‹ Hydraulique agricoleChapitre 79 sur 92 · OUTRAGES SPECIAUX · texte numérisé non relu

OUTRAGES SPECIAUX

tenir elà régler dans un espace déterminé, le nîveaa m' vl correspondant à la pression constante mesurée par la hauteur n n\ au-dessus du bord 8apé^ rieur de l'orifice p n. Celte vanne, représentée également dans la fig. 43, est , dans la constructioa des modules, la partie fondamentale. Elle a véritable* ment le caractère de vanne hydroméirique ^ en ce qu'elle règle Tintroduction de Teau dans Tappareil , de manière à y donner toujours la pression constante, qu'il est nécessaire de maintenir au-dessus de la bouche d'écoulement durant la saison d'arrosage; c'està-dire pour un état donné du plan d'eau dans le canal.

Sans doute, on ne pourrait pas, dans la pratique des grandes irrigations, manœuvrer cette vanne régulatrice, au fur et à mesure des variations accidentelles qui pourraient survenir dans le canal. Mais il est à remarquer que d'après la régularité et la périodicité de l'emploi des eaux concédées, le niveau du canal alimentaire se trouvé toujours à peu près à un même état aux mêmes heures du jour. Et c'est en le prenant ainsi à un état quelconque du plan d'eau que la vanne hydrométrique opère, avec la plus grande simplicité, la réduction nécessaire pour ne donner que juste la pression normale, ou légale, audessus de l'orifice supérieur de la bouche de concession.

Si le niveau du canal était sujet à de fréquentes variations , il faudrait nécessairement admettre une légère tolérance, pour des variations analogues dans le

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niveau, sons Tinfluence dnquel s'effectue réconlement. Mais il y a ici une remarque importante à faire, c'est que, indépendamment des facilités qu'offre toujours la vanne hydrométrique, pour faire cesser, dès qu'on le jugerait convenable, une différence notable de niveau, qui se manifesterait dans l'intérieur de l'appareil, elle agit déjà utilement par sa seule présence, c'est-àdire, d'une manière permanente, et sans aucune manœuvre^ en atténuant, dans une forte proportion , diaprés le principe qui vient d'être énoncé plus haut, les modifications qui peuvent se manifester accideu'^ tellement dans le niveau extérieur. Plus il y a de différence entre les hauteurs de^ l'eau, de part et d'autre de la vanne, plus cette atténuation est grande; ainsi, dans le module milanais, pour 2"*, 12 de hauteur, 0'",10 à 0",12 d'exhaussement se réduisent à O'^yOSS au plus, dans l'intérieur du sas régulateur.

La vanne hydrométrique n'est cependant pas la seule chose dont il faille s'occuper dans la construction des modules. Car il y a lieu d'examiner encore la distance et la position de la bouche, relativement au niveau du canal alimentaire, le mode d'écoulement des eaux à la sortie même de cette bouche, eic* , etc*

En résumé 9 il y a donc deux choses distinctes à remarquer dans le système des modules, usités en Italie ; V une disposition uniforme et fondamentale , consistant dans la vanne hydrométrique, qui a pour objet de procurer l'égalité de pression sur l'orifice , pour un état déterminé des eaux du canal ; 2^ des

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dispositions diverseS| et variables d'un module à un antre, ayant pour but de régler le moavement de Teau dans Tintérieur de Tappareil , tant en amont qn*en aval de la bouche proprement dite.

On peut remarquer que les modules ou édifices qui n'auraient pour garantie d'exactitade que la vanne hydrométrique, fonctionneraient d'une manière plus juste que ceux qui, dépourvus de œ moyen de limitation, réuniraient d'ailleurs toutes les autres précautions accessoires dont il sera parlé plus loin.

Gela s'est manifesté d*une manière très-sensible dans le Milanais où , pendant près de quatre siècles, on s'est servi des eaux d'irrigation distribuées par bouches non réglées , comme cela se fait encore en France, c'est-à-dire au moyen de simples vannes , et où l'on ne s^est acheminé que très - lentement vers la mise en usage du module exact que l'on possède aujourd'hui. Il se passa alors quelque chose d'analogue à ce qui est si bien exprimé dans notre fable de V Alouette et de ses petits, La question était entre l'administration publique et les usagers des eaux du Grand-Canal , car ceux-<^i avaient usé largement de la faculté qu'on a toujours d'altérer le volume des eaux , distribuées par de simples bouches. Néanmoins, les premières mesures qui furent prises contre ces abus, devenus criants, ne les émurent point du tout ; parce qu'ils comprirent parfaitement qu'elles seraient inefficaces et, dans tous les cas, de peu d'importance pour eux^; en un mot, ils

ne craignirent rien , tant qu'ils sentirent Tadministration impuissante et restreinte à des demi-mesures. Ainsi, Ton prescriTit bien l'adoption d'une hauteur constante des bouches, au-dessus du fond du Grand- Canal et de rOlone, avec d'autres dispositions relatives à l'écoulement de Teau en aval de ces bouches. Tout cela fut accueilli avec une entière indififérence. Mais quand on vit paraître, en 1570, Tappareil complet, pourvu surtout de la vanne hydrométrique, véritable et sérieux obstacle à l'altération du débit des eaux, alors il fut évident pour tout le monde, que le régime de l'ordre allait succéder au régime des abus ; et c*est alors que la classe nombreuse des usagers contrevenants s'éleva tout à coup contre une innovation qu'elle redoutait à juste titre. Ce fut là la seule cause des résistances et des collisions qui eurent lieu, chaque fois qu'il s'est agi sérieusement de substituer une limitation exacte au régime de tolérance qui avait eu lieu dans l'origine de l'établissement des canaux.

La manœuvre de la vanne hydrométrique n'est point laissée à la disposition des particuliers, qui jouissent des prises d'eau ; elle est au contraire essentiellement confiée aux gardes ou préposés qui sont chargés, sous la surveillance de l'autorité publique, de la police des arrosages. Une fois fixée, pour un état déterminé des eaux, au point qui donne exactement la pression voulue sur la bouche d'écoulement, la vanne est cadenassée à cette hauteur, de manière a ne plus varier qu'avec le concours du

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môme agent , et dans le cas seulement où il en recoiinatt la nécessité.

Les dispositions accessoires qui garantissent T^cacité des modules» sont celles qui ont pour but de régulariser, le plus possible, Técoulement de Peau au moyen des ouvrages construits, 1 "" entre la vanne de prise d'eau et la bouche proprement dite y 2"* en aval de cette bouche, sur une certaine longueur, qui s'é* tend jusqu'à Torigine libre du canal de dérivation.

Mais il est inutile d'entrer ici dans de plus grands détails , car ces notions générales vont s^éclaircir par la description des édifices ou appareils de distribution des eaux, en usage dans les diverses provinces du Piémont et de la Lombardie.

Le seul point principal qu'il convienne de faire ressortir ici, c'est que la vanne hydromélrique a une double utilité pratique: 1*en permettant de ramener, pour toute la durée de la saison d'arrosage, les eaux au niveau légal au-^dessus du bord supérieur de la bouche de concession ; i!" en atténuant, d'après le principe des vases communicants , même les variationjS accidentelles, qui surviennent dans les hauteurs des eaux alimentaires, pendant la durée de ladite saison.

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