nord de la province de Brescia. Les irrigations qu'il procure ont lieu principalement sur les communes de Erbusco, Rovato et autres territoires voisins.
La même province reçoit aussi les eaux de la Mella, rivière de médiocre importance, dont le régime n'est pas constant. Elles sont distribuées au moyen de six
CANAUX NTBES. SSI
petits canaaXy le premier à droite, les cinq autres à gauche; ils sont distribués ainsi :
Ulfti. teeM.
V Seriola Gambarese. 2,436 &8
V Canal Celato i ,260 30
3 FiumeRoTa 2,352 66
4* Fiume grande 2,226 53
5* Seriola Gapriaua , . . 1,890 45
6' Seriola Morica 1,470 35
Ensemble 11,634 277
Enfin, elle profite encore des arrosages plus considérables que lui procure la Ghiese; mais ils n*ont pas non plus la régularité désirable. Trois canaux s*ali< mentent dans cette rivière, le premier, qui est à sa droite, est le plus important.
LItrM. Oncw.
TNaviglio 9,960 230
r Seriola Lonata 7,960 190
3** Seriola Calcinât» 1,565 37
Ensemble 19,495 457
Irrigations alimentées, dans la province de Brescia, par les eaux de FOglio, de la iitrM. obom.
Mella et de la Ghiese 75,096 1.788
Eaux de source employées 4,704 112
Volume total des eaux d'été consacrées
aux irrigations 79,800 1.900
Ce volume d'eau arrose, dans les mômes circonstances que ci-dessus, environ 62.800 hectares.
332 LOMBAlIftlI.
Irrigations des proTinces de Maotoiie et Vérone.
La majeure partie des eaux qui arrosent le territoire de Mantone, est dérivée du Mincie, par le moyen du canal connu sous le nom de Fossa di Pozzuoloj qui remonte à une origine extrêmement ancienne. La prise d*ean et les autres principaux ouvrages de ce canal furent détruits dans la guerre de 1 630 ; de sorte que les eaux débordèrent sur les campagnes, où elles causèrent de grands dommages. Les usagers de cette dérivation empruntèrent alors une somme de plus de 200.000 francs, pour subvenir aux reconstructions et réparations nécessaires. En 1637, il y existait déjà quatorze bouches, distribuant ensemble environ 200 onces d'eau; leur partage entre les usagers se faisait par heures; et en raison de retendue des propriétés respectives, mais sansqu'on suivit de règlebien fixe à cet égard. Des règlements dont je parle dans le tome II, sont intervenus ensuite pour régulariser cet usage.
La prise d'eau dans le Mincie est effectuée sur la commune de Pozzuolo, au sud de Mantoue, au moyen d'un grand barrage de 420 mètres de longueur, formé de blocs et libages , revêtus de fortes dalles, la plupart en marbre, maintenues par des pieux de rive. Dans ce barrage, qui est établi très-obliquement sur l'un des bras de la rivière, il y a cinq déchargeoirs ayant ensemble seize vannes de fond. La prise d'eau proprement dite, que l'on nomme l'ouvrage de Poz-
CAlfALX DllTBRS. S53
zuolo (Edifizio di Pozzuolo) , consiste en une martellière de huit Tannes, ayant chacune, comme dans le Milanais, 0",87 de largeur. Anx abords et en aval de cette embouchure, sur une assez grande longueur, les rives du canal sont revêtues de perrés, les uns avec mortier, les autres à sec. Le canal de Pozzuolo, qui a moyennement 1 0 à 4 2 mètres de largeur et un développement considérable, se ramifie en plusieurs branches, au moyen desquelles ses eaux sont presque entièrement épuisées avant d'arriver au Pô, à la droite duquel elles aboutissent cependant.
La pi. IX représente , fig. 1 , le plan de la partie supérieure de ce canal avec ses premiers embranchements, et dans la fig. 2 la même planche représente les détails de la prise d'eau au Mincio.
Enfin les fig. 2, 3 et 4 de la pi. XXI représentent les plans et coupes des ouvrages de la prise d'eau avec la maison de garde qui a été récemment construite.
La portée d'eau du canal de Pozzuolo, varie de 16 à 1 8 mètres cubes par seconde ; en moyenne 1 8 mètres cubes (1 )•
Les territoires irrigables des provinces de Mantone
et de Vérone, confinent à de vastes marais; dans les
années pluvieuses, on n'y pourrait presque rien ré« colter ; mais la culture du riz, qui y a pris, depuis
(1) Le quadrettoy modale de Vérone, étant de 140 litres par seconde, la portée d'eau, ezprinée en mesures du pays, est répvtée de 128 qitadTfttù
SS4 LOMBAtDII.
longtemps, une très'-grande extension, donne des prodnits importants et y est extrêmement Incrative.
Outre le canal de Pozzaolo, qni puise ses eanx dans le Mincio, les arrosages des provinces de Mantoae et Vérone s'alimentent de plusieurs rivières, dont les principales sont le Tartaro, le Tartarello, le Pîganzo, le Tione, TEssere, l'Esseretto, la Frasca, TOsone, etc. , auxquelles il faut joindre le lac de Derotta, et plusieurs sources importantes. Soixante«dix bouches, formant Torigine d'un pareil nombre de canaux se* condaires, existent depuis une époque très-ancienne pour la distribution de ces eaux, qui a été réglée avec beaucoup de soin, attendu qu'elles se parlageaient entre deux États différents, à Tépoque où la province de Mantoue, appartenant toujours à l'empire d'Autriche, celle de Vérone, était possédée par la république de Venise (1).
Je cite, dans le tome II, les dispositions règlement» t aires des traités conclus, à cet effet, entre ces deux gouvernements.
Les arrosages dont il s'agit se répandent princi* paiement sur les communes de Castiglione, Medole , Guidizzolo, Geresara, Goito, Rodigo et Curtatone; les mêmes eaux servent aussi au roulement d'un grand nombre d'usines,
La superficie irriguée dans ces deux provinces est aujourd'hui d'enuiron 43.400 hectares, parmi lesquels on compte plus de 1 8.000 hectares de rizières.
(1) Cette même sitnation existe de DOUTetu anloardlmi, par suite de la constitution du royaume d'Italie.