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On voit, d'après ce tableau , qu'aa fur et à mesure de raugmeutatiou de la portée des bouches, il y a une diminution progressive du rapport existant entre le périmètre et la section, et que, si Ton passe seulement d'une bouche d'une once à une bouche de huit onces , ce rapport est déjà réduit à moitié de sa va* leur primitive. Enfin, si l'on continuait cette série, on trouverait que, pour une bouche de 20 onces , le rapport n'est plus que de 10,66; pour 30 onces, de 10,04 ; pour 50 onces, de 10,27, et ainsi de suite.
Je me suis, au surplus , assuré , par des observa* lions directes , que la différence qui vient d'être signalée existe, bien réellement, entre le débit des grandes et celui des petites bouches.
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' Cest là à la fois un grand inconvénient pratique , et un signe d'imperfection réelle, dans le pi as coin« plet des régulateurs connus jusqu'à ce joar. Car cela prouve que le module milanais est en défaut sur la troisième des conditions fondamentales, énoncées p. 459 au chapitre XXVI, qui précède.
Cette imperfection est fâcheuse, en ce qu'elle établit, en faveur des grandes bouches, un avantage notable et non motivé; qu'elle nuit à runiformîté de$ concessions ; et qu'elle peut donner lieu à des abus. En voici un exemple très-simple : Six riverains, propriétaires de chacun une trentaine d'hectares, le long d'un canal d'irrigation, ont besoin d'acquérir individuellement, du propriétaire de ce canal , la jouissance d'une once d'eau pour l'amélioration de leur héritage. Cette quantité d'eau, débitée par des bouches séparées y sera, pour chaque bouche d'une 0000^ d'après l'estimation moyenne des experts milanais , de 37 litres par seconde \ total pour les six onces, 222 litres. Supposons que ces riverains se réunissent pour demander une prise d'eau commune, en une seule bouche , ce qu'on ne pourra pas leur refuser ; alors ils auront droit, pour le même prix total, à une bouche, dont le débit par seconde sera» d'après les estimations de l'administration milanaise, de 47 litres par once, ou en tout 282 litres. Différence en plus , 60 litres, ou environ une once et demie d'eau. Dans le Milanais, celte eau, sur le pied de 12.000 francs l'once, en capital, on de 6B8 francs en loca^ tion annuelle, représente, au préjudice du vendeur,
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une perte de 18,000 francs, ou de 825 francs de rente. Dans bien d'antres pays , où Teau d'irrigation a nne valeur plus élevée , la différence serait encore plus notable.
L'imperfection que je viens de signaler existe, nu même degré, dans tous les modules connus jusqu'à ce jour. Dans le Piémont et dans les provinces lombardes, où Ton fait de louables efforts pour assurer le mieux possible la bonne distribution des eaux, on cherche à suppléer à cet inconvénient ,* de Taug'^ mentation relative du débit des grandes bouches, en limitant lears dimensions. Ainsi, aujourd'hui, sur les canaux domaniaux des provinces de Milan et de Pavie, on fixe, dans toutes les concessions nouvelles, à 6 onces la portée maximum des bouches de prise d*eau, d'un seul volume. Une disposition analogue est aussi adoptée dans le Piémont, où l'administra*tion royale des finances ne concède plus de bouches dépassant une portée équivalente à 6 ou 7 onces de Milan.
D'après cela, une bouche de 12 onces milanaises se dispose en deux orifices pareils, de chacun 6 onces, comme cela est représenté pi. XVlII, fig. 10. La planche XYI, fig. 3, 4 et 5, représente une bouche de 6 onces^ pourvue d'un régulateur cornplet, sur le canal Marocco, situé daiis les provinces de Milan et de Pavie. La planche XY, fig. 1 , SI et 6, représente une bouche semblable, également modéliée dans le système milanais* Quoique rétablissement de cette bouche^ qui est une des principales
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prises d*eaQ da Cavo-Taverna, dans le canal de la Martesana, ne date qae de quelques années ; elle a été tolérée exceptionnellement avec une portée de 10 onces , d*un seul volume ; il est probable qu'au- ' jourd'hui , si elle était à faire, on la prescrirait en deux ouvertures.
