MODULES DE LA LOMBARDIE
sur le bord supérieur ; mais il faut bien remarquer que celte pression n'était garantie par aucune disposition ou manœuvre, particulière à l'appareil connu à cette époque. Le décret précité porte seulement que la bouche sera placée dans la berge même du canal , parallèlement au courant et suffisamment éle* vée au-dessus du fond, pour que la hauteur d'eau sur le seuil ou sur le bord inférieur de cette bouche ne soit jamais que de 11 onces.
En 1 559, le Podestà de Crémone, délégué par le Sénat de Milan, ordonna au contraire, sur la proposition d*un ingénieur crémonais nommé Donieni, que les bouches régulatrices seraient établies de niv^u avec le fond du canal ; c'est alors que fut prescrit l'emploi du pertuis, comme régulateur; ainsi que celui des deux éperons triangulaires désignés sous les noms de briglia et de scagno.
En 1 561 , ce système fut adapté, par ledit ingénieur, non-seulement aux principales bouches de distribution du canal de Crémone, mais à celle du canal du marquis Pallavicini, existant dans la même localité. C'est à cette époque que l'ouverture régulatrice fut mesurée, non plus d'après celle du pertuis ou aqueduc, mais d'apvès celle de la briglia, qui n*est autre chose qu*un pertuis découvert. Cependant, quelques années après cet essai, l'on revient à la première méthode, qui parait toujours avoir été conservée depuis, dans la localité ; ainsi du moins qu'on peut le conclure des anciens règlements du canal Pallavicini, rédigés en 1584 et approuvés par le Sénat de Milan en 1 588>
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Cet appareil, ianl de foU modifié et demeure sî imparfait, a*t*il doDoéTidée élémentaire do module de Milan, o'eal-à-dire celle d*uqe bouche régalatrîoe précédée d'an aas couvert et d*une vanne hydromé* trique ? Il est permis de le supposer, puisque l'édifice mllanaii est postérieur, d'au moins dix ans, à celin de Crémone; néanmoins si Ton remarque qu'il o^ a bu^ oune similitude entre eux , et surtout que Tuti présente autant de garanties d'exactitude que Tantre en présente peu, il est aussi permis de croire que ces deux inventions ont été isolées, et que celles de Soldati conserve tout son mérite.
Dans la province de Crema, le module est sensiblement le même que celui de Crémone , qui vient d*étre décrit; avec cette différence que le bras de Crema n'étant que de 0", 46978, tandis que celui de Crémone a pour expression 0^,48353, Tonce de Crema ne vaut qu'un peu plus de 0",039, de sorte que la bouche régulatrice des eaux d'irrigation, dans cette dernière province, a 0*,39 de hauteur, sur 0^,039 de largeur. De plus, la pression y est de SI onces ou de 0"',078, au lieu d'être seulement d'une once de 0"',0i, comme on vient ^e le voir dans l'édip fice de Crémonct Du reste, la régularité de son débit n'est pas mieux garantie.
rr»i«iieD 4m ilwsMn#. --^ Dans oette provînoe, Yonce (feau est la quantité de liquide coulant libre* ment, par un orifice circulaire d'une once, ou de 0',Oii de diamètre. On s'explique la préférence
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domiée à cette forme par la facilité de la décrire ; malt la metore qni en réaalte manque tont à fait de jastetaei en oe qne rien ne limite la pression sons laquelle doit s-efibctner réconlement; et que dès lora ^ suivant que ce petit orifiee est placé près de la Bttr&oe on près du fond du canal, son débit est trèi^ diffiàrent» On avait cependant dressé des tables des» tinées à foire connattre les débits correspondant à diverses positions de cet orifice ^ mais on n*en a pas fait nsage, et ce mode de distribution est resté au nombre des moins exacts. 8i la pression était fixée, un orifice circulaire n'aurait rien de moins avantageux qu^uD édifice à contours rectilignes ; car pour obtenir des bouches ayant deux , trois et quati^ fbis la surface de celle qui serait prise pour unité, il su^ firait de multiplier le rayon primitif par la racine carrée de ces mêmes nombres. Le véritable défaut de oette mesure est donc Tabsence de toute détermination^ pour la pression à admettre au-^dessus des bouches.
Pr^mimmm mt vipeMte. -^ L'eau 8*y mesure au qméreîto; et Ton entend, parla, le volume débité par une section carrée» ayant pour <;ôté le bras, me* sUre du pays, qui est de 0"',i7l. Il paraît que, dans Torigine» il était entendu que cette mesure régula* trice conserverait une hauteur constante, et que son centre serait toujours placé au milieu de la hauteur d*eaa du canal alimentaire. Mais, dans la pratique, on n'a pas tardé à s*écarter de ce précepte. En effet.
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diaprés le système duodécimal, qai sert encore de base à toutes les anciennes mesures, usitées en Italie, il arrive toujours qu'une même section, exprimée en brasy pieds et onces, peut s'obtenir par diffi^entes formes rectangulaires, ainsi que je Tai déjà remarqué, en parlant de la roue d'eau de Piémont et de celle de Novare. Il résulta de là, que le qnadretto de Brescia, composé superficiellement de 4 44 onces, subit, presque aussitôt après son adoption , suivant le caprice ou Tintérét des usagers, des altératîoDs de forme, qui ne permirent plus de suivre une régie fixe dans la situation des bouches. Ainsi, en ddiors de la forme primitive et normale de 1 2 onces sur 12^ on en établit de 6 onces sur 24, de 4 sur 36, et même de 3 sur 48.
Les bouches d'une portée de plusieurs quadreiti, furent encore, plus que les autres, exposées à ces modifications, et le but que l'on avait voulu atteindre fut manqué. Cependant, on cherchait par tous les moyens possibles , à obtenir quelque régularité dans le débit des eaux ; et longtemps même après l'application qui fut faite de la vanne hydrométrique, dans les provinces de Crémone et de Milan, on avait recours , sur le territoire de Brescia , à des moyens tout à fait illusoires , tels que le suivant. A partir de la bouche proprement dite , établie directement sur le bord du canal alimentaire , on dressait , sur une longueur de 600 bras, ou de 282 mètres, le fond du canal de dérivation suivant une pente régalière de 4 ooces; ce qui correspond à j^, on 0",o5 par