‹ Hydraulique agricoleChapitre 57 sur 92 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

m VVDIM SPtCUl DM lÂUX Dl gOmCI POUB L'niftlGATION.

Obsenratîons préliminaires.

Uindostrie artésienne, qni a déjà acquis une im* portance réelle, d'après les services qu'elle rend aux manufactures 9 prend un intérêt plus sérieux encore lorsque Ton considère que c'est Tagriculture qui doit un jour profiter le plus largement des ressources qu'elle présente* En effet, l'application des eaux souterraines aux usages de l'industrie se trouve circonscrite dans un rayon assez restreint autour des centres de population. Loin des lieux habités, la création d'une nouvelle usine n'offrirait pas généralement d'avantages , eût-elle même la force motrice pour rien. L'irrigation , an contraire, est toujours prête à utiliser partout les ressources nouvelles que Ton pourra se procurer.

Les manufactures réclament les eaux de cette espèce , principalement jaillissantes et pouvant don* ner immédiatement de fortes chutes, tandis que, pour l'amélioration agricole , on trouvera un em« ploi productif aux eaux de sources artificielles, amenées même à un niveau inférieur à celui du terrain où Ton a creusé ; car, à la faveur des pentes naturelles du sol, on conduira toujours ces eaux, par

une dérivation plus oa moins directe^ sur les terrains qui se trouvent à un niveau convenable pour en pouvoir profiter. Le grand point est d'en obtenir qui soient abondantes et dont le volume se maintienne pendant la. saison d'été, la seule pendant laquelle Teau est véritablement précieuse, pour l'irrigation proprement dite.

Il est donc hors de doute que Tarrosage effectué au moyen des eaux de sources , naturelles on artificielles, peut rendre de très-grands services à l'agriculture. Leur utilité se manifeste soit dans les positions élevées, où Ton ne pourrait aisément conduire des dérivations, soit dans les positions ordinaires, où cette ressource s'ajoute, comme un supplément quelquefois très - important , à celles qu'on s'est déjà procurées, au moyen des eaux courantes ordinaires. Si Ton se demande quelles sont les contrées assez favorisées pour jouir, à la fois , de ce double avantage, c'est encore la Lombardie, et le Milanais en particulier, que Ton trouve à citer, en première ligne; tant ce pays semble avoir été prédestiné à tirer la plus grande partie de sa richesse de l'immense développement qu'on y donne aux emplois utiles de l'eau.

Il est vrai que, pour les conquêtes de ce genre, la présence des avantages obtenus et réalisés, dans les pays de grande irrigation, est un stimulant bien plus puissant que le simple espoir des mêmes avantages, à obtenir dans les pays qui n'en jouissent pas encore. C'est ce qui explique comment les travaux

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spéciaux ayant pour objet raméaagement des eaux de source sont venus se grouper autour du principal centre des travaux de Tirrigation par les riviè* rcs. Là on connaissait au plus juste la valeur de Teau j les ressources qu'elle offrait, et , dès lors on n'a pas regardé à faire des avances pour des recherches qui ont été presque toujours couronnées d'un plein succès.

Ce n'est pas un petit avantage que de se procurer, à peu de frais , de pareilles eaux, dans les lieux où elles se présentent avec abondance, et où leur emploi est aussi avantageux qu'il Test dans le Milanais. Comme il est admis dans toutes les législations que le propriétaire du sol est également propriétaire des sources qui y naissent, soit naturellement, soit artificiellement ; c'est le prix des eaux concédées à perpétuité dans le pays , qu'on doit prendre pour terme de comparaison de la valeur des sources obtenues, soit par des recherches spéciales , soit par le creusement d'un canal de dérivation.

Or le prix courant des eaux de cette espèce, établi par la concurrence, sur les bases des minima fournis par les tarifs du gouvernement de la Lombardie, est 12,000 francs l'once, prix très-modéré, ainsi que le démontrent les développements donnés à ce sujet dans un des chapitres suivants. D'un autre côté obtenir 8 à 10 onces d'eau, par des travaux particuliers exécutés sur les terres d'un seul propriétaire, est une chose qui se voit tous les jours dans le Milanais. C'est donc, dès lors, un capital de

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100 à 420,000 fraDOS que Ton peut créer aioei sw sa propriété, avec an sacrifice miDime, consacré aux travaux de recherche ou de condaite des eanx de source; ei souvent même sans avoir besoin de recourir à des travaux spéciaux.

