Legrom et Chaperon, Annales de 1838, page
2. Dans la traversée de Nantes, le lit de la Loire a éié exhaussé par l'établissement de pêcheries dans lesquelles entraient des pieux et des pierres ; des enrochements volumineux autour des piles des ponts ont contribué au même résultat. Ces ponts ont été renversés plusieurs fois, et reconstruits sur les mêmes emplacements.
Bavière rhénane, ils présentent les observations suivantes :
Les bancs de gravier que Ton voit se former journellement dans le lit du fleuve, sur toute cette étendue, ne peuvent provenir de matériaux charriés depuis la Suisse; le Rhin et son principal affluent, l'Aar, traversent de grands lacs très profonds qui ne peuvent être franchis que par les matières les plus ténues, telles que Targile et le sable fin. x\u-dessus de Bâle les eaux coulent dans un lit de rocher de forme invariable, oîi Ton ne remarque aucune grève; ce n'est qu'audessous de cette ville, lorsque les berges cessent d'être formées d'un poudingue résistant, que les îles et les bancs de gravier commencent à se montrer. Les cailloux ne peuvent pas non plus être amenés par les rivières qui descendent des Vosges et de la Forêt-Noire, puisqu'on voit des bancs de gravier tout aussi bien au-dessus qu'au-dessous de ces affluents. C'est exclusivement dans la corrosion des berges qu'il faut chercher t origine des bancs de gravier qui encombrent le lit du Rhin^ le long de l'Alsace : les cailloux dont ils se composent sont en effet de même nature que ceux de la vallée, et l'apparition d'une grève correspond toujours à la destruction d'une rive supérieure voisine.
Les travaux exécutés depuis la rédaction du mémoire de MM. Legrom et Chaperon ont singulièrement amélioré la situation.
899« Rég^lme naturel d'une rivière torrentielle. — Quand on abandonne le Rhin à lui-même, il se divise en bras parsemés d'îles et de bancs de gravier, qui occupent souvent une largeur de plusieurs kilomètres. L'introduction du thalweg dans les bras secondaires amène des perturbations de tout genre, qui ont produit à diverses époques les résultats les plus désastreux. La rive gauche, généralement submersible sur une grande étendue, a été depuis les temps historiques détruite et reformée plusieurs fois.
Quand la masse des eaux augmente, le thalweg tend à se rapprocher de la ligne droite. Il n'est pas rare de voir se creuser, dans la grève située en face d'une mouille, un chenal qui donne naissance à un bras secondaire. Une partie des eaux du fleuve, et quelquefois même le courant principal, s'établit dans cette coupure naturelle; le banc de gravier
se trouve remplacé par une île, que les alluvions successives ne tardent p^s à élever à la hauteur des rives voisines*. 398. Première eonclition de In réforme de ee ré^^ime.
— 11 résulte de ce qu'on vient de dire qu'il faut endiguer les rivières torrentielles. L'opération doit s'appliquer aux deux rives : la rive concave a besoin d'être défendue même contre les courants ordinaires ; la rive convexe doit être fixée pour régler l'écoulement des débits moyens, et tirer de ceux-ci tout le parti possible pour le rétablissement de l'ordre troublé par les crues débordées.
U y a des rivières où la défense et la régularisation des rives serait une opération fructueuse au point de vue de la production agricole, en même temps qu'à celui du régime général du fleuve. Les terrains à conquérir devant payer et au delà les dépenses, on n'est arrêté que par les discussions à craindre avec les riverains, bien que l'administration soit suffisamment armée, comme on l'a vu dans le paragraphe précédent.
Depuis longtemps on a exécuté sur le Rhin de grands travaux de régularisation. Aujourd'hui ce fleuve, qui coule dans un lit mineur de deux cents mètres à Bâle, s'élargit graduellement et a deux cent cinquante mètres à Lauterbourg. Au lieu de s'élever, comme certaines personnes l'avaient craint, Tétiage s'est abaissé en moyenne de 0",52, ce quia facilité r assèchement des terrains marécageux. La vallée s*est.assaînie et une notable amélioration s'est produite dans la situation des populations*.
39B. La profondeur et la vitesse. -— L'une des idées les plus malheureuses qu'on puisse avoir, c'est de dépenser de nombreux, millions dans une rivière pour approfondir les mauvais passages, sans s'assurer auparavant que ce sera suffisant pour réduire à peu de chose les frais de transport.
Ainsi, par exemple, on signalait, avant d'entreprendre dans le Rhône les grands travaux qui touchent aujourd'hui à leur terme, des parties où ce fleuve présentait les conditions mêmes qu'on prétendait réaliser partout de Lyon à Arles.
J. Legrom et Chaperon, pages 350 et 351.