CHAPITRE QUATORZIÈME
GOLATHmB GtHÉlAUX OU CÀHÀUX Dl SIMPLI tGOCLUnOTT.
Considérations générales sar ce genre de canaux. — Lear importance particaliére dans les plaines de la Lombardie. — Colatenre situés entre le Tessin et le Lambro. — Id. entre le Lambro et l'Adda. — Id. entre TAdda et rOglio. ~ Id, entre TOgUo et l'Adige. — Id, sur la rire droite du Pd.
IVotiona i^Bérales mur cette espèce de camiDii.
— Pour pouvoir suivre, utilement, les détails donnés dans ce chapitre et reconnaître remplacement des canaux spéciaux dont il s'agit, il est indispensable d'avoir sous les yeux la carte générale, pi. I, sur laquelle sont représentés exactement les principaux cours d'eau, dans les vallées desquels ont été ouverts les grands colaieurs^ qui sont le corollaire indispensable des canaux d'irrigation.
La description donnée plus haut des grands et nombreux canaux d'arrosage, qui sont la richesse du pays, resterait incomplète si l'on n'y joignait celle des principaux colateurs qui en sont l'accessoire indispensable.
En effet, sur une grande comme sur une petite échelle, les colateurs sont la conséquence inévitable de l'ouverture des canaux d'irrigation ; car répandre artificiellement une masse d'eau considérable sur une superficie donnée amène inévitablement, vers les parties inférieures , la stagnation de celles
qui ne sont point absorbées ; et cela donne lieu alors à des dommages souvent plus considérables que le bénéfice obtenu. En un mot, il faut toujours qu'il existe, préalablement à toule entreprise d'arrosage, des moyens d'écoulement pour les eaux superflues. Ces moyens sont fournis, assez souvent, par des cours d'eau naturels convenablement situés; mais dans un grand nombre de cas, il faut recourir à des canalisations artificielles.
Or la localité qui nous occupe est essentiellement dans ce cas. On ne doit donc pas s'étonner, quand on parcourt les parties inférieures des plaines de la Lombardie, de rencontrer une multitude de grands et moyens canaux s'entre-croisant dans tous les sens; souvent endigués, et pourvus d'ouvrages d'art spéciaux, qui n'ont pour objet ni la navigation ni l'arrosage; mais creusés dans le seul but d'assurer l'écoulement des eaux qui rendraient le pays marécageux.
Ces canaux, par leurs dimensions, par les difficul^ tés de leur exécution, ne sont pas moins remarquables que ceux de l'autre catégorie; car leur tracé a dû être étudié, presque toujours en présence de nombreuses sujétions, résultant principalement de ce que les basses plaines, qu'ils doivent traverser, sont tou* jours endiguées.
Dans la partie moyenne et inférieure de la vallée du Pô, de magnifiques travaux d'endiguement construits et entretenus avec un soin dont on n'a d'exem* pie nulle part, préservent la plaine de Tinvasion des eaux débordées.
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Mais il restait à pourvoir Hn\ dommages nop moins graves des eaux provenant des écoulements supé^ rieurSy soit par l'effet des grandes pluies, soit par suite des irrigations, des filtralions à travers les digues des canaux, soit par toute autre cause , puisque rendiguemenl susdit empoche ces eaax de se rendre dans le thalweg général.
Dans ce cas on peut quelquefois profiter des dé-» pressions naturelles du terrain, où il se constitue faoi«lement une sorte de thalweg art ciel; mais généralement on e^t obligé de recourir à Toiiverture de canaux spéciaux. Et cela est d'autant plus nécessaire que, dans le eas actuel, les copieuses irrigations effectuées dans la région supérieure, versent sur la basse plaine des écoulements^ considérables, qui suflSi* raient seuls pour y causer beaucoup de dommages.
Mais, en dehors de cette cause spéciale, la nécessité des colateurs ou émissaires généraux existe presque toujours dans le voisinage des terrains endigués des grandes vallées ; par suite du fait anormal qui résulte de la déformation du profil transversal de la vallée. En effet, par l'effet de la succession des inondations, dans la période antérienre à l'endiguemeqt, et du dé(jàt plus rapide des limons sur les parties de la plaine voisine des bords du fleuve, le niveau de celle-ci, après s'être abaissé successivement jusqu'à une certaine distance, se relève brusquement au niveau de la haute plaine, qui se trouve au-dessus dç la région des inondations.
