CHAPITRE YINGT-CINQDIÈME
DISPOSITIONS FONDAMENTALES DANS LA CONSTRUCTION DES MODULES. ^ RÉGULATEURS USITÉS EN ITALIE.
Principe sur lequel repose l'emploi de la ranne hydrométriqne. — Sa double Utilité pour établir la pression normale^ et pour atténuer les variations accidentelles qui surviennent dans le canal alimentaire. — Autres dispositions spéciales des modules.
Afin de faciliter Tintelligence des descriptions qui coDcernent les appareils adoptés dans le nord de l'Italie, pour opérer la distribution exacte des eaux employées aux arrosages, je dirai ici quelques mots d'une disposition fondamentale qui parait indispensable à la perfection des ouvrages de ce genre.
L'usage des grandes irrigations en Italie ayant devancé de plusieurs siècles les premières découvertes essentielles faites sur les lois du mouvement des liquides, le besoin d'une méthode exacte pour mesurer les eaux se -faisait vivement sentir, sans qu'on pût arriver à la connaissance d'un procédé pratique qui pût remplir ce but; de sorte que les conditions indiquées dans le paragraphe précédent, restèrent longtemps à Tétat de problème.
Après avoir recherché quelles étaient les circon* stances dans lesquelles il y a identité de débit par deux orifices, pratiqués dans les parois de vases prismatiques, tels que celui qui est représenté pi. X,
448 Ol!VRAtiS8 SPÉCIAUX.
fig. 6, on imagina d^observer i*écoolemeiit de Fean dans des vases analogues à celui qui est représenté dans la fig. 7. lequel ne diffère du précédent qa'en ce qu'il est partagé verticalement, dans sa largeur, par une cloison ou diaphragme, pouvant se placer à une hauteur variable au-dessous du fond. On reconnut ainsi :
1* Qu'il s'établissait toujours, entre les deux compartiments du vase ou réservoir, une différence de niveau constante, et que cette différence était d'autant plus prononcée, que l'ouverture du diaphragme était moindre, relativement à celle de l'orifice ;
2* Que si, au lieu d'entretenir dans le réserroir an niveau invariable, on opérait dans ce niveau des exhaussements ou des abaissements, les variations correspondantes se maintenaient toujours proportionnelles avec les hauteurs respectives du liquide primitivement établies dans l'un et l'autre compartiment, pour un état donné des orifices de sortie et de communication; c'est-à-dire, que si, le niveau étant constant, ces hauteurs étaient par exemple, dans le rapport de 3 à 1 , un exhaussement de^,30 dans le premier vase n'en amènerait qu'un de 0"',10 dans le deuxième; O^ylS en produiraient 0,05; ainsi de suite ;
3* Que ce principe n'était point modifié par l'emploi de deux ou plusieurs diaphragmes, ainsi qn^ cela est représenté dans la fig. 8 ; c'est-à-dire , qo^ la même proportionnalité était maintenue entre les variations de niveau et les hauteurs primitives de
Teau, dans le premier et le dernier compartiment, nonobstant Faddition d'nn nombre qaelconqae de diaphragmes intermédiaires, qui ne comptent toc:joars qae pour un.
Ceci donne la clef de la théorie des modules; car nous allons voir dans les chapitres suivants que, soit en France, soit en Italie, dans les nombreuses circonstances où Ton a vivement senti le besoin de régler rigoureusement la distribution des eaux d'arrosage , si exposées aux abus, on a toujours été conduit à conclure que la condition la plus importante, mais la plus difficile à remplir, était le maintien d'une pression constante, au-dessus des bouches de distribution. Or, le problème est pratiquement résolu par le mécanisme que je viens d'indiquer. Supposons que le premier vase ou réservoir d'eau soit un canal, que le diaphragme mobile soit une vanne et que l'orifice soit une bouche de distribution, on vq^t que l'on pourra toujours obtenir an-dessus de ladite bouche, la pression constante nécessaire à la régularité de l'écoulement ; et cela quelle que soit la hauteur de Teau dans le canal alimentaire, au moment de l'opération.
Si l'on jette les yeux sur la fig. 1 1 qui représente la coupe d'un module piémontais, l'on reconnaîtra que pour obtenir, dans la pratique, l'avantage cherché, il a suffi d'établir la bouche de distribution ti p, à une certaine distance en arrière du bord du canal alimentaire, dont le niveau est a 6, et de placer sur ce bord même, une vanne destinée uniquement à ob-