‹ Hydraulique agricoleChapitre 60 sur 92 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

RÉSUKÉ SOMMÀIRV DIB TOLCVBS D'BàU BVPLOTtS^ BT BBS SUPBRFIGIBS niEIGCÉBSj DANS LB8 PROYINGBS LOMBARDES. —

plus-yàlub du sol.

Imposflibilité d'obtenir ce résultat autrement qve d'une manière approximative. ~ Situation des six rivières desservant les irrigations de la Lombardie — Volume d'eau distribué ; en été ; en biver. — Incertitude relative au chiffre exact des surfaces irriguées. — Plus-values approximatives dans les provinces de laLombardie; dans celles du Piémont; dans les deux régions.

Il serait assarément très- désirable de pouvoir ob« tenir, d'uoe manière exacte, ce document fort important. Mais cela n'est pas possible, et Ton en comprendra aisément les raisons. A déraut de chitTres rigoureusement exacts, il faut donc se contenter de données approximatives.

Cest ce que j*âi cherché à faire, dans le présent chapitre, en indiquant ici des nombres aussi exacts qu'il m'a été possible de les obtenir, à la suite des vérifications faites lors de mon dernier voyage en Italie, qui date de Pautorone de 1858.

Si Ton peut calculer, assez exactement, les volumes d'eau fournis par les rivières de la Lombardie aux canaux dans lesquels ils trouvent leur utilisation, à peu près complète, il n'en est pas de même des «tiperfides arrosées qui éprouvent, d'une année à l'autre, d'importantes variations.

270 LODÀADIB.

La raison en est simple; les caltores arrosées, usuelles dans le pays dont il s'agit, consistent dans les suivantes :

l"" Les prairies naiureHvê ayant généralement trois coupes, lesquelles consomment environ 1 litre par seconde, par hectare, durant la Saison d*élé;

2" Les rizières qui consomipeql plus du double, soil environ 2"\50, pendant la même période ;

3* Les pré» milanais, prés d'hiver, on Marcite, qnif exigeant un écoulement contiuu, de jour et d^e nuit, consomment infiniment plus, soil habituellement une once milanaise, ou 42 litres par hectare;

4*" Enfin, les autres cultures, telles que le maïs, les céréales, pépinières, elc , qui n'ont pas la même importance, reçoivent des quantités d'eau as^ez variables en proportion de l'abondance ou de la rareté de celle-ci, mais qui généralement ne dépassent guère la moitié de ce qui est l'attribution normale des prairies, soit environ 0"^6 par seconde, pour chaque hectare.

En présence de ces grandes variations dans les quantités d'eau afférentes à chaque espèce de culture, et de la mobilité que la méthode, de plus en plus suivie, des rotations amène journellement dans les étendues relatives aux diverses récoltes ci-dessus désignées, on conçoit aisément qu'il serait impossible de donner, d'une manière rigoureusement exacte, les superficies arrosées en Lombardie.

C'est pourquoi il faut, ainsi que^ je l'ai dit au con^ mencement de ce chapitre, se contenter d'une ap* proximation.

Voici OQ qa'il m'a été possible d'obtenir de plut salisfaisant à cet égard :

yoivmir^ d'eaw.— Les six rivières qui alimentent la majeure parUe des irrigations de la Lombardiesont les suivants:

Le Tessin, l'Adda, le Brembo, ile Serio, TOglio, la Mella, le Clisio, et leMincio.

On peut voir sur la carte générale, pi. I, et sur la carte particulière, pK IV, la position et les directions de ces rivières, qui décroissent d'importance, quant au volume et à la régularité des eaux, à mesure que Ton s'avance vers Test, c'est-à-dire à mesure que Ton s'éloigne du territoire milanais, pour s'avancer versiez provinces de Maoloue et Vérone, où les irrigations sont encore importantes; puis vers celles de Padoue, Vicence, Modène, etc., où il n'en existe presque plus.

La cause de ce fait est d'ailleurs facile à saisir, elle provient de ce que les sources de ces cours d'eau s'éloignent de plus en plus de la cime de Grandes- Alpes et des massifs des neiges perpétuelles, dans lesquelles le Tessin d'abord, puis à un moindre degré l'Adda, trouvent cette alimenlalion exceptionnelle, qui fait la richesse des irrigations du Milanais.

En récapitulant les volumes deau, fournis par les six rivières susmentionnées, et dérivés dans les nombreux canaux taut publics que privés dont les principaux ont été précédemment décrits, on arrive au chiffre total de 380 mètres cubes par «ecoBde; à rai'*

272 LOHBAKOIt.

son de 42 litres Fane, cela représente 9.048 onces milanaises.

Hais ce volume d*eau se distribuant en proportions variables entre les différentes cultures arrosées, qui en consomment des quantités très-difTérentes, et Tin* troduclion des rotations devenant de plus en plus usuelle, on ne peut avoir que d*une manière approximative les superficies correspondantes à cet arrosage.

flaperflciefl arrosées. ^ En relevant aussi exactement que possible, à Taide des matrices cadastrales, Fétat des cultures existantes dans les nombreuses communes traversées par les canaux d'arrosage, on pourrait obtenir, pour une année déterminée, Fétat très approximatif des arrosages.

C'est en procédant d*une manière analogue, à partir de 1858, que nous avons pu établir, comme une approximation suffisante, le tableau ci-après, qui donne, par provinces, les superficies arrosées, tant en été qu'en hiver, sur les provinces de la Lombanlie.