Cette déformation du profil primitif des plaines en-
COLÀTIUHS fitvrtBACX. tl^ft
diguéôs coastitue, comme on le conçoit aisément, une grande difficulté poar rétablissement des émissaires généraux qui doivent en assurer Tassainissement complet; mais, à plus forte raison, lorsque l'irrigation des terrains supérieurs vient encore augmenter considé»rablement, par ses colatures, la surabondance des eaux superflues.
Voilà comment il se fait que dans les basses plaines de la Lombardie l'ouverture des canaux d'écoulement a dû généralement précéder celle des canaux d'irrigation, ou devenir la conséquence immédiate de la création de ces derniers.
Les règles à suivre pour l'ouverture des canaux colateurs sont d'ailleurs les mêmes que celles qui s'observent pour les canaux émissaires, en matière de travaux ordinaires de dessèchement (1).
Quand le canal d'écoulement traverse une plaine plus élevée que celle ou coule le cours d'eau princi* pal, il est encaissé dans les terres, et peut avoir son débouché libre.
Si même le canal d'écoulement, ayant à traverser une partie de la basse plaine, reçoit des terrains sn-r périeurs des eaux abondantes, arrivent à un niveau toujours assez élevé pour pouvoir être versées dans le fleuve, même en temps de crue, il n'y a que de siu)* pies terrassements à exécuter, pour leur assurer un débouché constant, même danns un cours d'^au en-
(1) On peut consulter à cet égard les principes exposés dans le tome m de mon Cours d'hydraulique 4»gricQh» PariSy tSfiS.
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digaé; car on endigaement ordinaire d'une longueur généralement restreinte^ vient alors se relier avec celui du fleuve princi[$ai.
Si, au contraire, les eaux sont peu abondantes et viennent des parties déprimées de la plaine, alors le débouché dans la digue principale, ne peut s'opérer qu'au moyen d'ouvrages écluses. Ils portent, en Italie, différents noms, selon leur forme et leurs dispo* 8ition8(1).
Dans les territoires assez nombreux, où les écoulements sont parfaitement réglés, on a soin de séparer les eaux provenant des terrains élevés de celle des terrains bas, en maintenant les premières sur les points élevés de la plaine, de manière à assurer leurs débouchés, autant que possible, sans le secours d'aucune digue latérale. Dans le cas contraire, les eaux des niveaux élevés venant se mêler avec celles des terrains bas, sont, pour ces dernières, une cause de retard et de stagnation.
Les eaux des terrains bas doivent être recueillies, comme cela vient d'être dit, dans un canal é^inssaire, tout à fait analogue à ceux qui sont en usage en matière de dessèchement. Ce canal, avec des pentes très-faibles, suit latéralement le cours du fleuve jusqu'à ce qu'il rencontre un niveau assez déprimé pour pouvoir s'y déverser librement. Dans ce trajet, il se rencontre généralement des cours d'eau naturels ou artificiels, coulant à des niveaux plus ou moins éle-
(i) Voir an Toeabnlaira placé à la fio du tome I.
COL4TI0E8 QÉlfCftÀUX. 257
Yés, et alors il est nécessaire qu'il passe par-dessous, dans un aqueduc, ou siphon, en maçonnerie.
Ainsi que cela se fait aussi, dans les opérations de dessèchement, l'émissaire principal reçoit tous les canaux secondaires qui viennent s'embrancher avec lui. Mais partout où rabaissement du sol le réclame, tout ce réseau de canaux doit élre pourvu de digues, d'une hauteur suffisante pour pouvoir contenir les crues pendant la fermeture des portes de l'émissaire principal. Et pour que les eaux de la plaine ne s'accumulent pas dans les parties basses, par l'effet du refoulement de celle du canal principal dans les canaux secondaires, ceux-ci doivent être pareillement munis à leur partie inférieure de clapets ou de portes busquées, qui sont tenues closes, jusqu'à ce que rabaissement de la crue dans le fleuve permette d'ouvrir les portes du canal principal.
