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V. DIMINUTION LOCALE DE LA PENTE DU RHONE

venues à ce point qu'on a construit un nouveau barrage dans cette rivière, près de son embouchure, à la Mulatière.

Qu'était-il arrivé ? La pente du Rhône, de 0", 45 en moyenne par kilomètre dans la longueur endiguée, était descendue à 0",25, en sorte que la réduction de Taltitude du fleuve au droit de la Saône avait atteint : 6 X 0»,20 = 1",20*.

Le barrage de la Mulatière. Abata^e ou relèvement des hausses.

Pourquoi cet effet de Tendiguement est-il devenu si marqué en un temps relativement court ? Parce qu il y a dans la traverse de Lyon, tant sur le Rhône que sur la Saône, des ponts à radiers înaffouillables et des murs de quais préservant les bords. Dès lors, le nouveau régime qui tendait à s'établir n'a pas été retardé par des arrivages supplémentaires de matières solides, comme cela aurait eu lieu sans ces circonstances.

Il eût été prtférable de construire le barrage dans le fleuve *,

i . Les l"*,i2 d'abaissement d'étiage qu'on mentionne quelquefois se rapportent à l'ancien confluent. Celui-ci a été porté plus en aval qu'autrefois par des travaux exécutés le lonç du Rhône,

2. Cette idée d'établir des barrages dans le Rhône, pour y améliorer la navigation, n'est pas nouvelle. Elle a été étudiée par un ingénieur en chef du service, M. Tavemier ; plus lard, M. Pasqueau a dressé l'avanl-projet complet d'un barrage à construire à quelques kilomètres au-dessous de Lyon. Nous donnons, au chapitre XII, un profil en travers qui permet de se rendre compte du système proposé.

immédiatcmeal après le confluent, au lieu de le placer à la Malatière dans la Saône; de cette façon Ton aurait, du même coup, amélioré le Rhône dans Lyon et aux abords de cette ville. Comme il faut bien aviser en ce qui concerne le fleuve, et qu'on hésite à y tenter le grand essai d'un barrage mobile, on a récemment imaginé d'appliquer dans ces parages le système des épis-noyés^ comme on le fait ailleurs, afin d accroître la pente.

Dans cet exemple, les radiers de Lyon ont joué plus ou moins complètement le rôle de nos barrages de soutènement. Us ont empêché le lit supérieur de fournir des quantités supplémentaires de matériaux.

« Si Ton accroît les vitesses du courant, dit M. Dausse (académie des sciences, 13 février 1858), comme il arrive lorsqu'on le resserre au moyen de digues, il réduit nécessairement sa pente »; il aurait fallu ajouter: si les digues sont bien tracées et convenablement espacées. A défaut de fonds solides arrêtant de distance en distance l'affouillement, le déblai se propage au loin*. « Nous serons obligés de diviser en biefs pour limiter l'abaissement de Tétiage. De la sorte nous restreindrons les déblais nécessaires de fonds inaflfouillables, et nous abrégerons l'évolution. » (Note sur les rivières à fond de sable; Annales^ 1" semestre de 1871, page 394,)

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