Le même travail a été fait sous une autre forme, etd'unemanière très- détaillée, parM.ringénieurLombardini. Ce travail, qui donne en regard les volumes d*eau distribués par rivières et canaux, ainsi que les superficies arrosées, a été imprimé, en 1844, dans les Noiizie sulla Lombardia, ouvrage déjà cité.

On peut voir aux notes bibliographiques, placées à la fin du tome II, le tableau général dont il s'agit, et les observations d'après lesquelles on peut établir sa concordance avec le résultat donné par celui ci-

itSOMfi SOUMAïai.

après, bieD qu'ils soient sous une rorme très-différente.

nknaNÂiioii ins Tiutiroiui.

Provinces de MilttH, Pâme et Lodi, Canal du Tessio •

— de Beregnardo

— de PaTie

— de la Muzia

— de la Xartesaïuu

CaDaox secondaires dérivés de l'Adda^ du LambrOy de TOlone, etc

suniFiOB BM ncTiaift

en été.

Nafîgations da haot Milanais

ai.ooo

ai.8oo

Eanx de garces , employés soit direc-^ temenly soit dans des canaux déjàj S8.600 existants

Colatnres

Autres provinces de la Lombardie.

ProTinces de Bergame et Crema. . . .

— de Brescia et Crémone • . •

— de Mantone et Vérone. • . .

Ensemble^

Soit en nombres ronds. . .

Si.000

MO.OiO

en hiver.

Plus - valves créées pmr rirrlciitleii. — Les

374 iOMBAlDD.

365.000 hectares qui profitent effectivement de rirrigalion d'été, doivent être accrus d'au moins 1/6» d'après l'usage de plus en plus adopté aujourd'hui d'établir des rotations ou d'intercaler des céréales, et autres cultures non arrosées, pendant une durée ordinaire de trois années, entre les récoltes dues exclusivement à l'arrosage.

Ainsi, en Lombardie, les rizières de la région moyenne sont toutes dans ce cas \ tandis que oelies des régions basses el marécageuses sont seules p«t^ manentes. Les prairies elles-mêmes entrent aussi d'une manière très-utile d^ns ce genre d'assolemept.

Au point de vue des plus-values créées par l'irri* gation, il faut donc porter la superficie ci-dessus à 420.000 hectares.

L'augmentation sur les seules valeurs locatives doit être calculée au moins à 160 francs par hectare» et cela correspond à 67 millions de frapcs.

Quant aux 30.000 hectares soumis à l'irrigation d'hiver, les produits nets qui y correspondent, à rai-« son d'environ 200 francs par hectare, peuvent être évalués annuellement à 6.000.000 fk-ancd.

Mais cette plus-value immédiate et directe représentée paf l'accroissement de la valeur locative des terres arrosées, ou arrosables, n'est pas la seule qui doive être considérée ici, car on n'aurait alors qu*une idée très incomplète des bénéfices produits par les canaux d*irriga(ion.

Il faut nécessairement y joindre tes profits considérables, mais indirects, résultant pour le pays de

BtSUMÉ 80MMÀIRB. 275

TaccroisseiDent considérable des bestiaux, de TamélioratioQ générale des cultures par la masse dos engrais ainsi obtenus; enfin, par la fabrication du fromage qui est d'une très-grandeimportance, notamment dans les provinces de Lodi et de Pavie.

Finalement, on peut résumer ainsi qu'il suit Tévaluation approximative des produits spécialement du^ à l'arrosage dans les provinces de la Lombardie :

Plus value sur les valeurs locatiyes , par rirrigation de Tété ^. 67. 000. 006

Plus value sur les valeurs locatiVes, psf rirrigation d'hiver. « 6.000»0t0

Produit résultant de Télevage, de l'accroissement des engrais, de la fabrication du fromage (au minimum) 27.000.000

Ensemble 100.000.000

Si Ton considère maintenant que les canaux dû provinces du Piémont décrits dans les chapil^res précédents, produisent des bénéfices analogues sur une superficie à peu près égale au tiers de celle qui est desservie par ceux de la Lombardie, on arrivera à reconnaître que les plus-values par eux produites dans cette région sont aussi dans la même proportion, c'est-à-dire d'une importance annuelle d'au moins 30 millions de francs.

On constate donc ainsi que l'ensemble des plusvalues créées par l'arrosage dans les seules provinces de la haute Italie, s'élève annuellement à plus de 1 30 millions de francs.

376 LOlUAtDU.

Mais il faudrait bien se garder de restreindre à cette estimation, la mesure des avantages généraux qui réagissent sur toute ragriculture locale, et sont dès lors d'une importance beaucoup plus grande.

Ce beau résultat est dû d'abord aux rares avantages dont le pays a été doté par la nature, sous le rapport topograpbique et hydrographique; mais aussi, et plus encore, aux grands et beaux travaux exécutés avec autant d'art que de persévérance par ces populations intelligentes, chez lesquelles les connaissances d'hydraulique pratique sont plus avancées qu*en aucun pays du monde.

(4) Les données ci-dessus, bien qoe déduites aussi exactement que possible des descriptions précédentes, ne peuYem être regardées que comme approximatives. ~ Il faudrait, pour les fournir plus exactes, avoir sons les yeoi tous les documents de Padministration publique.

Ao surplus, nous avons lieu d'es^pérer que bientôt cet important travail existera; puisque nous apprenons qu'en ce moment M. Noe, ingénieurinspecteur des canaux du gouveinement, s'occape de la rédaction de la Sfo- UêHqvê 4êê canaux iFirrigaUùn,

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