Durant les crues, cet aménagement convenable des eaux des différents quartiers, que l'on maintient ainsi, renfermées entre les digues des canaux d'écoulement, sert aussi à modérer la violence des orages qui concourent aussi, à accroître le volume des eaux intérieures. Enfin, en cas d'inondation, les digues des canaux émissaires et de leurs affluents servent à modérer et à répartir en diverses directions les eaux débordés; ce qui atténue beaucoup les dommages.
Dans cette situation où les penses sont généralement insuffisantes il est nécessaire, pour conserver aux canaux d'écoulement la régularité de leur débit, de les maintenir toujours en parfait état de curage; par
renlèveroeof régulier des sédiments déposés par \% fleuve, d£iBs leur partie inférieure, eu aval des ou* vrages écluses; ceux-ci sont toujours suivis d'un petit canal spécial qu'on cherche à rendre le plus court possible, aGa de faciliter les curages. Mais, dans beaucoup de cas, ledit canal est muni lui-même de portes busquées, ou clapets; de manière à empêcher, autant que possible, les sables et limons du fleuve de s'y accumuler.
Le curage s'effectue, à la drague ou à la pelle, uo* tamment si Ton a besoin d*en employer les produits à la restauration des parties dégradées des digues. Mais il est bien plus expéditif de l'effectuer par de simples chasses d'eau, effectuées soit à l'aide des ventelles des portes busquées soit par le moyen de petits barrages temporaires, que l'on détruit inopinément. L'opération dans ce dernier cas est encore fortement accélérée et régularisée parle concours d'ouvriers qui facilitent, à l'aide de rabots en fer, l'entraineipent des matières à expulser.
Il est bien entendu que le fauchage, l'arrachage qo le faucardement, des herbes aquatiques doit toujours être compris dans cette même opération ; car elles sont de nature à produire l'obstruction de la sectiou, plus rapidement encore que les simples dépôts vaseux.
Le seuil des portes ou clapets de l'émissaire priur cipal se pose à un niveau qui doit néceçsairem^t être mis en concordance avec celui des plaine» dopt îl
COLATICEt GMtEÀUX. 9i9
doit écouler les eaux, mais le plus souvent ourétablH au uiveau des basses eaux du fleuve.
Colalepm «Itnéai entre le TeMln ei P Adda «vr les pvmrineev de Hilmi, Pnvle et liedi. — Le canal connu sous le nom de Navigliaccio qui, au couchant, accompagne le naviglio di Pavia et se jette dans le Tessin, un peu en amont de cette ville, recueille la majeure partie des eaux d'irrigation et autres qui se rassemblent à sa droite. Celles qui viennent du côté gauche ont leur écoulement dans la basse Olone qui S6 décharge naturellement dans le Pô (1)*
Du débouché de TOIone à celui du Lambro, 1« basse plaine, contiguë à la rive droite du Pô est traversée par le Roggione et par Tancien lit du Nirontf qui, au-dessous du village de Chignolo, prend le nom de Garriza. Les deux canaux réunis sous le nom de Reals se déchargent d'abord dans un ancien lit du Pô, abandonné eu 1708, et de là dans le Lambro, en traversant la digue par un barrage écluse très-considé*rable. Près de Santangelo, le Lambro reçoit le Lambrg méridional qui a reçu lui-même le Nironsj et beaucoup d'autres petits colateurs, mais surtout il reçoit les eaux perdues du NavUjlio-Grande^ av£;nt la réunion de celui-ci avec l'Olone, sous les murs de Milan.
Plus loin le Lambro reçoit encore le Ligone^ cola-
(1) Cette partie inférieure de roione est le cours naturel de cette liTière dont la partie supérieure a été transformée en un canal de main d'homme^ aux abords de Milan.
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tear des plaines deCarpejano et Yideserto ; et près de Meregoagno, il reçoit la YesialeiOf principale décharge des eaux du canal intérieur. Ces deux colateurs sont des cours d*eau naturels, ils sont assez fortement encaissés. On pense généralement qu*iis occupent Tancien lit du Seveso.
Depuis Tannée 1780, le Lambro reçoit en outre, près Meregnano, le canal Redefossi par lequel s'écoulent les eaux de là plaine, arrosée par le canal de la Martesana et par le Seveso, qui autrefois faisaient fréquemment irruption dans la partie basse de la ville, ainsi que dans la zone suburbaine. Le Redefossi coule d'abord sous les murs de la ville; ensuite très-rapprocbé de la voie romaine, il est profondément encaissé et traversé par de nombreux barrages, ayant pour but de modérer sa trop grande vitesse et de procurer encore des prises d'eau d'irrigation.