Je ne raisonne nullement sur une hypothèse ; et les personnes qui ne connaissent pas le Milanais pourraient seules soupçonner ici de Texagération ; car, sur cent canaux particuliers, pris au hasard dans le grand nombre de ceux qui sillonnent cet heureux et riche pays, on en trouverait difficilement dix qui ne tirent pas de l'emploi gratuit des eaux de cette nature une ressource supplémentaire, équivalente an cinquième, au quart ou au tiers de leur dotation principale, acquise à titre onéreux, dans les canaux du gouvernement. 11 y en a pour lesquels cette proportion atteint et dépasse la moitié. Ainsi, le canal de la famille Tavema , qui a maintenant 24^,50 de longueur, et qui dérive du Naviglio-Martesana sur le territoire de Milan, dans la commune deGoria, avait, dans son ancien état , 6 onces d*eau de source, et à peu près autant d'eau dérivée. Depuis son rétablissement sur une plus grande échelle, il dérive 1 0 onces, mais en même tempe il utilise un volume à pen près égal d*eau de sources, obtenue dans Texécution des nouveaux délais. Cela porte son débit total à 20 onces, ou à près d*un mètre cube par seconde. I^ Cavo Calvi, petit canal de 12 kilomètres de longueur, qui dérive du Naviglio-Grande, est dans le même cas; sa portée totale de 8 onces se compose de

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4 ODces d*6au de sources et de 4 onces d*eaa dérivée. Enfin, on pourrait citer les canaux des familles Litta, Cattaneo, Barinelti, Yisconti, Borromeo, Melzi, Belgiojozo, Bolignini, et beaucoup d*autresy qui tirent également un grand parti des eaux de sources. D'après cela je pense que personne ne trouvera superflu les détails donnés ici » sur les moyens que Ton emploie pour rendre disponibles et pour utiliser les eaux de sources , au point de vue des arrosages.

De Mm redierrke des «•nrees. — On avait accrédité, dans le courant du xvu* siècle, de vraies fables sur la manière de découvrir^es sources. Rien de ce qui touche à cet objet ne pouvait être accueilli avec indifférence, dans Tltaiie septentrionale; aussi, ces moyens, tout chimériques qu'ils étaient, ont eu long* temps beaucoup de faveur, dans cette contrée; et Ton s'y occapa très^sérieusement des propriétés de la ba* guette divinatoire, ainsi que d'autres inventions non moins puériles, dont on peut voir une description complète dans divers écrits du temps; et notamment dans VÉlecirométrie animale du chevalier Anïoretti«

Ceci était Tœuvre du charlatanisme, qoi^a toujours su recourir aux déguisemnts profitables à ses inté* rétt. Hais en dehors de ces préjugés , il est cependant vrai qu'il existe^ pour des observatrars exercés, certains indices propres à faire recoanattre r«xifliemoe d'une source, là où rien ne semblerait pouvoir

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mettre sur sa trace. Voici qaelques*unes de ces indications :

1 * Au printemps , des places on Tberbe se montre d'un vert plus vif , dans la nuance générale d'une prairie; ou bien la couleur plus foncée delà surface du soi, s'il s'agit d'un terrain labouré.

S*" Pendant l'été, des moucherons voltigeant en colonne et se tenant dans un même endroit, à peu de distance au-dessns du sol.

3* En toute saison , des vapeurs sensibles, s'éle* vant le matin et le soir au-dessus des places dans lesquelles la proximité de l'eau suffit pour augmenter l'humidité naturelle de la surface du sol.

C'est pour cela queues fontainiers-experts (profession qui existe encore en Italie) se rendent, dès la pointe du jour, sur les lieux où on leur demande une recherche de sources ; puis , en se couchant sur la terre, ils regardent avec attention dans la direction du soleil levant, pour tâcher de découvrir s'il est, dans le voisinage, des points d'où il s'élève des vapeurs plus sensibles que cela n'a lieu sur le reste de l'horizon.

