III. INONDATIONS
la réparlîtion de la pente totale. Cela se traduirait par une forte déclivité et des mouvements tumultueux vers Tentréo de la ville, et par de moindres hauteurs dans l'enceinte de Paris. Ici encore, on est amené à désirer les expériences demandées à l'article précédent; il serait facile d'eu régler une série en vue du problème de Paris. Peul-êtfe découvrirait-on que les bifurcations aux îles se présentent mal et qu'il faut diriger des efforts de ce côté.
Les égouts collecteurs sont en^iesure d'écouler les eaux pluviales et autres, pendant les plus grandes crues contenues entre les quais; c'est déjà un important résultat. Mais ces quais pourraient être dépassés de beaucoup et, dans ce cas, le désastre matériel serait immense. Il y a donclieu de reprendre la question, tout en reconnaissant qu'il ne serait pas impossible de se préserver par des défenses improvisées, dans le cas où une crue ne surmonterait que modérément le niveau des parapets*.
34Lg. Conclusions g^énérales sur les inondations — Indépendamment de ce qui intéresse en même temps la navigation, les conclusions générales peuvent se résumer de la manière suivante :
1* Pour les campagnes : A. Rétablir autant que possible les emmagasinements naturels en ouvrant les hautes digues longitudinales, qui ne serviraient plus qu'à diriger les courants. En attendant, refuser toute subvention pour les réparations*;
B. Modifier au besoin les digues basses elles-mêmes. Ellesaugmentent d'autant plus le débit maximum des crues ordinaires, comme le font les autres dans des cas plus graves, qu'elles rapprochent les moments des maxima lorsque la crue
1. Voir la note lue par M» Belgrand à FAcadémie des sciences le 8 mai 1876, sur le moyen de prévenir Ja submersion des caves pendant les crues: « On préservera Paris oes inondations souterraines ^ les quais étant supposés à hauteur suffisante — uu moyen d'un drainage établi plus bas que les caves submergées et sans communication avec la rivière et les égouts, et en maintenant la nappe à son niveau ordinaire avec des pompes à force centrifuge et des turbines mises en mouvement par les eaux de la ville »
2. Est-il besoin défaire remarquer que Tadministration sort entièrem<>nt de son rôle quand elle subventionne des travaux jui, utiles peut-être pour certains particuliers, sont certainement dommageables pour d'autres ?
410 CONCLUSlOiNS
de TafOuent suit celle du cours d'eau principal*, ce qui est le cas le plus fréquent ;
G. Rechercher, dans chaque cas, s'il n'y a pas lieu d'imiter ce qu'on fait dans les vallées où des digues submersibles sont munies de vannes et rattachées de distance en distance aux .coteaux';
D. Quand la question n'est pas encore engagée : fermer les dépressions des rives et barrer de dislance en distance les vallonnements correspondants, — ou construire dans la plaine des digues discontinues régulièrement tracées, ou des levées transversales dans les endroits où se développent des courants offensifs pendant les débordements^.
E. Subordonner toutes les mesures au grosbon sens économique ; c'est-à-dire ne pas faire de dépenses énormes pour éviter des dommages annuels peu importants, ou des dommages considérables ne se produisant que rarement.
2" Pour les villes : A. Se rapprocher autant qu'on le peut des conditions de la rivière libre : laisser une grande largeur à la rivière et se raccorder convenablement avec le lit majeur en amont et en aval ; ne construire que des ponts à piles minces, avec des arches à naissances élevées, ou mieux des pontspoutres ;
B. Former une enceinte de digues très épaisses et très élevées, quand les circonstances locales le permettent;
C. Recevoir les eaux superficielles dans des égouts collecteurs allant déboucher au loin vers Taval, afin de pouvoir assécher la ville en temps de crue, tant qu'elle n'est pas envahie en grand par les eaux de la rivière ;
D. Si le lit est encombré par des barrages, pai* d'anciens enrochements, etc., rétablir un bon nivellement sous-marin
1. Si Tendiguement n'était pas nulsib'e pour les vallées secondaires " comme pour les autres, on pourrait souvent le recommander le long des
affluents, dans l'intérêt de la vallée principale.
2. Les vannes sont ouvertes lorsque la saison comporte plus de bénéfice par le limonage que de perte par la submersion des récoltes, ou lorsque les nouvelles d'amont ne laissent aucun doute sur l'inondation du val. Ce système n'est pas applicable dans les vallées à très grandes pentes.
3. Ces digues longitudinales discontinues, ou ces levées transversales, peuvent être nuisibles au point de vue du niveau des crues, à. cause de leur action sur les courants secondaires ; mais elles ont au moins l'avamage de ne pas réduire l'emmagasinement.
§ m. INONDATIONS 41 i
dans la traverse de la ville ; refaire les ponls défectueux;
E. Ne recourir à la dérivation d'une partie des eaux que si Ton peut la faire dans des conditions excellentes, l'effet des dérivations ayant souvent trompé l'attente des populations. Ne pas perdre de vue qu'il n'y a de grande utilité probable que si le débit maximum est très diminué au point de réunion, ce qui suppose, ou une crue très courte et une grande différence de la longueur des deux voies, ou un grand emmagasinement le long de la dérivation. S^il se trouve en aval un affluent, ne compter sur une amélioration à la suite de celui-ci que si la dérivation fonctionne longtemps avant le débit maximum;
F. Exiger que les habitants des quartiers bas mettent leurs maisons en état de résister àla submersion. L'administration, centrale ou locale, ne peut accepter la responsabilité morale d'effondrements tels que ceux de Saint -Cyprien (Toulouse) en 1875^ où l'on a vu des centaines de maisons s'écrouler à la suite de submersions non accompagnées de forts courants ;
G. Ne pas exécuter de travaux d'un effet douteux, parce qu'ils seraient nuisibles en donnant une fausse sécurité. Se borner, en attendant un projet réunissant tous les suffrages, à perfectionner le système des observations et des avertissements s'il laisse à désirer;
H. Examiner s'il ne serait pas possible d'abaisser le niveau des crues en aval de la ville. Les travaux étant faits, et l'expérience ayant montré l'exactitude des prévisions, mettre la traverse de la ville en état d'en profiter sérieusement en y abaissant le lit au moyen de dragages, etc.;
1. Ne pas perdre de vue l'impossibilité de rien faire de sérieux quand, à petite distance, il existe en aval un point où l'on ne peut <igir sur la hauteur des crues, à moins que la traverse ne présente de véritables cataractes au passage de barrages très saillants, de ponts obsolumenl insuffisants. Il faudrait alors détruire les barrages ou les transformer en barrages mobiles, et refaire les ponts.