Le Lambro reçoit, en outre, sur sa rive droite, au-dessus de Meregnano, VAddeita, déchargeoir du grand canal d'irrigation de la Muzza; puis au-dessous de Borghelto, il reçoit encore le Silleroy coulant près des murs de Lodi-Vecchio (I), et dont le cours sinueux doit être considéré comme un ancien lit naturel, ayant bien plus d'analogie avec le cours de TAdda qu'avec celui de l'Oglio.
L'Âddetta, comme le Sillero, n'ont pas de digues et trouvent leur débouché naturel dans le Pô.
(1) C'est l*aD(ique latide-Pùmpeia»
COLATIORS GfiilfiRÀIJX. 361
.Enfin, un peu avant de se rendre dans ce fleuve, le Lambro reçoit un dernier colateur qui est ia rivière ou canal de Yenera.
On peut encore citer comme débouchant directement dans le Pô : le Bogghnej qui a une grande ventelleriet près le bourg de Bolio; le fir^m^io/o, qui passe près Casal-Pttsterlengo ; et le Gandiolo^ qui prend naissance dans les environs de Codogno. Ces deux derniers canaux recueillent les colatures d'un vaste territoire. Ils sont endigués à leur partie inférieure, mais débouchent librement dans le fleuve.
Sur sa rive droite, l*Adda reçoit l'excédant des grandes irrigations delà Muzza, par un colatenr spécial parlant de Mazza-Piacemina. Il est encaissé dans les terres et trouve son débouché naturel dans TAdda, au-dessus de Castiglione-Lodigiano.
CoUiteinni nttaéti entraFAddaet FOirlto. — Entre ces deux rivières coule le Serio qui, descendant des régions montagneuses de la province de Bergame, vient déboucher sur la rive gauche de TAdda, à peu de distance, en amont, de la ville de Pizzighettone (1). Sur plusieurs points et notamment dans le riche territoire de Grema, cette vallée est très marécageuse. Ces marais avaient leur débouché naturel, sur la rive droite du Serio, par la petite rivière de Tormo^ qui se déverse librement dans TAdda, un peu an-dessous
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de Lodî; et snr M rive gauche, par le Serio-Morto^ qui se jette également dans TAdda, à Pizzighettone, mais dont la partie inférieure est endiguée. La partie la plus méridionale des mêmes marais trouvent leur écoulement dans le Serio lui-même, au moyen du eanal Crismero qui y débouche, en aval de Crema.
Snr la rive gauche du Serio, ou plutôt à partir du débouché de cette rivière dans TAdda, commence la plaine du Crémonais, qui s'étend sur* plus de 4.500 kilomètres carrés entre TOgiio, TAdda et le Pô.
La haute plaine, qui s'étend au couchant de Crémone, a deux colateurs naturels qui sont endigués, et dont Fun est pourvu d'une venteilerio, à son dé* bouché au Pô. De l'autre côté, cette plaine a trois colateurs naturels qui ont lour débouché libre dan» rOglio. Ce sont la De/ma, VAspia et le Lnglietto^ qui prennent naissance, res}>ectivement, un peu au-desaous des communes d'Azzananello, d'Ortiano et de Piadena. I^ dernier est endigué à sa partie supérieure. Plus en aval, la basse plaine de POglio a deux colateurs artificiels, endigués, qui sont les canaux Belforti et Cavata^ plus un grand éclateur naturel, le Riglio di Gazzolo. Tous les trois sont endigués*
Au milieu de la haute plaine, dans le seua de la longueur et à peu près à égale dislance entre TOglio et le Pô, on rencontre un des plus grands colateurs de ce pays; c'est la Delmona qui, après avoir reçu de nombreux âillucnts, arrive, avec un cours sinueux, ju8q4]*à son débouché dans TOglio, un peu an-dessus
COLÀTlinll OtlfÉEAUX. ±t%
in eotifluent de ceUii-oi avec le Pô. Ge même grand colateur, après avoir recueilli d'antres eâiix, pénètre sar la province de Mantoue, dans le canton de Bozzolo, d'où il se prolonge encore, sur une grande longueur, toujours en recewint de nouveaux affluents, qui lui amènent les eanx du haut pays; et c'est ainsi quMI arrive contenu entre des digues de plus de 5 mètres, jusqu'à TOglio, où il se déverse, au moyen de deux grandes ventelleries, munies de barrages à poutrelles } Tune de deux, Tautre de quatre ouvertures. Ce dernier ouvrage est cité depuis long* temps pour ses grandes dimensions, et sa belle constractioD.