Gomme les sources que l'on est dans le cas de rechercher n'existent jamais qu'à une certaine profondeur au-dessous de la surface du sol , les divers indices dont il vient d'être question sont bien souvent insuffisants , et le seul qui soit véritablement efficace est le sondage ; mais pour choisir convenablement les lieux«où ces sondages peuvent être faits avec quelque chance de succès, il faut des connaissances géo-

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logiques, qui ne sout point à la portée de tout le monde et qui ne sont même pas assez répandues parmi les ingénieurs. Il existe néanmoins quelques indices parliculiers, consacrés par l'expérience et pouvant servir à connaitre, dès le commencement d'une opération de sondage, si l'on a des chances favorables pour rencontrer des eaux de source.

Ainsi, c'est une observation constante, dans la Lombardie , et je crois même dans tout le nord de ritalie, que partout où l'on rencontre, eu creusant au-dessous de la couche végétale, un banc naturel de gravier ou du sable quartzeux, blanc et fin, c'est un signe assuré qu'après avoir percé ce banc on trouvera, au-dessous, une nappe d'eau, qui s'élèvera, par le forage, de manière à couler à un niveau plus élevé que sa couche supérieure.

Ou a eu recours à des moyens plus ou moins détournés, pour expliquer le jaillissement de l'eau dans les puits forés; mais l'explication la plus satisfaisante est celle que Ton a donnée la première ; car il est hors de doute qu'il s'agit d'obtenir un siphon renversé, dont la branche la plus courte est l'ouvrage du sondeur, mais dont la branche la plus longue est celui de la nature.

En Italie comme en France, il est des localités dans lesquelles il suffit de percer le sol à une cer« taine profondeur pour obtenir des eaux jaillissantes. Cela a lieu sur une partie du territoire situé au pied du revers septeutrional de l'Apennin (voir la Carte générale, pi. I) ; par exemple, dans les environs de

%4t LOHBAAMI.

IModène et dans nn rayon de 10 oa 42 kilomètres de cette ville. Du moment qu'on y perce un certain banc, qui n*a que 20 à 21 mètres de profondeur, au-dessous du niveau de la campagne, on obtient constamment une eau jaillissante, qui, dans le premier moment de son irruption, entraîne avec elle du sable, des cailloux , des fragments de bois calcinés et autres matières ; puis elle s*éclaircit et coule ensuite assez régulièrement. On a remarqué: 1^ que les eaux de la plaine de Modène jaillissent toutes exactement à la même hauteur ; 2* que l'ouverture d'un nouveau forage dans une localité où il en existe déjà amène d*abord un certain ralentissement dans la régularité du débit des fontaines voisines; mais qu*aa bout de quelque temps, celles-ci reprennent leur cours accoutumé. Cela ne peut guère s'expliquer que par l'existence d'une nappe d'eau souterraine, alimentée par un ou plusieurs bassins d'un niveau supérieur. Ces bassins pourraient être ou des réservoirs situés dans les vallées de l'Apennin, ou les eaux mêmes du cours supérieur de la Seccbia et do Panaro, qui coulent dans le voisinage.

Dans les cas semblables, on sait toujours à quelle profondeur on devra creuser pour trouver Teau ; et quant à son volume, il est à peu près proportionnel à la section des orifices. Mais ces considérations s'appliquent entièrement à l'industrie des puits forés proprement dits; et ainsi que je l'ai déjà remarqué, les eaux jaillissantes qu'ils procurent, généralemeiit à grands frais, sont beaucoup plus intéressantes pour

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rindustrie ipanufacturière que pour l'iQijqstrie agricole, qui utilise Teau au moyen de simples dériva* lions el non au moyen de chules.

Procédéfi employés pour canaliser les eatim.

de soiwees. — Je me bornerai donc à indiquer ici, sommairement, les moyens qu'on emploie pour utiliser, non pas des eaux jaillissantes, mais des eaux de sources, capables seulement de couler, soit à la surface du sol naturel , soit même à un niveau un peu inrérieqr. Il importe surtout de connaître ce qui se pratique à cet égard, depuis une époque très-ancienne, dans le Milanais; car ce territoire, formé de ceux des trois provinces de Milan , de Pavie et Lodi , se trouve peut-être, sous le rapport des eaux suterraines, dans des conditions plus remarquables encore que sous le rapport des eaux courantes ordinaires, dont tout le monde sait qu'il est si admira*»blemenl doté.