Très-anciennement on avait reconnu la différeDce existant entre le débit relatif des grandes et des petites bouches ; car je fais remarquer plas loin , en parlant du module de Crémone, que, dès son invention, vers le milieu du xvi* siècle, on avait jugé prudent de fixer la limite des bouches de ce système à une dimension de 0*,40 de hauteur, sur 0",97 de largeur ; ce qui équivalait à peu près à un débit de 1 2 à 1 3 onces du Milanais. Dans ce dernier pays, la plupart des concessions faites depuis la fin du xv* siècle jusqu'à nos jours, comportent une limitation qui va ordinairement de 9 à 1 2 onces. On en voit un exemple sur la prise d'eau de 27 onces représentée pi. XYIII, fig. 11. C'est la plus considérable des quatre-vingt-cinq bouches du canal de la Martesana, dont le Naviglio-Interno forme le prolongement dans la ville de Milan. Elle est divisée en trois bouches égales, d'une portée de chacune 9 onces. Il en était à peu près de même dans le Piémont. Mais , depuis une époque assez ancienne, on y a limité les boucBes d'un seul volume à 6 ou 7 onces du pays, ce qui est bien au-dessous du débit de 6 onces milanaises. On voit dans la planche XIX, fig. 2, un régulateur, pour une prise d'eau, d'une roue, ou de 12 onces
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de Piémont) sur le canal de Salaggia. Celte prise d'eau est disposée en deux bouches égales, de 6 onces chacune.
En somme , on voit donc que , dans les États du nord de Tltalie les mieux administrés , sous le rapport de la distribution et de l'usage des eaux j c'est seulement en restreignant ^à 6 onces, ou à environ 250 litres par seconde , la portée des bouches d'un seul volume, que Ton a cherché jusqu'à présent à se prémunir contre les conséquences fâcheuses résultant de rinégalité du débit des grandes et des pe* tites bouches. Et cependant , dans les limites de 1 à 6 onces, Tinégalité est encore très-notable, puisqu'elle atteint le débit primitif d'une once et demie, et, qu'à l'aide de cet exemple même, je viens de démontrer que, seulement sur ce volume minime, le préjudice, pour le propriétaire du canal, peut être de 18,000 francs, sur l'aliénation définitive de ce volume d'eau , ou de 825 francs sur sa location annuelle.
Si cette imperfection était sans remède, il n'y aurait qu'un seul moyen d'arriver à la régularité désirée; ce serait de dresser, d'après des expériences directes, des tables , donnant le débit exact des bouches de différentes dimensions, dans la limite des concessions autorisées. Mais il n'est pas nécessaire de recourir à ce moyen, d'après lequel on n'aurait plus de module d'eau, ou d'unité proprement dite. Car je crois qu'un très-léger perfectionnement dans la disposition des bouches, actuellement en usage, sufiirait pour garantir le module proprement dit de toute variation.
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11 consiste à établir dans la largeur des boaches, excédant une once, des divisions verticales, correspondantes à la dimension de celle-ci ; c'est-à-dire de petits barreaux distants entre eox de O"*»05« — De celte manière on conçoit de suite que le débit correspondant à une once ne sera pas plus fort dans les grandes bouches que dans les petites. La seule précaution à observer sera de régler Tépaissenr ou la forme des barreaux , de telle sorte que la contraction de Teau y soit la môme que contre les parois latérales.
Avec cet emploi des bouches cloisonnées^ font rentre par le fait dans l'adoption d'une bouche nnigae; et les distributions d'eau, pourvues d^aillears des dispositions ci-dessus décrites» deviennent alors parfaitement exactes.