D'autres canaux de même destination^ qu'il serait trop long de nommer^ existent encore sur le môme point et concourent au même résultat.
< A partir de la ville de Crémone, la nécessité des grands colateurs, pour assainir les plaines de la rive gancbe du Pô, est toujours la même ; mais les difficultés d'exécution étaient encore plus grandes. Voici en quels termes M. l'ingénieur Lombardini a décrit cette situation :
'a Les deux rives du Pô, en aval de Crémone, se réunissent iofsensiblement à la haute plaine; par suite de ce que toute la partie inférieure est dérendue par VemUyuement continu du Pô, qui se prolonge le long dn cours de l'Oglio jusqu'au conlluent du Clisio. Mais la grande affluence des eaux intérieures qui, en temps de crue, ne peuvent plus trouver d'écoulement dans le fleuve, détermina, de temps immémorial, Jes
S64 LOHBAIDU.
ingénieurs Au pays à en détourner une partie dans des canaux de déviation.
a Ensuite, au commencement du xiv* siècle, on ouvrit ]e grand colateur de la Tagliniay qui côtoie Tancienne route de Crémone à Mantoue et se rend à rOglio, au-dessous de Calvatone ; son débouché est libre, mais avec une courte partie endiguée, entre la haute plaine et les digues du Pô (1 ).
Colatevr* tâÈaém dans Im Tttllée da Htmcl» «n entre rOiplie et l'Adl^e. — Le mot de vallée doit être pris ici dans un sens purement conventionnel ; car, plus on avance vers cette extrémité inférieure de la Lombardie, plus les reliefs du terrain deviennent rares, et Ton rencontre bien plus de marais que de coteaux. Les canaux émissaires ou le simple écoulement, sont donc ici d*nne nécessité indispen* sable; aussi sont-ils de plus en plus nombreux, à mesure que Ton avance vers le delta du Pô, où Ton ne rencontre presque que d'immenses marais, non encoredesséchés.
Ici plus de distinction entre la haute et la basse plaine ; cette dernière s'élargissant de plus en plus finit par occuper seule tout le périmètre 'sillonné par es canaux.
Les plaines situées sur la rive gauche de TOglio, au delà du confluent de la Mella, sont interrompues
(1) Lombftrdini, Sittema idraulico del Po, p. 16.
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par de nombreuses levées dépendant des diverses circonscriptions de digues, qui accompagnent soit des conrs d'eau naturels, soit des canaux d'écoulement ; et Ton conçoit que cette circonstance amène une sujétion considérable dans le mode de construction; souvent même dans la possibilité d'exécution de ces derniers icanaux.
Néanmoins, les ressources combinées de la science et de Tart, dans ce pays où les notions pratiques de rhydraulique sont incontestablement plus avancées qu'en aucune autre contrée du globe, ont triomphé de tous les obstacles; et, sauf des difficultés que Ton peut appeler véritablement insurmontables, l'état de choses, en apparence si compliqué, que nous décrivons, fonctionne d'une manière aussi satisfaisante que possible.
Plus, on avance vers le S.-E., dans cette vaste plaine, située principalement sur les provinces de Crémone, Mantoue et Vérone, plus on rencontre de difficultés, à obtenir l'écoulement, sans le secours d'ouvrages d'art, à service intermittent. En effet, on sait que l'endiguement général, ou continu, du cours inférieur du Pô, commence à la hauteur de Crémone, et que ces grandes digues longitudinales, continues^ vont sans cesse' en augmentant d'élévation jusqu'à Tembouchure du fleuve.
ColatcvTC eiKisteats à la droite da Pd, sor les territoires de Gnastall», de Re^^o, Modène,
i, eim. — La vaste plaine comprise principa-