Les grands déblais exécutés dès les xu' et xiii* sièf clés, pour l'ouverture des plus anciens canaui^ du pays et pour celle de leurs nombreuses ramifications, firent bientôt constater ce fait. Dès lors, la possibilité de recueillir ces sources, abondantes et nombreuses, et de les employer à la fertilisation du sol devint un nouveau stimulant pour l'agriculture, en créant un supplément très-important aux ressources, déjà si grandes, que les canaux du pays offrent à rirrigation.

Cest un résultat fort important que de pouvoir

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les eaux sur le liea où elles peuvent se répandre à la surrace du sol. Il y a donc dans cette recherche un point auquel il est nécessaire de s*arrêler, si Ton ne veut pas faire une opération dispendieuse et sans profit.

Quand, par la découverte de plusieurs sources , où a formé une tète de fontaine, d'une capacité plus 6u moins grande, ces sources que, dans ce cas, on ûomme, en Lombardie, yeux de fontaine j étant ainsi mises à nu par des déblais, sont exposées à s'ob- Btrtier promptement, soit par Téboulement des terres de la fouille, soit par la chute de divers corps étrangers, dans le bassin, soit enfin par les matières que Teau jaillissante charrie assez fréquemment. Il importe dès lors à la conservation des ouvrages que Ton pourvoie à cet inconvénient.

Le moyen .que Ton emploie consiste ft placer, sur tïhaque source, une tinelle {tinaon tinella), espèce de tonneau de forme cylindrique, ou légèrement coniqtie, en bois d'aune ou de chêne, représenté fig. 5. On enfonce ces tinelles dans la terre, de manière à bien encaisser les sources, et, de sorte que leur bord supérieur dépasse un peu la surface de Feau, dans le bassin (fig. i). Leur hauteur est variable, suivant celle du niveau que Ton juge devoir maintenir dans ce bassin; leur épaisseur varie de Qu'yod b 0'*,05 ; elles ftont reliées par ti*ois cercles de fer, et mieux pat* quatre. Leur prix, en bois d*auhe de première qualité, varie de 12 à 15 francs. Quant elles sotit exposées à Paction de Tait*, leur durée

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n^est que de dix à dotize ans. Cette durée est , an contraire, presque illimitée, si elles restent toujours plongées sons Tean.

On pratique dans le bord supérieur des tinelles (fig. i et 6) une échancrure , proportionnée au débit de chaque source ; et enfin, si on le juge nécessaire. on les recouvre entièrement, comme cela est représenté fig. 4. Néanmoins, je ne pense pas que cet usage soit généralement suivi ; car, dans la plupart des tètes de fontaine, que Ton rencontre en si grand nombre dans les provinces de Milan , Pavie et Lodi, les tinelles sont découvertes.

La fouille qui doit former une tête de fontaine est poussée ordinairement jusqu'à 0°",30 au moins en contre-bas du niveau où les sources jaillissent distinctement. Quant auxtalus, leur inclinaison dépend de la nature des terres ; mais en général il vaut mieux les faire inclinés que rapides ; afin de se mettre à Tabri des éboulements qui peuvent obstruer des sources, et qui, dans tous les cas, donnent lieu à une augmentation de dépense, dans les curages fréquents auxquels ces sortes de bassins sont toujours soumis. Si les terres sont trop mouvantes, comme cela a lieu quand les fouilles sont faites dans des bancs de sablè ou de gravier, alors on a recours à un clayonnage ou à un revêtement, en pieux et pal planches moisés, comme cela est indiqué fig. 3 et 4, sur la rive droite de la principale tête de fontaine, représentée dans la planche XXYIH. Le nombre, la grosseur, et le plus ou moins de fiche^ de ces pieux, sont déterminés en raison de

la poussée des terres quUls ont à sopporter» et d*après la nature du fond.

