‹ Hydraulique agricoleChapitre 81 sur 92 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

TÂftlÀTIOlfS DU DÉBIT ftÉBL DBS BODCHBS DE ^ITERSES PORTÉES,

DAHS U STSTÈMB MILANAIS.

PrèCAutioD9 tnsvfflsaotei coatre cette cause de TarUtions. '— Moyeo d'y remédier ealièrement.

Le module milanais passe avec raison pour ]ep)u5 exact de tons ceux qui sont connus jusqu'à ce jour. Les détails qui viennent d'être donnés sur sa construction ne peuvent que justifier cette manière de voir. Cependant il est facile de reconnaître que ce module, dans son état actuel, comporte encore une imperfection grave , donnant lieu dans le débit des eaux, par les bouches qu'on regarde comme réglées, à des dififérences trop notables pour pouvoir être passées sous silence. Une circonstance me frappa dès les premières études que j'ai faites sur les eaux do Mitenais : en m'informant, près des praticiens les plus expérimentés, de l'évaluation qu'il était convenable d'admettre pour le produit effectif du volume d'eau correspondant à l'once magistrale, je ne trouvai poml de concordance dans leurs indications. Quelqo^^ ingénieurs m'ont parlé de 2"'%16 à 2"%28 par minute, c'est-à-dire de 36 à 38 litres d'eau par seconde ; d'autres m'ont donné, comme exacte et oiEcielle, l'év^'

8Um SES MODULES MILANAIS. 47

Jdatîon de 2''%76 à 2"%88 par minute, c'est-à-dire de 46 à 48 litres par seconde.

Le fait est que les experts ou ingénieurs des particuliers n'évaluent généralement , dans leurs rapports et estimalionSy le débit de Tonce milanaise que de 36 à 40 litres par seconde, tandis que les ingénieurs du gouvernement estiment ce débit à un chiffre bien plus élevé. L'évaluation consignée dans la dernière statistique, dressée par l'administration des travaux publics à Milan, est de 2", 80 par minute, ou de 47 litres par seconde. En recherchant les causes de cette différence, j'ai reconnu qu'elle n'était fondée sur aucune erreur matérielle, mais qu'elle était due à la différence réelle qui, malgré toutes les garanties du module milanais, existe entre le débit des petites et des grandes bouches.

Les experts, appelés à prononcer dans des contestations entre particuliers, ont généralement à opérer sur de petits volumes d'eau, et comme la plupart des expériences spéciales, faites dans le but d'évaluer le produit en question, ont porté sur des bouches d'une ou deux onceS) c'est une tradition admise chez le plus grand nombre d'ingénieurs hydrauliciens de ce pays, que le débit normal d'une once d'eau ne doit pas être évalué au delà de 36 à 38 litres par seconde.

Cependant l'administration publique, chargée de la gestion des grands canaux de navigation et d'arrosage du Milanais, n'a pas tardé à s'apercevoir que ce chiffre était trop faible, et que si on l'adoptait comme règle, sur le Naviglio-Grande, par exemple,

472 OUTRAGES SFÉCUCX.

il y aurait une différence de plus d'an tiers, aa préjadice de TÉtat; attendu que les volumes d*eaa débités par les bouches, même réglées, ne concorderaient plus nullement avec la portée, d'ailleurs parfaitement connue, de ce canal.

Ceci peut s'expliquer par une cause simple : le Naviglio-Grande dessert principalement des bouches d'une grande portée ; il en a de 30 à 36 onces, et leur portée moyenne n'est pas au-dessous de 8 à 4 O onces. Or, toutes circonstances égales, d'ailleurs, quant à la hauteur des orifices, et à celle du niveaa de l'eau qui s'en écoule, il n'y a pas évidemment identité parfaite entre le produit d'une pnœ d'eau mesurée dans un seul petit orifice de O^ygO de hauteur, sur 0"',15 de largeur, et le produit d'une once d'eau, considérée comme fraction du débit d'un orifice de même hauteur, mais ayant cinq, six, ou huit fois autant de largeur. Car, en augmentant ainsi la largeur des bouches , comme cela est de règle, pour la distribution de plusieurs onces d'eau , le rapport entre les périmètres et les sections ne reste pas le même; et l'influence de ce périmètre, qui détermine la contraction de l'eau modifie celle-ci en diminuant graduellement, à mesure que l'orifice augmente. Cela explique comment le produit correspondant à l'unité de section doit augmenter lui-même daos une proportion assez rapide. Le tableau suivant rend cette observation parfaitement seosible.

SUITE DBS VODULBS MILANAIS.

PORTtBS dM bouches en onces mil.

DIMBHSIORS.

Page 1