Il arrive souvent, dans les recherches de ce genre* qu'une fouille se remplit d'eau, au fur et à mesure qu'on l'approfondit, sans que Ton puisse indiquer Tendroit particulier où naissent les sources qui alimentent ce bassin. Il est alors très-difficile de savoir où placer les tinelles, et Ton a éprouvé que, sans cette précaution, le produit ne peut être regardé comme assuré, attendu qu'il arrive lot ou tard des intermittences, ou même des interruptions complètes dans le débit des sources non encaissées, qui se trouvent ainsi placées au fond d'un bassin plus ou moins profond. Dans ce cas, l'expérience seule a indiqué, pour les découvrir, un moyen des plus simples et pourtant infaillible. Il consisleà laisser entièrement en repos, pendant quelques mois d'élé, le bassin nouvellement découvert ; et les endroits où existent les sources s'y trouvent alors naturellement indiqués par la présence du cresson de fontaine, qui ne manque jamais d'y croître, de préférence à toute autre place.

L'action de la source sur les parois plus ou moins molles du conduit souterrain par lequel elle coule, entraîne toujours avec elle des particules terreuses qui se déposent naturellement dans le premier récipient qu'elles rencontrent ; et ce récipient est la tinelle elle-même. L'expérience prouve en effet qu'il faut assez souvent recourir à un véritable curage dans l'intérieur de ces tinelles, où l'on rencontre de la vase

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en plus grande quantité qne dans le resté du bassin environnant. Quelquefois aussi *il arrive que cette vase liquide, retombant d'elle-même dans les parties les plus basses, finit par engorger les veines de la source, qui devient tout à fait improductive. Le seul parti à prendre, dans ce cas, consiste à tâcher de la faire reparaître, au moyen d'une sonde, introduite dans son ancien emplacement, et si Ton ne réussit pas on n'a plus qu'à enlever la tinelle, devenue inutile, pour la réemployer dans un autre endroit.

Quand on a terminé les déblais d'une tête de fontaine, et que l'on est fixé, au moins par approximation, sur le produit des sources qui doivent définitivement en faire partie, on procède à l'ouverture de la rigole de dérivation. Elle est désignée spécialement^ en Lombardie, sous le nom de asta di fontana ; ce qui est à peu près équivalent de queue de fontaine. Mais il n'y a pas de nécessité à adopter ici une dénomination particulière, puisque cette dérivation, petite ou grande, n'est qu'une rigole ordinaire, ou plutôt, elle est le canal d'amenée qui doit généralement traverser, en déblai, une certaine étendue de terrain, avant d'arriver à celui sur lequel les eaux de source peuvent être répandues, pour l'arrosage.

Par conséquent, en ce qui touche la détermination des pentes et de la section de cette rigole, on doit se reporter au chapitre qui traite exclusivement de cetobjet.

On n'a quelquefois qu'une seule source, d'un pro-

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duit minime» mais néanmoins d*ane utilité très-grande, si elle peut être (conduite à une certaine distance. Quand eu môme temps le terrain, où serait ouvert la rigole d'amenée, est assez perméable pour faire craindre une trop grande déperdition du volume d'eau, on emploie de petites conduites en bois, en terre, ou en métal, ayant la forme d'un demi-tuyau, ainsi que le représente la figure 2 de la planche XXYIIL Les eaux souterraines ont, en matière d'irrigation, des avantages particuliers, dont j'aurai occasion de parler dans an autre endroit de cet ouvrage. Ils sont presque toujours assez notableç pour couvrir, avec profit, de petites dépenses accessoires, du genre de celle dont il vient d'être question.

En résumé les eaux de source, naturelles ou artificielles, ont un très-grand intérêt pour l'art des arrosages; d^abord, comme fournissant souvent, aux dérivations ordidaires, ainsi qu'on vient de le voir, une ressource supplémentaire, qui pourra devenir de plus en plus importante ; mais surtout en mettant cette industrie vitale à la portéedes plus petits propriétaires, qui peuvent l'exercer d'une manière profitable, pour eux et pour le pays, sans avoir à passer par les lenteurs et les formalités auxquelles il faut s'attendre lorsqu^on veut faire fonctionner des associations.

Quant aux fontaines artésiennes proprement dites, encore bien que l'eau qu'elles fournissent soit généralement obtenue à un prix plus élevé qu'il ne convient pour l'employer en irrigations» il est néanmoins cer-

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tain qoe ces eaux ont aussi leur intérêt, au point de vue agricole; surtout à notre époque, puisqu'il est hors de doute que la sonde est destinée à devenir, de plus en plus y un instrument d'une grande puissance.

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